Archives du mot-clé cinéma américain

« Downsizing », où l’homme raccourci laisse place au film allongé

Les mercredis du cinéma – Jonas Follonier

Un scientifique norvégien réussit une expérience qui va changer la donne au niveau mondial : il est désormais possible de réduire un être humain à une taille d’environ douze centimètres. L’opération de raccourcissement (downsizing) n’a presque aucun risque, mais surtout, c’est une occasion en or pour sauver la planète ! Si l’humanité fait le choix du rétrécissement, elle fait le choix d’une baisse drastique du nombre de déchets et résout le problème de la surpopulation.

Inutile de dire que ce n’est pas l’argument écologique qui va convaincre un nombre important de citoyens de se lancer dans cette métamorphose irréversible. Au sein de cette nouvelle société des petits hommes, un dollar en équivaut à mille dans le monde normal. C’est l’univers de tous les possibles, et d’une espérance de vie attrayante. Par cette idée remarquable, le nouveau film d’Alexander Payne se comprend comme une critique du mode de vie américain et de la consommation, qui se reproduisent dans le monde miniature. Lire la suite « Downsizing », où l’homme raccourci laisse place au film allongé

« Brooklyn Yiddish », une photographie sublime épouse l’histoire d’un veuf

Les mercredis du cinéma – Loris S. Musumeci

« Les rabbins ont-ils droit de regard sur tout ? »

Menashe a l’air perdu. Il marche dans son quartier sans sembler savoir où il va. Pourtant, il est en retard, comme d’habitude. A peine arrivé à l’épicerie kasher où il travaille, il reçoit une remarque de son supérieur. Par ailleurs, Menashe est veuf depuis une année. La garde de son fils unique, Rieven, a été confiée au frère de sa défunte épouse, jusqu’à ce qu’il ne se trouve une nouvelle femme. Seulement, il n’est pas très désireux de se marier. Ce qui compte pour lui, c’est son fils. Miséricordieux, le rabbin lui accorde de pouvoir reprendre Rieven chez lui pendant une semaine. Le père se donnera la plus grande peine pour prouver que lui et l’enfant peuvent être heureux.

Une histoire touchante

Joshua Z. Weinstein a plongé dans sa propre judéité pour donner un aperçu de la vie dans un quartier juif. Si Brooklyn Yiddish rend parfaitement compte de l’atmosphère régnant au sein de la communauté hassidique de Brooklyn, il offre en réalité beaucoup plus. L’histoire raconte l’amour aussi banal qu’immense de l’amour d’un père pour son fils. Le père est certes très maladroit, néanmoins le petit n’a d’yeux que pour lui.

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« Le Grand Jeu » et son grand ennui

Les mercredis du cinéma – Loris S. Musumeci

« Le poker, c’est de l’habileté. »

Molly Bloom descend la piste avec force et détermination. Dès son plus âge, elle est poussée par son père à devenir une championne de ski de bosses. A douze ans, ses espoirs comme son dos se brisent. Pourtant, malgré la recommandation des médecins à cesser la pratique sportive de haut niveau, elle s’y relance à corps perdu un an après son opération. A deux doigts des jeux olympiques, un nouvel accident change sa vie. Désormais incapable de sport, elle part à Los Angeles pour des études de droit. Entretemps, le père autrefois adoré s’est détourné de sa fille, amer.

Nouvelle ville, nouvelle vie. L’ancienne skieuse gagne un peu d’argent dans un bar guindé. Elle y rencontre un pulsionnel homme d’affaire. Cupide de s’offrir une vie plus aisée, elle devient tant son assistante que sa servante. Là, elle est appelée à organiser les parties de poker de son patron, où se rend toute la jet set du jeu. Les rencontres foisonnent. De fil en aiguille, Molly Bloom, se fait un nom. Elle commence à organiser ses propres parties de poker illégales avec de richissimes joueurs. Le succès est grandissant, mais le malheur frappera.

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Western et mélancolie : « Lucky »

Les mercredis du cinéma – Jonas Follonier

Jamais aucun film n’avait réussi à capter cette atmosphère-là. En un tour de force admirable, John Carroll Lynch signe un long-métrage qui restera comme la première trace d’un nouveau genre, mais aussi la dernière. Lucky est une œuvre complète et réunit tous les ingrédients pour allier western et mélancolie. Notre article grand format.

