Archives par mot-clé : football

Quelle place pour le jeu dans le football moderne ?

Le Regard Libre N° 40 – Diego Taboada

Cette année encore, la coupe du monde de football a tenu probablement en haleine les spectateurs de tous pays et tous horizons. L’occasion idéale de revenir sur les transformations du football moderne et ses conséquences pour ce qui constitue encore l’essence du sport-roi : le jeu.

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La Fifa a-t-elle changé ?

Le Regard Libre N° 40 – Clément Guntern

D’années en années, les événements sportifs mondiaux comme la coupe du monde de football ou les jeux olympiques sont devenus pharaoniques. La Fifa, montrée du doigt pour sa corruption, a-t-elle réussi sa mue vers une gouvernance plus démocratique ?

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« Diamantino » : une naïve innocence bienvenue

Neuchâtel International Fantastic Film Festival (NIFFF) – Hélène Lavoyer

Le Portugal, vainqueur de la Coupe du Monde ? La question s’est posée au NIFFF, lors du match de la finale en Russie dans le film Diamantino, qui raconte l’histoire fantastico-fantasmique du footballeur du même nom. Nous avons découvert avec émerveillement ce long-métrage de Gabriel Abrantes et Daniel Schmidt.

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Un Serbie-Suisse haletant

Les lundis de l’actualité – Alexandre Wälti

La coupe du monde de football bat son plein en Russie tandis qu’une polémique enfle autour de la performance de la Nati contre la Serbie. Ou plutôt, elle gonfle autour du signe de l’aigle à deux têtes du drapeau albanais que Xhaka, Shaqiri et Lichtsteiner ont mimé lors des célébrations des deux buts. Le football, finalement, ce n’est pas bien important, n’est-ce pas ?

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Coupe du monde de football : quand la politique se nourrit du sport

Le Regard Libre N° 38 – Diego Taboada

A moins de quatre-vingts jours du coup d’envoi de la coupe du monde de football en Russie, les tensions diplomatiques avec le Royaume-Uni menacent de perturber l’événement. Un exemple parmi d’autres des relations étroites qu’entretiennent le sport et la politique.

Les conséquences de la dégradation exponentielle des relations entre la Russie et le monde occidental, symbolisée par la récente affaire d’empoisonnement d’un ex-espion russe sur le sol britannique, sont aussi visibles dans le monde du sport. L’Angleterre menace de ne pas envoyer son équipe nationale à la Coupe du Monde et l’Islande a déjà annoncé le boycott de la compétition en soutien au Royaume-Uni. Le risque que les considérations géopolitiques prennent des proportions importantes est réel. L’absence des cadors de la compétition comme la France, l’Espagne ou l’Allemagne par solidarité avec l’Angleterre aurait des répercussions sur la qualité de la compétition. Des conflits politiques entre états s’immiscent dans une sphère censée être indépendante, et menacent de gâcher l’événement le plus regardé et le plus populaire du monde.

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« Loin de Douala », et l’Afrique vous manque

Les lettres romandes du mardi – Loris S. Musumeci

Roger veut boza. C’est-à-dire qu’il veut partir pour l’Europe. Le jeune Camerounais n’en peut plus de Douala. Il rêve de football, il rêve de liberté. Le garçon est en effet beau gosse aux yeux des filles, et excellent joueur avec le ballon. Mais l’école ne l’intéresse pas : là, il est simplement mauvais. Honte pour la famille. Heureusement, le petit frère, Jean, sauve la mise niveau études : il est brillant. En revanche, avec les filles et les ballons, point de succès.

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Matthias Sindelar, le Mozart du football

Le Regard Libre N° 34 – Nicolas Jutzet

Les grands héros se trouvent parfois sur un simple rectangle vert. Sindelar, précis face au but et courageux ailleurs, en fait assurément partie. Son histoire est celle d’un homme qui aura su lutter contre l’évidence, en assumant l’importance de son statut.

