Archives du mot-clé seconde guerre mondiale

Hergé, l’homme à la houppette

Le Regard Libre N° 32 – Nicolas Jutzet

On connaît Tintin et son inséparable fox-terrier, son autre fidèle compagnon de route, un brin vulgaire et alcoolisé, ou encore le lunatique, et brillant, professeur Tournesol. Mais qui connaît celui qui se cache derrière cet univers qui passionne, depuis plus de quatre-vingt ans, les jeunes, et ceux qui tentent de le rester ?

Derrière ce véritable pilier du monde de la bande dessinée, se cache un homme tourmenté. Hergé, de son vrai prénom Georges Remi. Un ingénieux (Hergé est la contraction entre la première lettre de son nom et de son prénom) et talentueux dessinateur, qui ne cessera de prendre sa mission à cœur. Le résultat de son travail ? Une œuvre mondialement reconnue, et lue. Encore aujourd’hui. 250 millions d’albums vendus, traduits en 110 langues différentes. Un bel héritage. Sa demande explicite d’empêcher la parution de tout autre album de son héros après sa mort nous oblige à nous contenter de l’existant. Vingt-trois albums, plus un non achevé. De toute façon, il est sans doute illusoire de croire qu’un autre auteur, aussi talentueux soit-il, soit capable de faire vivre à nouveau le téméraire reporter. Le génie créateur s’est éteint avec la mort de son dévoué Hergé. Lire la suite Hergé, l’homme à la houppette

Marc Chagall, « Le Champ de Mars »

Le Regard Libre N° 30 – Loris S. Musumeci

Regard vers le peintre-poète : Chagall (3/3)

Les années cinquante marquent le moment trouble qui fête une guerre achevée, mais pleure encore ses douloureuses reliques. Le Champ de Mars (1955) traduit ce regard mélancolique et joyeux de Marc Chagall (1887-1985) sur Paris, ville qu’il a aimée.

Paris. Chagall y vécut de nombreuses années ; si bien en pauvre débutant, qu’en peintre reconnu et admiré. De la misère en sa location à « la Ruche », recoin des bohèmes, il raconte dans Ma Vie : « Atelier comblé de tableaux, de toiles qui n’étaient pas d’ailleurs des toiles, mais plutôt mes nappes, mes draps, mes chemises de nuit mis en pièces. » Alors même que « Paris ! Il n’y avait pas un mot qui fût plus doux pour moi. » En 1941, l’artiste est poussé au port de Marseille par la guerre qui fait rage, et embarque pour l’Amérique. Paris sera retrouvé, après la guerre. En deuil. Lire la suite Marc Chagall, « Le Champ de Mars »

« Dunkerque», et les visages de la guerre

Les mercredis du cinéma – Loris S. Musumeci

Une rubrique partenaire de Cinérevue, l’émission cinématographique de NeuchVox. Prochain direct : lundi 7 août 2017, 20h30 – 21h00

« Ce film est dédié à tous ceux dont la vie a été ébranlée à Dunkerque. »

La rue est déserte. Seuls quelques coups de feu retentissent dans le silence de la mort. Des cadavres de papier volent çà et là. Un jeune soldat anglais court, seul. Il rejoint la plage pour quitter ce bastion de défaite : Dunkerque. Les Allemands ont pris en otage les Alliés. Enfermés comme des rats au bord de la mer, ce sont 400’000 hommes qui attendent le salut, qui « attendent un miracle ».

En parallèle, des bateaux de plaisance britanniques s’engagent pour aller libérer leurs soldats ; les destroyers ne suffisant pas. Quarante infimes kilomètres divisent les deux côtes, mais les bombes des avions de l’Axe compliquent fortement la mission. C’est de ce fait dans l’air que se joue la troisième histoire de Dunkerque. Un preux aviateur de la Royal Air Force, quasiment à vide de carburant, virevolte dans un combat sans merci pour protéger les bateaux et la plage de l’ennemi.

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Pourquoi il faut aller voir « Churchill »

Les mercredis du cinéma – Jonas Follonier

Nous sommes au début du mois de juin 1944. Dans quelques jours, le plus grand débarquement de la Seconde Guerre mondiale aura lieu, qui ouvrira la célèbre bataille de Normandie. Le plan de cette opération nommée « Overlord » a été préparé depuis des mois, amélioré, perfectionné. Les Alliés débarqueront sur la côte pour libérer la France et enfin en finir avec la guerre. Un seul homme doute de cette dernière opération : Winston Churchill.

Cette hésitation, étalée sur plusieurs mois avant le « D-Day », jour du débarquement, Jonathan Teplitzky a décidé d’en faire un film, et de concentrer les tracas du Premier ministre britannique sur quelques jours. Une réussite absolue, à en juger par la qualité artistique de ce long-métrage de presque deux heures et du grand moment historique qu’il met en lumière. Lire la suite Pourquoi il faut aller voir « Churchill »

La tolérance, ce n’est pas tout accepter

Le Regard Libre N° 18 – Jonas Follonier

Dans la philosophie politique, une question mérite qu’on y porte toute notre attention, vu les situations inédites auxquelles sont confrontées nos sociétés occidentales actuelles. Un grand changement est survenu ces dernières décennies. Il ne s’agit pas de la technologie, vieille comme le monde, ni des bouleversements écologiques, eux aussi vieux comme le monde. Non, je veux parler du politiquement correct – et ne vous dites pas à ce stade que vous avez affaire aux propos d’un extrémiste de droite un peu simplet ; les lignes que vous lisez émanent d’un libéral.

Le politiquement correct est apparu à la suite de la Seconde Guerre mondiale. L’intelligentsia européenne, qui voulait se racheter du passé colonial, esclavagiste, impérialiste et raciste de l’Europe et qui ne pouvait plus trouver refuge dans le marxisme car il avait également montré son horrible visage, se tourna vers une idéologie qui était alors l’invention de quelques penseurs mais qui désormais fait presque l’unanimité : celle consistant à dire qu’il faut respecter toutes les croyances et tous les modes de vie. L’axiome sous-jacent est que toutes les civilisations sont égales. Lire la suite La tolérance, ce n’est pas tout accepter