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« Bécassine ! », un humble spectacle d’émerveillement

Les mercredis du cinéma – Loris S. Musumeci

« Vous pouvez m’appeler simplement Bécassine. »

Bécassine est une fille gentille. Bécassine est une fille simple, et même un peu simplette. Bécassine, on la connaît. C’est la bécasse de la bande dessinée, qui devient désormais un personnage de film, avec sa personnalité et ses aventures propres. Elle est bretonne ; elle rêve de Paris, de sa grandeur et de ses lumières. Au fond d’elle, elle veut en fait simplement se rendre utile, travailler et être heureuse.

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Stephan Eicher au Théâtre de Beausobre

Le Regard Libre N° 37 – Alexandre Wälti et Hélène Lavoyer

Sur la scène en pagaille où se mêlent instruments et confettis, quelques chaises désordonnées attestent d’un remue-ménage nocturne. Près du jukebox, un homme semble dormir sur un banc. Une guirlande d’ampoules de couleur pend par-dessus lui. Sur les notes d’un accordéon automatique, une deuxième personne entre en scène, balaie les confettis entre une échelle et une flopée d’instruments. Le tuba est posé au milieu de la scène, un trombone patiente avec deux guitares électriques près du piano et l’indispensable batterie attend au fond à droite.

La scène ressemble à un lendemain de carnaval dans un bistrot où s’est endormi un dernier client. C’est assez à l’image de la musique balkanique du Traktorkestar, bordélique et folle, qui partage l’affiche avec Stephan Eicher et la beatboxeuse Steff La Cheffe. A entendre les sifflements et le tonnerre d’applaudissements qui le portent sur scène, on pourrait croire à un public adolescent devant l’idole du moment. Mais à cinquante-sept ans, l’homme a déjà fait ses preuves et rassemble un public fidèle depuis son album de 1983, Les Chansons Bleues. Des Alémaniques et des Romands se tiennent là, dans le vaste Théâtre deBeausobre, prêts à danser et chanter.

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Ontologie de la beauté

Le Regard Libre N° 12 – Sébastien Oreiller

Quand Nietzsche crut renverser la morale ancienne, la morale du bien et du mal, pour la remplacer par celle, plus exigeante, du bon et du mauvais, il ne fit que remplacer une philosophie du comportement, une philosophie éthique dirions-nous, par une moralité plus froide et plus distante, peut-être même plus dangereuse. Nous semblons avoir pris la fâcheuse habitude depuis vingt-cinq siècles, c’est-à-dire depuis Socrate et surtout depuis Platon, de lier l’essence au bien, de ne plus être capable d’admirer l’être en soi sans le rattacher, d’une manière ou d’une autre, à la perfection de l’acte humain, loin de là l’ingénuité morale qui avait marqué leurs prédécesseurs. Il me semble être une philosophie plus exigeante et plus noble, d’autant plus détachée des médiocrités quotidiennes qu’elle est elle-même intrinsèquement liée à l’être, je veux parler de la philosophie du beau en tant que tel.

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