Archives par mot-clé : spiritualité

«L’homme et la forêt»: un documentaire atypique, vrai, touchant

Les mercredis du cinéma – Hélène Lavoyer

«L’arbre s’offre entièrement. C’est une maison, de la nourriture… une fois sec, on peut l’utiliser pour faire du feu. Il a des racines profondes et est donc ancré, avec cette idée de profondeur et en même temps, ses racines sont tendues vers le ciel. Comme une antenne vers le céleste.»

Quels citadins serions-nous si nous n’avions pas l’impression de savoir ce qu’est la forêt? Cette entité, exemple de cohérence et de continuité, reste bien secrète. Sous les premières couches de connaissances, appelons-les «générales», résident des savoirs nous laissant découvrir une certaine nature qui une fois en interaction avec l’homme semble ne plus jamais abandonner le jardin qu’elle aura aidé à faire naître en lui. Continuer la lecture de «L’homme et la forêt»: un documentaire atypique, vrai, touchant

« La Particule Humaine », métaphore du chemin intérieur

Les mercredis du cinéma – Hélène Lavoyer

« Souffle ou blé ?
Blé. »

Dans les yeux de Semih Kaplanoğlu, la population future est enfermée dans l’enceinte de villes protégées de portails électromagnétiques calcinant ceux qui tenteraient d’en sortir – ou d’y entrer sans avoir été sélectionnés. L’agriculture est aux mains de laboratoires privés ne parvenant pas à comprendre pourquoi, ni comment, les cultures OGM – seules dont ils disposent – finissent par se détériorer et s’autodétruire. Erin Erol (Jean-Marc Barr), ingénieur en génétique et spécialiste des graines au service de la ville, peine à créer une semence qui permettrait de pérenniser les récoltes dans le temps. Continuer la lecture de « La Particule Humaine », métaphore du chemin intérieur

« Tomb Raider », le début de l’aventure

Les mercredis du cinéma – Nicolas Jutzet

Lara Croft, jeune femme resplendissante et motivée au possible, refuse d’admettre la mort de son père, disparu dix années plus tôt lors d’un voyage en Asie. Souvent absent, le paternel avait pourtant réussi à nouer une relation forte avec sa fille, qui peine aujourd’hui à faire le deuil. Quoi de plus logique, en l’absence d’enquête et de corps ?

L’héroïne, en conflit avec sa riche famille depuis lors, doit se débrouiller pour vivre et spécialement, pour payer les traites au club de boxe où elle peut expurger tant sa vitalité que sa haine. Un besoin indispensable. Car sans signature de sa part, l’héritage conséquent du père, le château familial et les nombreuses entreprises, sont coincées dans une attente désagréable pour l’ensemble des acteurs. Juridiquement la mort du père doit être validée par la signature de son héritière de sang.

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Noël 2015 vu par un théologien protestant (Rencontre avec Félix Moser)

Le Regard Libre N° spécial « Noël 2015 » – Jonas Follonier

Docteur en théologie de l’Université de Neuchâtel, Félix Moser a d’abord été pasteur et aumônier des prisons en France pendant quatre ans, puis pasteur dans le canton de Neuchâtel durant onze ans. Après avoir passé huit ans à la Faculté autonome de théologie de Genève, il est revenu à l’Université de Neuchâtel en tant que professeur. Voici notre entretien réalisé à la Faculté des lettres et sciences humaines de l’UniNE.

Jonas Follonier : Nous allons commencer par la question la plus importante : quelle est l’histoire de Noël et quelle est sa signification, pour le théologien que vous êtes ?

Félix Moser : Au départ, historiquement, les premiers chrétiens se sont rassemblés autour de ce qui était le noyau de la foi chrétienne, à savoir l’amour et la résurrection du Christ ainsi que le cycle festif de Pâques. La fête de Noël est vraiment tard venue puisqu’elle est intervenue au IVe siècle où elle s’est généralisée. Continuer la lecture de Noël 2015 vu par un théologien protestant (Rencontre avec Félix Moser)

Quelle joie d’être juif !

