Archives par mot-clé : liberté

Les forces d’un mensuel

Le Regard Libre N° 50 – Jonas Follonier

Que de travail bénévole réalisé cinq ans et trois mois durant, mais que de plaisir également! En me rasant le matin, il m’est arrivé bien plus d’une fois de me demander si cette belle aventure n’était pas plus folle que belle. A quoi bon toutes ces heures quotidiennes consacrées à la vie de cette revue? A l’occasion de la publication de notre cinquantième édition, j’en suis plus que convaincu: non seulement notre investissement n’est pas vain, mais nous pouvons aussi voir ses fruits concrètement. Là, devant nos yeux. En nous efforçant de procurer de la matière intéressante à nos lecteurs, de plus en plus nombreux, voilà que nous arrivons fièrement à ce résultat, un magazine classe de soixante-huit pages, produit chaque mois par la passion de quelques jeunes.

Fiers, nous pouvons l’être. Fiers de susciter le débat et de proposer de grands dossiers culturels. Fiers de compter parmi nos abonnés et nos soutiens d’éminentes personnalités. Fiers de notre effort de réflexion pour dépasser le flux de l’information. Fiers d’avoir tenu bon face au manque d’ouverture et de considération de la part d’une certaine caste journalistique et artistique. Fiers d’avoir cru à une démarche à laquelle personne ne croyait. Fiers d’avoir donné la parole à des individus aux sensibilités diverses, des passionnés, des êtres déjantés parfois, critiques toujours; jamais fades.

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«Antonia», une Madame Bovary dans la Palerme des années soixante

Les bouquins du mardi – Loris S. Musumeci

Bref mais efficace. Et l’efficacité n’est pas que le fruit d’un gain ou d’un profit. Il n’est pas même question d’instruction ou de culture. Gabriella Zalapì offre une expérience. En nonante-neuf pages, elle nous glisse dans la peau d’Antonia, jeune bourgeoise rédigeant son journal intime du 21 février 1965 au 3 novembre 1966. Jeune bourgeoise, mais pas que. Si Antonia vient en effet de la bourgeoisie, ses aspirations dépassent le cadre de son rang social. Elle doit sortir du cadre. Parce qu’elle y étouffe. 

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Didier Burkhalter: «Je ressens l’envie de m’exprimer en toute liberté»

Dossier spécial Didier Burkhalter écrivain

Le Regard Libre N° 49 – Hélène Lavoyer et Alexandre Wälti

La démarche est suffisamment rare en Suisse pour être relevée: sitôt qu’il s’est retiré du Conseil fédéral, Didier Burkhalter a plongé dans l’écriture de romans. Après enfance de terre ont suivi Là où lac et montagne se parlent, Mère porteuse et Terre minée, tous publiés aux Editions de l’Aire. Nos critiques littéraires se sont penchés sur ces ouvrages pour en livrer une appréciation sans filtre. Mais avant cela, c’est Didier Burkhalter qui s’exprime dans nos colonnes, pour nous parler de sa passion littéraire.

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«En liberté!» et le micmac de nos têtes

Les mercredis du cinéma – Loris S. Musumeci

«Non, mais tu rends compte que t’as bouffé l’oreille de ce mec?»

Jean Santi était vaillant, loyal, valeureux et il a donné sa vie pour défendre sa ville. Hommage au flic défunt, qui a laissé la commissaire de police Yvonne veuve, et un petit garçon orphelin. Deux ans qu’il est mort; et deux ans qu’Yvonne raconte tous les soirs au petit à quel point son papa était un héros. Le deuil passe par le culte. Mais voilà qu’un jour, au commissariat, un bijoutier reconnaît la bague qu’Yvonne porte au doigt. Et là c’est le choc.

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« Papillon », le corps est narrateur

Les mercredis du cinéma – Loris S. Musumeci

« J’arrive pas à croire que t’aies pris perpet’. »

Paris, 1931. L’ambiance est swing, l’ambiance est folle, l’ambiance est chaude. Henri Charrière, surnommé Papillon, travaille comme cambrioleur pour une organisation criminelle. Son chef, un vieux diable aux dents pourries, semble admirer le jeune employer tout en sachant qu’il garde discrètement des parts de la rapine. Travail terminé, Papillon rentre avec sa petite amie, une danseuse travaillant pour le même patron que lui ; ils passent une nuit d’amour.