Le football, sport le plus pratiqué au monde. Sport du peuple par excellence. Praticable partout, tout le temps. Le football regorge d’histoires et d’anecdotes laissant supposer que, contrairement à la plupart des huées condescendantes que lui réserve une partie de la population, qui croit s’élever en critiquant sans comprendre, il est question de bien plus que des vingt-deux pantins qui courent après un ballon. Nous nous trouvons face à un véritable fait social.

Certains, comme Georges Haldas, passeur d’émotions à la plume soyeuse, écrivent sa légende. Albert Camus dira de son côté : « Ce que je sais de la morale, c’est au football que je le dois ». Vouloir opposer l’élite et le ballon rond n’est donc point pertinent. Prenons pour preuve les tribunes officielles lors des grands événements, garnies par les huiles politiques, économiques et culturelles. Mais avant d’en arriver au sport business quelque peu aseptisé que nous connaissons, le football a eu le temps de se créer sa légende. Focus sur un acteur de ce grand conte. Continuer la lecture de Matthias Sindelar, le Mozart du football

Shaqiri, chat qui pleure

Le Regard Libre N° 18 – Sébastien Oreiller

Cet article sera à l’image d’un match de foot : une causerie sans vrai début ni fin, à match nul, écrite à l’intention des bons supporteurs, ceux qui sont agressifs, détruisent des cités entières à coups de violence et de bière ; les supporteurs, donc, que l’on préfère voir chez son voisin plutôt que chez soi. Voltaire constate que le Sénat romain déversait le peuple sur les pays étrangers plutôt que sur lui-même. Il en va de même pour le football, qui canalise toutes les frustrations, la haine quotidienne, que le match permet au supporteur d’exprimer en se substituant au guerrier du gazon vert, avec force invectives et cris de jouissance. Et pendant ce temps, le chat pleure. Il pleure parce qu’il est tout seul. A l’image de ces affiches que l’on trouve placardées partout en Suisse, prétendant « échanger mari contre bon soins ». Je ne sais pas exactement de quoi il en retourne ; je soupçonne qu’il s’agisse d’une publicité pour un site de rencontres adultérines. L’avenir nous le dira peut-être.

Enfin, le chat est seul, la femme aussi, les enfants également. Est-ce donc là l’effet solidaire du football ? Je le pense. Si les peuples ont les dieux qu’ils méritent, ils ont également les sports qu’ils méritent et, à plus juste titre, les équipes qu’ils méritent. Apparemment, ce monsieur Shaqiri (ou peut-être s’agit-il d’un autre, je ne sais pas), serait prêt à quitter notre équipe nationale. Qu’il fasse donc, nous ne sommes pas en train de revivre Marignan. Ou peut-être que si, en fait. Il est étonnant de voir à quel point le football cristallise les antagonismes séculaires, à coups d’hymnes nationaux, de présidents sur place, et d’agressivités à l’égard des autres supporteurs. Le sport adoucirait donc les mœurs. En tous cas, il contient les tensions dans un cadre codifié, et donne un exutoire à la vindicte populaire, tout en nourrissant les cheiks du Qatar. Ce qui est d’autant plus étonnant quand la plupart des joueurs ne sont pas forcément représentatifs du pays qu’ils défendent. L’important n’est donc pas là : on ne sait pas pourquoi on déteste l’autre, on le déteste c’est tout, on le déteste un bon coup, on klaxonne, on s’endort content et on fait de beaux rêves. Continuer la lecture de Shaqiri, chat qui pleure

Hymne suisse, comme un malentendu

Le Regard Libre N° 18 – Nicolas Jutzet

La polémique est chronique, elle refait surface à chacune des sorties de l’équipe de Suis-se de football. Et qui dit grand événement, type Euro 2016 en France, dit polémique amplifiée. Une partie des médias et des spectateurs gémissent quand ils découvrent qu’une majorité des joueurs de notre chère « nati » ne chantent pas le Cantique suisse. Traîtres à la nation, mercenaires déconnectés de la réalité, tels sont les reproches formulés par ces patriotes du dimanche. Les sélectionnés rétorquent que l’attachement à un pays ne se limite pas à un futile hymne national. Rien ne semble pouvoir unir les deux camps.