Le Regard Libre N° 12 – Loris S. Musumeci 

L’Histoire du peuple juif est, dans ses épisodes les plus marquants, connue plus ou moins de tous. Il est du domaine de la culture générale que de connaître, en partie en tout cas, le récit de la création avec ses deux acteurs humains que sont Adam et Eve, ou encore le fol amour fraternel – accompagné de ses quelques difficultés – de Caïn et Abel, l’arche de Noé, la piété d’Abraham, l’esclavage en Egypte, Moïse qui fendit la mer, le petit David qui fracassa le grand Goliath, la noble sagesse du roi Salomon, mais également les différentes diasporas, les réseaux européens de Juifs dans les grandes villes depuis le Moyen Age, les ghettos, les persécutions, et, dans un passé bien récent, la tragédie de la Shoah.

L’image du mur des Lamentations à Jérusalem ainsi que la situation instable entre l’Etat d’Israël et la Palestine sont souvent les premières pensées qui surgissent à l’esprit lorsque le mot « judaïsme » est prononcé. La figuration d’un barbu jouant du violon, kippa sur la tête est assez présente aussi ; on pense également rapidement, dans une culture cinématographique francophone, au sympathique Rabbi Jacob ou aux gaffes et habitudes caricaturées des hilarants protagonistes séfarades des films La Vérité si je mens ! de Thomas Gilou. Au-delà de ces anecdotes qui font allègrement sourire et les Juifs eux-mêmes et les « goyims » – les non-Juifs –, l’intérêt du présent article serait, dans une humble démarche de découverte culturelle et spirituelle, celui de réaliser un premier pas vers la connaissance de l’essence juive, en d’autres termes, étudier une des multiples faces de l’expérience de judéité.

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« L’adversaire »

Le Regard Libre N° 9 – Loris S. Musumeci

« Qu’il ne joue pas la comédie pour les autres, j’en suis sûr, mais est-ce que le menteur qui est en lui ne la lui joue pas ? Quand le Christ vient dans son cœur, quand la certitude d’être aimé malgré tout fait couler sur ces joues des larmes de joie, est-ce que ce n’est pas encore l’Adversaire qui le trompe ?
J’ai pensé qu’écrire cette histoire ne pouvait être qu’un crime ou une prière.
Paris, janvier 1999 »

Jean-Claude Romand : Père de famille idéal, fils consciencieux, grand médecin à succès… et menteur, assassin, fou.

Son histoire est celle d’un homme banal, qui pendant dix-huit ans a menti sur tout à tout le monde. Et tout éclate le 9 janvier 1993, lorsqu’il tue sa femme, ses enfants, ses parents et tente, sans succès, de se suicider. On découvre alors qu’il n’était pas médecin à l’OMS comme il le prétendait. Il n’était rien. Durant toutes ces années, sans l’ombre d’un doute, sa famille, ses amis le crurent dans ce mensonge d’une vie, mais au moment où la vérité s’apprêta à déchirer le voile de l’imposture pour ressurgir à la lumière, Jean-Claude Romand ne trouva d’autre issue que d’assassiner « ceux qu’il aimait », ceux qui eussent été meurtris par cette vérité étouffée, si vieille et nouvelle à la fois. Continuer la lecture de « L’adversaire »

« Et le Verbe s’est fait chair »

Le Regard Libre N° 7 – Loris S. Musumeci

Noël, Noël, Noël… en ce beau mois de décembre, c’est sans doute le nom que l’on prononce ou entend le plus. Mais que signifie-t-il réellement ? En quoi et où peut-on véritablement le trouver ? Si ces questions ont bien lieu d’être, c’est parce qu’il serait illusoire et faux d’enfermer le « Noël » soit dans la fête commerciale sponsorisée par le père Noël et ses lutins, soit dans une simple célébration religieuse chrétienne. Le Noël est bien plus que cela, il s’incarne complètement dans la réalité.

