Archives par mot-clé : hypocrisie

Cette étrange dame qui aimait les toilettes propres

Les bouquins de mardi – La rétrospective – Amélie Wauthier

Le plus difficile, quand on souhaite écrire une critique rétrospective au sujet d’un livre dont on aimerait vivement conseiller la lecture, c’est de trouver dans sa bibliothèque un ouvrage digne du temps et des efforts qu’on va lui consacrer. Un problème majeur se met alors rapidement en travers de mon chemin: le coup du «attends, il est trop génial de bouquin, il faut absolument que tu le lises». Talonné de très près par le fameux «mais merde enfin, à qui j’ai prêté ce foutu pavé?». J’ai donc une quantité – que je refuse de mesurer – de bouquins «trop géniaux» qui servent sûrement de calle-porte à mes soi-disant amis, alors que je me tiens, les bras ballants, le regard vide, face à des Jean Giono et autre Chrétien de Troyes qui peuplent les étages de ma bibliothèque.

Lire la suite de la chronique

«Carnage», quand Polanski dénonçait la bien-pensance

Les mercredis du cinéma – Edition spéciale: Le cinéma de Polanski – Jonas Follonier

Avec Carnage (2011), Polanski sortait un huis clos virtuose, où le jeu théâtral et les proportions que prennent l’histoire venaient porter un coup à la bien-pensance et aux conventions entre voisins et copains, que nous connaissons tous. Un film à voir ou revoir pour passer 79 minutes de tension et de plaisir.

Lire la rétrospective

«American Beauty», quand l’amour n’a point d’âge

Les mercredis du cinéma – Edition spéciale: L’amour au cinéma – Loris S. Musumeci

«L’amour n’a point d’âge, il est toujours naissant.» Blaise Pascal

Sam Mendes a commencé fort. En plus du récent 1917 (2020) ou les James Bond Skyfall (2012) et Spectre (2015), il a réalisé quelques autres films, tous très bons, notamment Les Noces Rebelles (2008) avec le duo titanesque DiCaprio Winslet. Mais son premier long-métrage reste le meilleur à ce jour. L’année 1999 a vu naître un réalisateur de génie et un film génial en même temps. American Beauty a d’ailleurs reçu l’ovation qu’il méritait en remportant, entre autres nombreux prix, plusieurs Oscars, dont celui du meilleur film et celui du meilleur réalisateur.  

Lire la rétrospective

« Le Misanthrope », une amère comédie

Promenades théâtrales (6/6)

Le Regard Libre N° 19 – Loris S. Musumeci

« ALCESTE. Je veux que l’on soit homme, et qu’en toute rencontre
Le fond de notre cœur dans nos discours se montre
Que ce soit lui qui parle, et que nos sentiments
Ne se masquent jamais sous de vains compliments. »

C’eût été bien dommage de ne pas trouver de place à l’inimitable Molière dans au moins un des épisodes consacrés à l’art théâtral. Me voici alors avec Le Misanthrope, un chef-d’œuvre présenté à la cour du bon Roy Louis en 1666. Mais quelle pièce étrange ! On ne sait s’il faut rire ou s’inquiéter. Les éléments du ridicule y sont en effet soigneusement estompés, pour laisser place à de plus sérieuses questions, telles que la mesure de l’honnêteté, la valeur de l’amitié ou encore le comportement adéquat en société.

Il semble superflu de raconter la trame du grand classique de Molière encore et encore, toujours et sans cesse. Pour ceux qui de leurs souvenirs scolaires subissent aujourd’hui quelques oublis, Le Misanthrope raconte l’histoire d’un misanthrope authentique, en pensées et actes : Alceste. Ce dernier vit dans une société plus mondaine que les mondanités, où le compliment mignon et respectueux a toujours sa place, où la trahison est une coutume, la médisance un jeu et le sourire un masque. Continuer la lecture de « Le Misanthrope », une amère comédie