La question de l’hymne national est pourtant intéressante. Celui-ci en dit souvent beaucoup sur l’histoire de son pays et son évolution. Prenez La Marseillaise, le chant de la Révolution française, celui d’une population se battant pour sa liberté qui semble aujourd’hui totalement dépassé et même obscène quand il est chanté par les représentants d’un Etat providence obèse ou par son peuple qui a depuis longtemps oublié ce qu’était la liberté, et dont les seuls combats consistent à demander plus d’Etat. On est loin de l’esprit initial.

En Suisse, jusqu’à la fin du XIXème siècle, aucun hymne officiel n’existait. L’une des explications pourrait venir du fait que, contrairement à nos voisins, notre unification n’est pas le résultat d’une guerre sanglante (Sonderbund, moins de cent morts) et qu’elle n’a pas eu besoin d’un quelconque chant de combattant. Le premier hymne suisse, Ô Monts indépendants, composé par Johann Rudolf Wyss en 1811, sur la musique de God Save the Queen, est aujourd’hui tombé dans un anonymat total. Ses paroles, bien plus pertinentes à mes yeux que celles de la version actuelle, méritent pourtant d’êtres rappelées : Continuer la lecture de Hymne suisse, comme un malentendu

Une polyvalence au service de l’humain (Rencontre avec François-Xavier Amherdt)

Le Regard Libre N° 15 – Loris S. Musumeci

Pour cette édition, Le Regard Libre vous propose un long entretien avec une personnalité valaisanne, l’abbé François-Xavier Amherdt. Par où commencer pour le présenter ? Laissez-vous simplement guider par cette longue entrevue réalisée au début de ce mois.

Loris S. Musumeci : Vous êtes un de ces hommes que l’on peut vraiment désigner de polyvalent. Vos activités, en effet, sont aussi nombreuses que diverses, mais vous demeurez avant tout prêtre, cela depuis le 17 juin 1984, jour de votre ordination par le Pape Jean-Paul II à Sion. Dès votre plus tendre jeunesse, quelles raisons et circonstances vous ont-elles poussé à le devenir ?

François-Xavier Amherdt : J’ai toujours nourri une quête d’absolu et très vite j’ai eu la conviction intime que seul Dieu pouvait la combler. Depuis ma tendre enfance – ma vocation est née dès l’âge de cinq ans – je me suis senti appelé à tout donner pour celui qui seul était à même de remplir mon cœur et mon âme. Et devenir prêtre, c’était pour moi la possibilité de « donner Dieu » aux hommes et aux femmes de ce temps.

Jamais à aucun instant je n’ai été déçu de ce choix, car le Seigneur des Écritures bibliques, sous le regard duquel j’ai grandi et dans le message d’amour duquel j’ai baigné, n’a cessé de veiller sur moi et de me donner la force d’exercer mon ministère pour mes frères et sœurs. De plus, l’Église catholique-romaine qui m’a offert le cadeau du baptême et à qui je dois tout est la seule institution ecclésiale et religieuse au monde à offrir un réseau unifié et universel, « catholique » voulant d’ailleurs signifier « universel ». Toutes les autres Églises et traditions religieuses sont en réalité morcelées en une multitude de groupes ou d’identités autonomes, alors que le pape, l’évêque de Rome, est le serviteur de la communion de l’ensemble des Églises catholiques locales, qui ainsi ne forment qu’une seule Église.

Enfin, elle s’enracine dans une tradition bimillénaire ininterrompue qui, malgré les erreurs commises par le passé, m’inscrit dans une lignée susceptible de donner sens au présent et de garder confiance pour l’avenir. Elle bénéficie également des richesses de la tradition juive, puisque le Canon des Écritures catholiques partage avec nos frères et sœurs juifs ce que nous appelons le Premier ou Ancien Testament. Continuer la lecture de Une polyvalence au service de l’humain (Rencontre avec François-Xavier Amherdt)