Archives par mot-clé : police

Comprendre la misère avec «Les Misérables»

Les mercredis du cinéma – Loris S. Musumeci

L’ambiance est chaude au cœur de Paris. C’est l’été, et le coup de sifflet final annonce la victoire de la France à la coupe du monde de football de 2018. Banlieusards et urbains fêtent ensemble sous le drapeau bleu, blanc, rouge. La joie du moment laisse tout de même pressentir une angoisse. Celle de tout le reste du film, qui se déroule à Montfermeil dans le 93. On sait déjà les pressions, on connaît déjà le climat qui va régner: celui de l’affrontement. Les cris, les chants et les danses apparaissent dans toute leur futilité, parce que championne du monde ou non, la France est en guerre.

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«Le Traître»: la tragi-comédie de la mafia et de l’Italie

Les mercredis du cinéma – Loris S. Musumeci

Dans tragi-comédie, il y a tragédie et comédie. En réalité, si la mafia est génératrice de tragédies, elle ne semble rien comporter de bien comique. En cinéma, et dans le domaine de l’art en général, on sait pourtant arranger la réalité à la guise d’un scénario. On sait transformer une vie banale en un spectacle. Pour le cas du Traître, le réalisateur Marco Bellocchio n’arrange pas la réalité et ne s’attaque pas à une figure banale.

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Bienvenue dans «L’Oracle des loups»

Les bouquins du mardi – Lauriane Pipoz

La dernière création d’Olivier Beetschen est un polar qui se situe à Fribourg. Après deux recueils de poèmes et deux polars, le lausannois s’attèle à un récit qui mêle meurtre, drogue, amour et – sa spécialité – légende. Même s’il peut être facile de se perdre à travers les divers axes de lecture des aventures de René Sulic, enquêteur-star de la Sûreté de Fribourg, ce roman fribourgeois vaut certainement le détour – en particulier si vous affectionnez la Basse-Ville, les légendes, les belles plumes, ou les trois.

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«En liberté!» et le micmac de nos têtes

Les mercredis du cinéma – Loris S. Musumeci

«Non, mais tu rends compte que t’as bouffé l’oreille de ce mec?»

Jean Santi était vaillant, loyal, valeureux et il a donné sa vie pour défendre sa ville. Hommage au flic défunt, qui a laissé la commissaire de police Yvonne veuve, et un petit garçon orphelin. Deux ans qu’il est mort; et deux ans qu’Yvonne raconte tous les soirs au petit à quel point son papa était un héros. Le deuil passe par le culte. Mais voilà qu’un jour, au commissariat, un bijoutier reconnaît la bague qu’Yvonne porte au doigt. Et là c’est le choc.

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Poelvoorde dans un «Au poste!» totalement absurde et génial

Les mercredis du cinéma – Jonas Follonier

Au poste!, la nouvelle comédie de Quentin Dupieux, est un huis clos dans un poste de police, où le spectateur assiste à un tête-à-tête entre un garde à vue, Fugain (Grégoire Ludig) et un commissaire, Buron (Benoît Poelvoorde). Le premier est innocent, mais il est soumis à l’interrogatoire car il a appelé la police pour signaler la présence d’un cadavre au bas de son immeuble. Or, en tant que première personne à avoir vu le cadavre, il est considéré comme le suspect numéro un. C’est pour ça.

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« Taxi 5 », ou Pattaya à Marseille

Les mercredis du cinéma – Marina De Toro

Tout commence avec Sylvain Marot (Franck Gastambide), policier à Paris, qui est muté contre sa volonté à la police municipale de Marseille. Ce transfert a surtout été effectué à cause de sa relation adultère avec la femme du préfet de Paris, mais il y a aussi ses prouesses en tant que pilote casse-cou et expérimenté qui n’ont pas joué en sa faveur. Arrivé à Marseille, Sylvain découvre son nouveau poste de police décrépi et sa nouvelle équipe composée de bras-cassés et de marginaux. Pourtant, il s’intègre rapidement et le travail ne manque avec l’ex-commissaire Gilbert (Bernard Farcy), désormais maire de Marseille, qui fait face à des voleurs italiens arrivant toujours à fuir en Ferrari. Le policier parisien comprend très vite que la traque s’annonce difficile, en particulier avec les véhicules utilitaires dont dispose la police municipale marseillaise.

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« Red Sparrow », quand l’innocence n’existe plus

Les mercredis du cinéma – Loris S. Musumeci

« – Tu es venu t’apitoyer ?
– Non, je suis venu pour t’aider. »

Une jeune femme se prépare pour sa représentation de danse au Théâtre du Bolchoï cependant qu’un homme glisse un pistolet dans sa ceinture à l’arrière de ses pantalons. Le ballet s’ouvre ; la nuit tombe. Les violons du Théâtre s’engagent tout en douceur ; l’homme armé s’engage dans une ruelle. Les violons s’accélèrent et la tension monte pour l’homme : il est suivi. La danseuse étoile entre en scène. Elle est lumineuse et gracieuse. Les sirènes de la police s’enclenchent. L’homme tâche de fuir au pas de course. La danseuse, de son côté, saute sur ses pointes. Elégante. L’homme est cerné ; la danseuse chute violemment.

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« After My Death », un drame noir profond

Festival International de Films de Fribourg – Loris S. Musumeci

« Votre amie est de retour. »

Une étudiante coréenne a disparu. La police mène l’enquête. La mère est froide ; elle espère de manière irraisonnable mais légitime retrouver sa fille. Le père, quant à lui, a déjà perdu tout espoir. A l’école, les professeurs menés par le directeur ont peur pour la réputation de l’établissement. Les élèves, elles, vivent le choc en murmurant des petits secrets, cherchant à trouver le bouc-émissaire sur lequel charger l’affaire. La fille finit par être retrouvée, en cadavre. Gonflé par le fleuve dans lequel la suicidaire s’est jetée. L’enquête continue ; les interrogatoires s’amplifient. Un amour lesbien caché est à l’origine du drame.

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« Dark is the Night »

Festival International de Films de Fribourg – Loris S. Musumeci

« Durant mon mandat, je mettrai un terme au problème de la drogue. »

Lando (Phillip Salvador) chante un joyeux « Happy birthday to you ! » au karaoké. Sarah (Gina Alajar), sa femme, rit. Alan (Felix Roco), leur fils, se confond aux quelques autres amis présents pour l’occasion. Des coups de feu interrompent soudain la fête. La police coure dans la rue. Un jeune garçon prend la fuite ; sans tarder, il est abattu. La foule se rassemble autour du cadavre. La mère de la victime accoure. Elle hurle de désespoir : « Mon fils est drogué, pas dealer ! » Effondrée.

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« Five Fingers for Marseilles »

Festival International de Films de Fribourg – Loris S. Musumeci

« Il faut s’armer ; il faut qu’ils nous craignent. »

Marseilles, un village d’Afrique du Sud, où « cinq enfants luttaient pour la liberté ». Des policiers blancs semaient la terreur. L’un des cinq, Tau, apprit à tuer ; par besoin de vengeance, par soif de justice. Il finit en prison. Vingt plus tard, il en sort et revient au village. La situation ne s’y est guère améliorée. Les citoyens vivent dans la souffrance permanente de savoir leur petite Marseilles étouffée de corruption.

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