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Nicaragua: la «révolution socialiste» impopulaire

Les lundis de l’actualité – Diego Taboada

Depuis quelques mois maintenant, le Nicaragua est sous les feux des projecteurs en raison des manifestations populaires contre la dictature de Daniel Ortega et sa femme, Rosario Murillo – qui s’est progressivement hissée à la vice-présidence du gouvernement. Ces mouvements ont permis de mettre en lumière les agissements d’un régime autoritaire qui n’hésite pas à réprimer violemment toute tentative de contestation : près de trois cents morts sont à déplorer malgré les appels à la paix – cyniques – du président.

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L’Ukraine rurale dépeinte dans «When the trees fall»

Neuchâtel International Fantastic Film Festival (NIFFF) – Jonas Follonier

Le film When the trees fall, présenté en compétition internationale du NIFFF la semaine dernière, s’ouvre sur une forêt où nous allons assister à une scène d’amour entre Larysa, la protagoniste principale, et un voyou dont elle s’est éprise. La cousine de Larysa, une fillette de cinq ans, est laissée sans personne au milieu des bois. L’abandon, ce sera l’un des thèmes centraux du film, si ce n’est le thème central. Le contexte, quant à lui, est tout aussi important : l’Ukraine rurale, où il semble impossible pour les femmes de s’extraire de leur quotidien patriarcal.

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« Love, Simon » : mais comment faire son coming out ?

Les mercredis du cinéma – Loris S. Musumeci

« Donc, comme je le disais, je suis comme toi. J’ai une vie totalement, parfaitement normale. »

Il est plutôt cool comme mec et il est beau garçon. Au lycée, tout roule. En famille, rien de quoi se plaindre. Et son groupe de potes est soudé et génial. Simon mène donc une vie « totalement, parfaitement normale ». Mais il y a un secret dont le jeune a omis de faire part à son entourage : il est homosexuel. Bien sûr, il est sorti avec des filles pour faire genre, comme on dit dans le jargon de la jeunesse, mais ce sont les garçons qui lui donnent les papillons aux ventres.

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Eduardo Nunes : « Vous pouvez composer un film comme vous composez une musique »

Le Regard Libre N° 38, dossier spécial FIFF 2018 – Loris S. Musumeci

« Tu verras, il est adorable », m’avait-on dit au service de presse. Cela s’est confirmé. Le réalisateur brésilien Eduardo Nunes a mis toute sa tendresse dans les images délicates et les sons précis d’Unicorn (Unicórnio) qu’il a présenté au Festival International de Films de Fribourg. Rencontre autour d’un café à l’Ancienne Gare, quartier général du festival.

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Yvette Z’Graggen, une femme précurseure

Les mercredis du cinéma – Alexandre Wälti

C’est peut-être l’histoire d’une exilée de l’intérieur. Non seulement Yvette Z’Graggen a grandi tiraillée entre la Suisse romande et ses origines alémaniques, mais elle figure parmi les écrivains hélvétiques dont l’œuvre mérite une attention particulière parce qu’elle a été construite en écho direct aux événements du XXe siècle. Une femme qui a toujours été en avance sur son temps, comme le montre parfaitement le documentaire Yvette Z’Graggen – Une femme au volant de sa vie de Frédéric Gonseth.

Pensons d’abord à son besoin d’indépendance précoce. Forcée ? Toute jeune déjà, elle écrit des histoires pour fuir la réalité. Elle vit la faillite d’un père dentiste, dépensier et un peu trop porté sur la boisson, levant parfois la main sur sa mère, tandis que la famille dégringole progressivement dans l’échelle sociale. Un passionné de belle voiture se retrouve soudain à pédaler sur un vélo. Un deux-roues qu’Yvette Z’Graggen utilise ensuite pour faire le tour de du pays durant les années silencieuses de la Seconde Guerre mondiale. Une enfance où l’imagination sert d’abri contre les réalités et qui est nourri très tôt par un besoin d’apprendre malgré l’impossibilité – due à des questions financières – de faire l’université.

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