« Downsizing », où l’homme raccourci laisse place au film allongé

Les mercredis du cinéma – Jonas Follonier

Un scientifique norvégien réussit une expérience qui va changer la donne au niveau mondial : il est désormais possible de réduire un être humain à une taille d’environ douze centimètres. L’opération de raccourcissement (downsizing) n’a presque aucun risque, mais surtout, c’est une occasion en or pour sauver la planète ! Si l’humanité fait le choix du rétrécissement, elle fait le choix d’une baisse drastique du nombre de déchets et résout le problème de la surpopulation.

Inutile de dire que ce n’est pas l’argument écologique qui va convaincre un nombre important de citoyens de se lancer dans cette métamorphose irréversible. Au sein de cette nouvelle société des petits hommes, un dollar en équivaut à mille dans le monde normal. C’est l’univers de tous les possibles, et d’une espérance de vie attrayante. Par cette idée remarquable, le nouveau film d’Alexander Payne se comprend comme une critique du mode de vie américain et de la consommation, qui se reproduisent dans le monde miniature.

Prometteur, le film l’est. Les trente premières minutes en témoignent. Hélas ! la tâche ardue de rendre le long-métrage intéressant sur toute sa durée a été ratée. Ce qui aurait pu être une œuvre cinématographique creusant la veine philosophique et sociologique de son début se fond dans ce que les Etats-Unis fournissent de moins bien et pourtant le plus : une bonne vieille comédie dramatique basée sur une histoire d’amour ennuyante. Pire, on peine à suivre le propos du film, qui débouche sur une fin véritablement bizarroïde où l’écologie est tournée en ridicule.

Et puis, la longueur. Deux heures quinze au total pour assister à une deuxième partie allongée jusqu’à faire fuir le cinéphile le plus têtu – ou le plus poli. Comme l’a dit le critique Michel Ciment dans l’émission « Le Masque et la Plume », sur France Inter, « le downsizing aurait dû s’appliquer au film lui-même ». Si le thème de départ est à saluer, le résultat, lui, ne trouvera pas notre approbation. Reste que certains pourront y trouver leur compte, car après tout, à chacun ses goûts.

Ecrire à l’auteur : jonas.follonier@leregardlibre.com

Crédit photo : © People BFMTV

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