Archives du mot-clé démocratie

Pologne, la tentation autocratique

Les lundis de l’actualité – Diego Taboada

Une nouvelle loi sur le rôle de la Pologne pendant la Seconde Guerre mondiale fait polémique. Elle est représentative d’une tendance dans certains pays au sein de l’UE qui défendent la « démocratie illibérale » comme modèle alternatif. Alors que le danger pour la démocratie est réel, l’Union européenne peine à se faire entendre. Lire la suite Pologne, la tentation autocratique

Trump à Davos, un cadeau pour la Suisse

Les lundis de l’actualité – Loris S. Musumeci 

Le président Donald Trump était annoncé en trouble-fête pour le forum économique de Davos. Sa venue pure et simple criait au scandale. Des journaux du monde entier imaginaient les pires scénarios pour son discours officiel, prononcé vendredi dernier. Des activistes suisses, eux, brandissaient fièrement leur « TRUMP NOT WELCOME » dans les grandes villes helvétiques, n’ayant pas été autorisés à manifester dans la commune grisonne.

Lire la suite Trump à Davos, un cadeau pour la Suisse

Du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes

Le Regard Libre N° 34 – Clément Guntern

Les événements de ces derniers mois en Espagne et plus particulièrement en Catalogne ont remis sur le devant de la scène un principe du droit international public forgé au siècle passé que les indépendantistes catalans souhaitent appliquer chez eux : celui des peuples à disposer d’eux-mêmes.

Autour de la question catalane gravitent des principes qu’il faut manier avec une grande prudence, tant ils se trouvent au cœur de la structure internationale actuelle si douloureusement mise en place après des siècles de guerres. Ces principes régissent deux entités particulières qui souvent se sont opposées et combattues mais qu’il fallut, de quelque manière que ce fut, faire coïncider du mieux possible. Il s’agit de l’Etat et du peuple.

Pour révéler l’extrême difficulté à créer des Etats sur des peuples, la seule pensée des époques antérieures et des maints exemples que l’Histoire a pu nous offrir en matière de guerres civiles, de décolonisation, de libération suffit. Les millions d’êtres humains sacrifiés pour permettre la plus grande adéquation possible entre Etats et peuples ont convaincu qu’il ne fallait plus étudier cette question si particulière dans la champ de la sociologie ou de l’histoire mais dans celui du droit. Lire la suite Du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes

Le monde va-t-il aussi mal qu’on le pense ?

Le Regard Libre N° 33 – Clément Guntern

Il existe chez l’homme actuel une propension à penser que le monde, la société dans laquelle il vit, va au plus mal. Ce qu’il voit autour de lui ne le laisse guère accepter le contraire ; les guerres, les famines et la violence sont omniprésentes.

Il n’est pas nécessaire d’aller au bistrot pour l’entendre. Ce discours, si répandu dans les médias ou en politique, dépeint un monde empli de dangers et de catastrophes. Des intellectuels se mêlent aussi au concert des alarmistes se lamentant sur le monde dans lequel nous vivons. Des personnalité dont nous attendrions d’avoir la capacité d’analyser les problèmes contemporains se laissent dicter leurs propos par les sentiments du moment, tel l’ancien chef d’état-major des armées des États-Unis qui parlait il y a trois ans d’un monde qui n’avait « jamais été aussi dangereux qu’aujourd’hui ».

Peut-on effectivement dire que notre Terre n’a jamais si mal tourné ? Nous allons tenter d’apporter quelques éléments de réponse à cette grande question, en observant à cette fin quelques facteurs-clés sur l’état du monde. Nous nous baserons sur plusieurs mesures telles que les guerres, la pauvreté, la démocratie ou la violence, pour dresser un bilan sommaire de notre époque.

Nous n’avons jamais eu si peu de violence

Lire la suite Le monde va-t-il aussi mal qu’on le pense ?

