Archives par mot-clé : friedrich nietzsche

Quentin Mouron: «L’art m’a toujours semblé un artifice»

ENTRETIEN LONG FORMAT, Jonas Follonier | Il est décrit comme le «Houellebecq suisse». Quentin Mouron pourrait tout aussi bien être considéré comme le «Beigbeder suisse». Comme le quinquagénaire français, il cultive une image de bad boy bien sapé, de dandy décadent. Comme le quinquagénaire français, ses œuvres sont plongées dans l’atmosphère des points limites, des bars classes, mais glauques, de la «vulgarité de la bourgeoisie» comme chante Thiéfaine, du sang et de la blanche. Comme le quinquagénaire français, il utilise l’astuce du double littéraire pour peindre avec distance, mais panache, ses paradoxes personnels, jusqu’à pointer ceux de la société entière. Sauf que Quentin Mouron, lui, a la trentaine, et c’est déjà une petite star dans l’univers littéraire francophone. En fin d’année dernière (nous aurions voulu écrire avant le monde de maintenant, qui aurait été le  monde d’après), l’auteur canado-suisse a publié un ouvrage-concept, composé d’un essai sur l’écrivain décadent Jean Lorrain (1855-1906) et d’une nouvelle édition de son roman L’Age de l’héroïne. Le fil rouge  de ces deux textes? La volonté pour leurs figures centrales de s’échapper du monde – volonté qui se solde par une impossibilité. Quoique… L’art ne fait-il pas office de porte de secours? A Quentin Mouron de nous le dire, sans oublier de démolir toute l’époque au passage – y compris le milieu littéraire.

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Les idées de réaction et de progrès chez Jean Starobinski

ARTICLE LONG FORMAT, Eugène Praz | Dans son essai Action et réaction. Vie et aventures d’un couple (1999), originalement composé, mais d’une ferme rigueur intellectuelle, le critique littéraire suisse Jean Starobinski revenait sur les concepts d’action et de réaction, et montrait comment ils avaient servi dans l’histoire des idées, tant scientifiques que médicales, psychologiques, littéraires, philosophiques et politiques. Il en consacrait le dernier chapitre à leur aspect politique. Il n’est pas inintéressant d’y revenir aujourd’hui, car en plus de servir d’illustration à l’Abrégé de métapolitique d’Alain Badiou, paru un an avant l’essai de Starobinski, il démontre la maniabilité aisée, surtout en politique, des termes d’action, ou de progrès, et de réaction, et que rien n’est plus trompeur que des mots d’une telle généralité. Par ailleurs, ils favorisent une tendance à scinder tout sujet politique en deux, toujours à quelques nuances près.

Julien Rochedy: «Je reproche au conservatisme traditionnel son manque de courage»

Le Regard Libre N° 70 – Antoine Bernhard

Dossier métapolitique

Julien Rochedy, trente-deux ans, est une ancienne étoile montante de la politique française. En tant que membre du Front national, le jeune Ardéchois a obtenu ses plus hautes responsabilités en devenant conseiller politique de Marine Le Pen pour la campagne présidentielle de 2012, puis en accédant à la direction du Front national de la jeunesse la même année. Cependant, l’évolution idéologique de Marine Le Pen et du parti le dégoûte peu à peu – comme il l’explique dans une vidéo long format postée sur sa chaîne YouTube. Ainsi, en 2014, Julien Rochedy abandonne tout engagement politique. Aujourd’hui, il s’investit entièrement dans la métapolitique où il s’agit, dit-il, de mener le combat sur le terrain des idées. A ce titre, il publie des livres, donne des conférences et poste des vidéos sur internet. C’est sur internet, justement, sans rien savoir d’abord de son engagement politique, que j’ai découvert Julien Rochedy avant de lui proposer un entretien.

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Francisco «Paco» Umbral: le connaissez-vous vraiment?

Article inédit – Ivan Garcia

Un documentaire riche en archives retrace la trajectoire de l’écrivain Francisco «Paco» Umbral. L’idée? Aller gratter sous le vernis de son image (construite) de dandy pour dévoiler l’homme. Avec ses splendeurs et ses misères. A voir, absolument.

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Frédéric Pajak: «L’humanité, c’est l’humanité, pas juste quelques privilégiés»

Le questionnaire de Trousp de Frédéric Pajak

Entre littérature et randonnées

Le Regard Libre N° 41 – Alexandre Wälti Que faire le weekend prochain? Vous connaissez sans doute la question. Parfois, un livre facilite la réponse. Vous saurez tout grâce à En route, sac au dos… dans les alpes suisses de Philippe Metzger. Avis au amateurs de randonnée, de philosophie et de littérature. Si la plage n’est … Continuer la lecture de Entre littérature et randonnées

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La défaite de l’esprit

Le Regard Libre N° 20 – Sébastien Oreiller

L’esprit, comme prolongement de l’être au-delà des limites imposées par l’existence, mais aussi comme exaltation de la puissance de l’homme sur le fini, en somme l’esprit avec tout ce qu’il comporte de grandeur et de férocité, cet esprit-là se heurte immanquablement et avec un plaisir toujours renouvelé aux froides surfaces du réel qu’il entend maîtriser. L’esprit est un guide orgueilleux ; plus que tout, l’idée que l’homme puisse être né de la poussière le dégoûte. En somme, il refuse d’être homme, et il se fait lui-même à l’image de Dieu. L’esprit planait sur les eaux, de même qu’il plane encore sur les corps. Il ne tend qu’à vivre sans eux, confiant à la fois de son unicité et de son individualité.

Il n’est donc pas étonnant que l’esprit se définisse lui-même par opposition à l’animal, au corps, à la bête en somme. Platon et ses Idées, Nietzsche et son matérialisme anxieux, Valéry entre esprit et guerre, toute philosophie, depuis des siècles, n’a été que tentative de réconciliation, ou de séparation, entre les deux entités de l’être, l’esprit et la bête. Je ne suis pas parvenu à retrouver cette phrase de Marguerite Yourcenar, disant en somme que le drame de tout Européen, c’est de se rendre compte qu’il a un corps. C’est presque vrai. L’Européen sait très bien qu’il a un corps ; le drame, c’est qu’il ne puisse en sortir. Continuer la lecture de La défaite de l’esprit