Cependant, avant d’aller plus loin dans la réflexion, il semble intéressant de s’arrêter sur ces deux « perceptions-types ». La première, celle du « Noël-matérialiste », semble assez évidente. En effet, dès le mois de novembre déjà, nous commençons à percevoir le phénomène de la course folle aux cadeaux, à la plus grande joie des centres commerciaux bien sûr. Jusque là, rien ne semble mauvais en soi. Qu’y a-t-il de mal à vouloir offrir des cadeaux à ses proches ? Rien. Toutefois, ce qui pourrait être bien dommage, c’est acheter et offrir par automatisme, sans donner du sens aux cadeaux. Dans ce cas, ces derniers seraient facilement vides d’intention, et la dimension de « don » s’effacerait vite du cadeau. Cela se produit notamment par la « pratique » du cadeau ; c’est-à-dire que l’on offre simplement parce que c’est « Noël », la « fête des cadeaux ». Ce qui peut provoquer ce vide de sens aux cadeaux, c’est également le contexte de stress et d’agitation dans lequel ils sont achetés.

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Voyage au Tibet

Le Regard Libre N° 5 – Cassandre Villar

Quelques mois après le retour d’un voyage bouleversant, une rétrospection s’impose. Cet été, les étudiants et accompagnants de l’Association Tête Au Cœur ont pris leur envol vers des terres lointaines et pourtant si proches. En effet, les paysages comme le mode de vie rustique du Tibet rappelaient le Valais de nos grands-parents. Plus qu’une impression de retour sur nos origines, il s’agissait également de redécouvrir la spiritualité à la base de notre culture. Nous avons eu l’occasion de suivre les pas du Valaisan Bhx Maurice Tornay et ainsi de découvrir, au cas où nous l’aurions oublié, que la religion chrétienne n’est pas seulement un système dogmatique et moralisateur ou, pire encore, naïvement angélique, comme le montre malheureusement parfois certains prêtres ou religieux en Occident, mais d’avantage un ensemble de valeurs humaines et un questionnement de la conscience.

Croyant, athée ou agnostique, chaque étudiant a su trouver dans ce voyage un lieu d’ouverture au monde, à une réalité différente de la nôtre et à un questionnement personnel. L’assemblage de l’effort physique engagé durant l’ascension des sommets et de la prise de conscience face à la réalité des Tibétains persécutés par le communisme chinois fut l’occasion pour chacun d’entre nous de grandir en maturité. Continuer la lecture de Voyage au Tibet

« Deux petits pas sur le sable mouillé »

Le Regard Libre N° 3 – Loris S. Musumeci

L’histoire commence sur une plage, quand Anne-Dauphine remarque que sa petite fille marche d’un pas un peu hésitant, son pied pointant vers l’extérieur.

Après une séries d’examens, les médecins découvrent que Thaïs est atteinte d’une maladie génétique orpheline. Elle vient de fêter ses deux ans et il ne lui reste plus que quelques mois à vivre. Alors l’auteur fait une promesse à sa fille : « Tu vas avoir une belle vie. Pas une vie comme les autres petites filles, mais une vie dont tu pourras être fière. Et où tu ne manqueras jamais d’amour. »

Ce livre raconte l’histoire de cette promesse et la beauté de cet amour. Tout ce qu’un couple, une famille, des amis, une nounou sont capables de mobiliser et de donner.

« Il faut ajouter de la vie aux jours, lorsqu’on ne peut plus ajouter de jours à la vie. » Continuer la lecture de « Deux petits pas sur le sable mouillé »

La franc-maçonnerie : mythe et réalité

Le Regard Libre N° 2 – Sébastien Oreiller 

Alors que les romans à la Dan Brown fleurissent et que les théories du complot s’enracinent de plus en plus chaque jour, qu’en est-il vraiment de cette organisation discrète de la franc-maçonnerie ? Certes, le voile qui couvre cette institution est opaque, mais il est possible de s’en faire une idée assez précise.

Afin d’en donner la meilleure définition possible, voici comment la Grande Loge Suisse Alpina se définit elle-même : « La Franc-maçonnerie est d’abord une alliance d’hommes libres de toutes confessions et de tous horizons sociaux. Basée sur la tolérance, elle est riche de cette diversité confessionnelle et sociale qui s’épanouit dans une direction commune: celle de suivre chacun le chemin de perfectionnement qui lui est propre. Pour cela, la Franc-maçonnerie fournit à chaque personne qui veut travailler sur soi-même les outils du Symbolisme et de la Tradition. Elle est une école de vie et un enseignement de conduite morale où chacun peut s’épanouir par lui-même. » Continuer la lecture de La franc-maçonnerie : mythe et réalité