« Si le peuple pense mal, il faut changer le peuple »

Le Regard Libre N° 19 – Nicolas Jutzet

Rejet de l’EEE en 1992, refus de la constitution pour l’Europe en 2005, 9 février 2014 en Suisse et désormais le Brexit. Le point commun de ces votations ? La grande majorité de la classe politique se prend une claque, par une partie du peuple qui refuse de suivre l’avis d’une élite trop sûre d’elle. Et souvent, loin de faire preuve d’intelligence en se remettant ne serait-ce que légèrement en question, cette dernière s’enfonce par la suite encore plus dans l’embarras, en stigmatisant l’avis sorti des urnes, en remettant en cause la compréhension même de la votation. Cette élite qui s’autoproclame « éclairée » pratique la démocratie par beau temps. Sans comprendre le message envoyé pendant les averses, elle crée des orages.

Le récent Brexit est un exemple parfait. Les jours suivant le résultat, nombreux journalistes, écrivains, politiciens et autres sociologues en souffrance morale sont venus nous expliquer que, malheureusement, c’étaient l’ignorance, le populisme, le racisme et la vieillesse qui se sont imposés. En face ? L’intelligence, l’ouverture, le progressisme et la jeunesse. Rien que ça. On aura même droit aux articles regroupant les témoignages des pro-brexit qui regrettaient de l’avoir voté, agrémentés de graphes montrant une explosion de questions type « Que se passe-t-il si nous quittons l’UE ? Qu’est-ce que l’UE ? » sur Google. Le tout pour nous expliquer que finalement, même si le oui s’était imposé, cela ne représentait pas une réelle volonté du peuple. Lire la suite « Si le peuple pense mal, il faut changer le peuple »

Le vote rationnel

Le Regard Libre N° 18 – Jonas Follonier

Le 5 juin dernier, le peuple suisse s’est notamment prononcé contre l’instauration d’un revenu de base inconditionnel et pour la réforme de la loi sur l’asile. Osons le dire : ce vote est rationnel. Quoi ? Serait-il rationnel parce qu’il correspond à mes opinions ? J’aurais envie de dire que oui, mais on m’a reproché un ton un peu trop provocateur dans mes précédents éditoriaux. Expliquons donc la rationalité de ce vote autrement.

Ce vote est rationnel, tout d’abord, car il suit l’avis des spécialistes, que ce soit les économistes concernant le revenu de base universel ou les juristes concernant l’asile. Se fier plutôt aux professionnels et aux savants qu’à ses émotions ou à ses convictions abitraires, telle devrait être l’attitude de tout un chacun. Lire la suite Le vote rationnel

L’art de voter

Regard sur l’actualité – Loris S. Musumeci

Y a-t-il une tactique pour voter ? Une manière ? Un geste ? La question vous tracasse, chers Helvètes, en ce dimanche excitant. Conviendrait-il mieux de voter en faveur ou contre ses convictions ? Demandez-vous sérieusement s’il en vaut même la peine d’introduire sa voix dans l’urne ?

Ces questions semblent finement stupides ; elles le sont effectivement en partie. Néanmoins, elles demeurent plus fines que stupides. Si cela peut vous aider à inscrire le bon coup de crayon sur le bulletin, veuillez bien me suivre dans une très brève réflexion abordant chacune de ces innocemment subtiles interrogations.

Y a-t-il une tactique pour voter ?

Il est des tactiques en tout. Ou presque. En séduction, par exemple, il reste souvent préférable de parler peu, fixer intensément les yeux de la donzelle, souffler çà et là dans la discussion le mot juste, concis et direct. Après quoi, ce n’est pas un désavantage que de tirer doucement sur sa cigarette à peine retenue par deux lèvres fortes mais délicates. Elles, qui promettent un baiser prochain. Il en va de même pour la tactique de vote. Si la dispute – du latin dis-putatio signifiant « penser à deux » – est bonne et enrichissante, le silence profond face à son bulletin l’est aussi. Juste le mot adéquat suffit : « à présent, je vote et m’engage pour ma patrie », et que le regard se fixe sur les objets de votation pour lesquels on s’est passionné. Lire la suite L’art de voter