La gauche identitaire a encore frappé
L'édito de Jonas Follonier
Chaque mois, retrouvez la chronique d’une des personnalités qui nous font le plaisir de prendre la plume en alternance. Dans son billet, l’écrivain Quentin Mouron explore un thème d’actualité avec son tranchant habituel.
C’est sans doute l’une des causes les plus importantes à défendre actuellement: celle du pluralisme. Depuis quelques années, les ravages du politiquement correct (il y a des choses qu’on a le droit de dire et des choses qu’on n’a pas le droit de dire), du prêt-à-penser (évitez-vous de réfléchir en reprenant sans esprit critique des idées préparées pour vous) et de la mode intellectuelle (ce qu’il faut dire pour « faire bien ») sont en train de scier la branche sur laquelle est assise la possibilité même de la discussion démocratique, de la controverse civilisée.
ARTICLE LONG FORMAT, Jean David-Ponci | La culture woke est apparue dans les années 2000 aux Etats-Unis pour décrire un militantisme en faveur des Noirs et, par extension, envers toutes les personnes jugées défavorisées en raison de leur appartenance ethnique, leur sexe, leur orientation sexuelle, leur physique ou leur handicap. De nombreux intellectuels de gauche comme de droite, le plus célèbre étant Barack Obama, ont condamné cette idéologie présente dans les universités. Aux Etats-Unis, la culture woke concerne en premier lieu la défense des Noirs, en particulier avec le mouvement Black Lives Matter, tandis qu’en Europe elle est surtout soutenue par les lobbys LGBT. Même si cette forme avancée de politiquement correct peut nous sembler ridicule, cette analyse nous fera découvrir que nous avons déjà admis les présupposés qui y mènent. Nous sommes tous déjà un peu woke sans en être conscients.
ARTICLE LONG FORMAT, Eugène Praz | Début janvier 2021, des étudiants de la Sorbonne ont protesté contre la tenue, annoncée il y a quelques jours, des examens partiels «en présentiel» dans la plupart des facultés. La révolte sourd et gronde même, si l’on en croit la presse française, d’autant que la rentrée 2020 s’était déjà déroulée dans un climat de haute tension, en lien avec la situation sanitaire et la difficulté de trouver des places dans les amphithéâtres. Si ces raisons matérielles conduisent légitimement certains étudiants à faire part de leur mécontentement, de tout autres motifs, systémiques quant à eux, auraient dû les pousser à s’insurger bien plus tôt, pour tenter de sauver une institution en fin de règne, pour ne pas dire en fin de course. Mon expérience dans sept universités différentes en témoigne.
Chaque mois, retrouvez la chronique de l’une des personnalités qui nous font le plaisir de prendre la plume pour «Le Regard Libre» en s’alternant. La journaliste indépendante Sophie Woeldgen livre son regard de reporter au Proche-Orient sur un sujet qui la démange.
Chaque mois, retrouvez la chronique de l’une des personnalités qui nous font le plaisir de prendre la plume en s’alternant. L’écrivain Roland Jaccard relate son film préféré, aussi peu crédible qu’il n’est politiquement correct: le film de sa vie.
ARTICLE LONG FORMAT, Eugène Praz | La littérature contemporaine a ceci de tonique qu’elle fait se rencontrer dans ses romans des lieux, des époques, des générations, des peuples et des classes sociales, quand ce terme est encore valide, dans une plaisante variété de formes et d’intrigues. Celles-ci, parfois très fantaisistes, sont souvent délicieusement comiques; on pense par exemple aux romans, destinés avant tout à un public féminin, de la méritoirement populaire Isabel Wolff. On pourrait voir cette variété comme propre à conforter chacun dans sa place ou dans son «cheminement». Chacun? Peut-être pas. Il semblerait au contraire que si le champ des interactions humaines inattendues s’est très certainement étendu en littérature, son rayonnement interne, par l’épaisseur de ses personnages et la qualité de ses descriptions, a diminué. En conséquence, son charme sur le public a quelque peu perdu en force. Bref état des lieux de quelques lacunes graves, sans attaque personnelle – on n’en est plus là.