Lucky est la première réalisation de John Carroll Lynch, un acteur déjà confirmé dans le cinéma américain, qui a tourné auprès des plus grands, à l’instar de Clint Eastwood. Avec ce premier long-métrage s’inscrivant dans le cinéma indépendant, Lynch s’empare d’un genre qu’il est tant difficile de renouveler, défi qu’il relève néanmoins avec succès : le western.

Il y a un fait qu’on ne peut pas négliger. L’acteur nonagénaire se trouvant au centre de Lucky, portant d’ailleurs le même nom, qui est son sujet comme son objet, est décédé le 15 septembre, entre la fin du tournage et la sortie du film. Moi-même, je ne le savais pas au moment de la projection. Mais à l’écriture de cette critique, cette dimension funèbre prend tout son sens et son importance, car nous avons bien affaire à un film hommage. Lire la suite Western et mélancolie : « Lucky »

« Le Crime de l’Orient-Express » : Restons-en à la première lecture

Les mercredis du cinéma – Nicolas Jutzet

Film vu en VO

Kenneth Branagh, qui endosse la double casquette de réalisateur et personnage principal, incarnant le célèbre détective belge avec un talent certain, peut se targuer d’avoir réunit une équipe d’acteurs de qualité. Connus et reconnus. Johnny Depp, Penelope Cruz, Michelle Pfeiffer, Judi Dench, Willem Dafoe, Daisy Ridley.

« Il y a le bien, il y a le mal. Entre deux ? Rien. (Hercule Poirot) »

Une enquête réussie

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« Bienvenue à Suburbicon » : Derrière le rêve américain  

Les mercredis du cinéma – Nicolas Jutzet

Ce film évoque l’image caricaturale que se fait chacun de l’american way of life. George Clooney parvient, sans la lourdeur que nous lui connaissons parfois, à faire ressortir les différentes caractéristiques du pays dans les années cinquante. Avec un casting détonnant, qui place Matt Damon dans un rôle inattendu mais maîtrisé, il a su faire de Bienvenue à Suburbicon une œuvre qui devrait permettre à chaque spectateur d’apprécier les cent cinq minutes de film.

Derrière la présentation idyllique d’une Amérique paisible qui permet à sa classe moyenne de s’émanciper, le scénario ouvre des perspectives sur des questions fondamentales. Notamment la santé psychique d’une partie de la population, qui, noyée par son besoin de consommation, semble être prête à s’arranger avec les règles et le savoir-vivre. La relation père-fils, homme-femme, avec ses omissions et ses faiblesses, dévoile une face non soupçonnée de la personnalité du réalisateur.

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Retour manqué pour « La Momie »

Les mercredis du cinéma – Hélène Lavoyer

Une rubrique partenaire de « Cinérevue », l’émission cinématographique de NeuchVox. Prochain direct : lundi 2 octobre 2017, 20h30 – 21h00

Universal Pictures, le plus vieux des studios de production et de distribution américain, nous emmène à la découverte d’un « dark universe » accessible dans une série de films. Cet « univers sombre » est un concept créatif permettant de découvrir un univers cinématographique « de dieux et de monstres ». Il s’agit donc d’animer Dracula, la créature de Frankenstein, et d’autres personnages dans des scénarios revisités. La première fenêtre sur cet univers s’ouvre avec La Momie, rencontrée maintes fois sur les écrans et connue surtout grâce à la trilogie d’Universal Pictures, dans laquelle Brendan Fraser tenait le rôle principal.

Voilà maintenant qu’arrive au cinéma une nouvelle Momie. Ahmanet (Sofia Boutella) est une princesse de l’Égypte ancienne. Fille unique du pharaon, elle sent son destin de reine lui échapper lors de la naissance inattendue d’un frère. Folle de rage, elle scelle avec le terrible dieu Seth un pacte qui lui permettra d’accéder au trône. Mais avant d’avoir pu tuer l’homme dont le corps devait servir d’enveloppe à Seth, Ahmanet est faite prisonnière, embaumée et enterrée vivante loin de son pays natal. Lire la suite Retour manqué pour « La Momie »