Archives par mot-clé : philosophie de la musique

La musique : du silence à la mystique

Le Regard Libre N° 39 – Giovanni F. Ryffel

Parmi les expériences musicales, il en est une particulièrement intense : celle du sublime. Une expérience qui s’apparente à celle de la vision mystique, sans pour autant prétendre au même degré de perfection ni de participation à la divinité. Cependant, l’expérience de ce sublime est possible à travers la musique… pour qui veut bien l’entendre.

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Les vertus du silence

Le Regard Libre N° 21 – Jonas Follonier

Le silence, peu à peu, disparaît de notre monde. Bien que je haïsse les «c’était mieux avant», la nostalgie, elle, ne m’incommode pas: quand elle est justifiée, c’est le plus beau sentiment qui soit. Ainsi en est-il de mon regret du silence, cet ami de l’homme qui ne sera bientôt plus qu’un lointain souvenir.

Nous pourrions dire que le silence est au bruit ce que les trous sont à la matière. Il existe actuellement des discussions passionnantes dans les instituts de philosophie pour savoir si les trous existent ou non. Cette question métaphysique nécessite bien plus qu’un article. La difficulté est en effet évidente: les trous ne semblent être que des néants, des absences de matière… autrement dit, rien. Comment donc pourraient-ils être quelque chose? Le silence, lui, existe à coup sûr.

En quoi consiste-t-il, voilà une question à laquelle nous n’allons pas répondre. Encore une fois, une telle ontologie ne saurait avoir sa place ici, tant elle nécessite de lignes. Essayons cependant d’envisager non pas en quoi le silence consiste, mais à quoi il renvoie, ou si vous préférez, ce qu’il évoque, ce qui fait son intérêt. «L’homme est la mesure de toute chose», comme disait l’autre: considérons donc le silence par rapport à l’homme. Continuer la lecture de Les vertus du silence

Qu’est-ce qu’une œuvre musicale ?

Le Regard Libre N° 18 – Jonas Follonier

La philosophie, telle que nous l’entendons ici, aime poser des questions et y apporter des réponses rationnelles. De nombreuses questions philosophiques commencent par « Qu’est-ce que… ? ». Dans ce genre d’entreprises, il s’agit de chercher le genre de réalité que possède la chose que nous étudions, de faire une ontologie. Le présent article vise à proposer une ontologie de l’œuvre d’art, et plus spécifiquement de l’œuvre musicale.

Nombreuses sont les théories proposant une ontologie de l’œuvre d’art. La première d’entre elles, la plus primaire dirions-nous avec retenue, est la théorie physicaliste. Celle-ci identifie l’œuvre d’art à un objet possédant des propriétés physiques. Essayons de penser comme les physicalistes. Deux objets physiques s’offrent alors à nous pour décrire la réalité d’une œuvre musicale : ou bien celle-ci est identique à une partition, ou bien elle est identique à une interprétation.

Prenons la première hypothèse et voyons les problèmes qu’elle pose. Premièrement, si la partition de La Bohème était détruite, cela voudrait dire que cette chanson d’Aznavour serait détruite : cela est absurde. Deuxièmement, une œuvre musicale s’écoute, tandis qu’une partition se lit. Ensuite, à quelle partition faudrait-il identifier une œuvre musicale pour laquelle il en existe plusieurs ? Si c’est à son manuscrit, cela impliquerait que les personnes qui ont eu la chance de voir le mansucrit connaissent mieux l’œuvre en question que les autres. Une telle possibilité est invraisemblable. Continuer la lecture de Qu’est-ce qu’une œuvre musicale ?

Il était une fois un chef d’œuvre


Le Regard Libre N° 11 – Jonas Follonier

L’année 1968 marqua l’histoire des idées, de la chanson, mais aussi du cinéma. En effet, avec Il était une fois dans l’Ouest (C’era una volta il West), Sergio Leone n’avait plus à prouver la force du western italien apparu cinq ans plus tôt et dont il fut sans conteste le plus grand réalisateur.

Le bon, la brute et le truand, en 1966, avait déjà amorcé l’apogée du genre. L’apparition de gros plans au tout début du film suffisait à considérer l’art de Sergio Leone comme une révolution cinématographique. Toutefois, il serait fou de ne pas expliquer ces chefs d’œuvre, du moins partiellement, par la musique d’Ennio Morricone. Continuer la lecture de Il était une fois un chef d’œuvre