Archives par mot-clé : réalisme

Exister et appartenir aux autres, la seule échappatoire

Les bouquins du mardi – Arthur Billerey

Balançant sans cesse entre les lois de l’attraction et celles de la répulsion, les personnages de Thomas Flahaut, dans son dernier livre Les nuits d’été, nous ébranlent par leur réalisme. Mieux, ils nous dévoilent le quotidien des travailleurs frontaliers francs-comtois.

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«Noces»: pour ne pas renoncer à la beauté du monde

Les bouquins du mardi – Edition spéciale «Les coronarétrospectives de la littérature» – Loris S. Musumeci

Quatre lieux, quatre explorations, quatre textes qui célèbrent les noces d’Albert Camus avec des environnements qu’il aime. Ecrits entre 1936 et 1937, ces quatre essais lyriques annoncent qu’un jeune homme d’un peu plus de vingt ans a déjà trouvé les sources d’un bonheur simple, mais d’un bonheur vrai. Et exaltant. Entre descriptions sensitives et sensuelles, méditations et souvenirs d’une jeunesse en cours, les éléments essentiels à l’œuvre d’un Camus en construction surgissent déjà. Ils l’accompagneront jusqu’au Premier homme, resté inachevé. Noces est en ce sens une célébration de l’auteur, une célébration de lecture, une célébration de la beauté de son monde. 

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«Roubaix, une lumière», ou la parfaite illustration de l’oxymore

Les mercredis du cinéma – Kelly Lambiel

Lorsque l’on a pour habitude de présenter ses réalisations au festival de Cannes, il ne faut pas s’étonner qu’elles finissent par être rangées dans la catégorie «films d’auteur». Une étiquette qui colle plutôt bien à l’œuvre d’Arnaud Desplechin, même si elle se trouve être quelque peu réductrice. Avec des longs-métrages tels que Comment je me suis disputé… (ma vie sexuelle), Ester Kahn, Un conte de Noël ou La Sentinelle,le réalisateur a prouvé, à plusieurs reprises, être capable d’explorer différents styles et registres. Avec Roubaix, une lumière, bien que fidèle à certaines thématiques, c’est au genre du réalisme poétique qu’il s’essaie, non sans une certaine virtuosité.

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«Sweet Country», un western atypique

Les mercredis du cinéma – Jonas Follonier

Le film s’ouvre sur de l’eau qui bout. De l’eau qui paraît noire, en raison de la couleur de la casserole. Couleur centrale dans Sweet Country, puisqu’il n’y aura pas d’Indiens ni de grand ouest américain : le western se déroule dans l’Australie des années 1920 et met en scène les tensions raciales de cette époque, entre aborigènes et blancs. Le vocabulaire est rude : « bétail noir », « sale négro », le film ne tarde pas à faire entendre les qualificatifs, rappelant en quelques aspects le dernier Tarantino. Le noir, c’est aussi l’obscurité d’une chambre où se passe un viol.

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« Candelaria », une fresque délabrée d’un couple au crépuscule

Les mercredis du cinéma – Virginia Eufemi

La Havane, Cuba, 1994. L’île subit l’embargo économique américain. Des voix d’opposition retentissent à la radio, les gens envahissent les rues pour protester contre la crise, mais le vieux couple que nous suivons semble passer à côté de ces événements, trop occupé à assouvir ses propres besoins primaires – un repas chaud, de l’eau courante, de l’électricité. Candelaria, proche des quatre-vingts ans, travaille encore – les conditions économiques l’obligent –, malgré son âge avancé, comme femme de chambre dans un établissement touristique. Le soir, dans un local, elle chante des airs typiques accompagnée d’un petit orchestre.

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« Black level » et la solitude moderne

Festival International de Films de Fribourg – Jonas Follonier

Un Ukrainien se retrouve en pleine crise de la cinquantaine : il se fait quitter par sa petite-amie et son père devient paralysé suite à une attaque. L’homme en question est photographe ; le film s’ouvre d’ailleurs sur une séance de clichés avec des femmes en robes de mariées, une scène tournée en plan fixe. Les symptômes d’une société malade sont d’ores et déjà présents à l’écran, avec chacun des personnages se prenant en « selfie ». Le film sera muet, comme pour dénoncer le manque de contact humain qui règne actuellement dans la société.
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Vladimir Poutine: autoritariste de l’Ancien Monde ou stratège hors pair?

Les lundis de l’actualité – Diego Taboada

Accusé par la plupart des pays occidentaux d’importants bouleversements géopolitiques contemporains (Ukraine, Syrie), le président russe a rendu à la Russie le statut de puissance mondiale. Retour sur la stratégie et les événements clés qui ont mené à la situation actuelle.

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«Jusqu’à la garde», un thriller réaliste

Les mercredis du cinéma – Marina De Toro

Les lumières éclairent gentiment la salle, le générique de fin défile à l’écran et les sièges sont lourdement silencieux. Certains spectateurs ont de la peine à décrocher leurs yeux de l’écran, car le film qu’ils viennent de voir les a laissés sans voix. Voilà la réaction que peut susciter le long-métrage Jusqu’à la garde réalisé par Xavier Legrand. Ce film nous parle de la complexité des relations familiales, parfois malsaines, et surtout de la difficile épreuve du divorce.

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« The Greatest Showman »

Les mercredis du cinéma – Marina De Toro

Réaliser son rêve. Tel est l’objectif de Phinéas Taylor Barnum, jeune citoyen des Etats-Unis d’Amérique du XIXe siècle. La vie de Phinéas ne semble cependant pas prévoir l’horizon d’un avenir radieux du fait de sa prédisposition social : il est issu d’un milieu très modeste, voire pauvre. Le but du jeune homme est de pouvoir briller dans le milieu du cirque, mais la haute société américaine de son temps a une vision très précise du spectacle, ne correspondant pas aux idées folles du jeune Phinéas. Ce n’est pas seulement un combat pour devenir ce grand showman tant rêvé ; c’est aussi la volonté d’accéder à un rang social élevé afin de prendre une revanche sur la vie – une preuve qu’il n’était pas prédestiné à la misère. Continuer la lecture de « The Greatest Showman »

« The Florida Project », un contraste entre la joie des enfants et la réalité sociale américaine

Les mercredis du cinéma – Loris S. Musumeci

« Je vois quand les adultes ont envie de pleurer. »

C’est l’été. Moonee et Scooty, deux enfants espiègles, courent, s’appellent de loin en criant et rient de bon cœur. Ils vivent au Magic Castle Motel, à proximité du Disney World en Floride. Le décor donne plutôt à rêver : le ciel est bleu, les bâtiments pastel. Mais voici que les enfants commencent à parler et surgit une vulgarité aussi drôle qu’étonnante. Les « fuck » rythment les phrases de la petite fille de six ans, et son ami ne semble point troublé à la suivre dans ce langage. Ils aperçoivent une voiture bleue au Futureland, le motel voisin. L’occasion est idéale pour faire comprendre au nouveau locataire que les enfants veulent s’amuser, sans limites. Ils crachent aux gros mollards sur l’auto.

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