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Fanny Ardant en transsexuelle dans « Lola Pater »

Les mercredis du cinéma – Jonas Follonier

Une rubrique partenaire de Cinérevue, l’émission cinématographique de NeuchVox. Prochain direct : lundi 2 octobre 2017, 20h30 – 21h00

Zino (Tewfik Jallab) est un jeune homme d’origine algérienne. Suite à la mort de sa mère, il décide de partir à la recherche de son père perdu de vue vingt ans plus tôt. Quelle ne va pas être alors sa stupéfaction à l’heure des retrouvailles. Ce n’est pas un homme, mais une femme qu’est à présent son père. Signant son cinquième film, Nadir Moknèche a confié le rôle du personnage transsexuel à la délicate Fanny Ardant.

Une interprétation déconcertante

Le public comme la presse sont forcément divisés sur le fait que le héros transgenre de l’histoire ne soit pas incarné par une personne ayant vraiment vécu une telle opération. D’autant plus qu’avec Fanny Ardant, le réalisateur franco-algérien n’a pas choisi l’actrice la moins connue pour sa féminité. Toute une iconographie de femme sublime entoure celle qui s’est fait connaître dans des films comme Pédale douce ou Huit femmes.

Le choix du cinéaste a cependant le mérite d’accorder de l’importance au jeu d’acteur et d’être cohérent avec son métier. Lire la suite Fanny Ardant en transsexuelle dans « Lola Pater »

Emir Kusturica nous emmène sur sa voie lactée avec Monica Bellucci

Les mercredis du cinéma – Jonas Follonier

Une rubrique partenaire de Cinérevue, l’émission cinématographique de NeuchVox. Prochain direct : lundi 2 octobre 2017, 20h30 – 21h00

« D’après trois histoires vraies et une imagination débordante » : ainsi commence On the Milky Road. Dans une Yougoslavie en plein conflit, un petit coin de paysannerie apparaît à l’écran. Des oies, rappelant celles du Capitole qui – selon l’historien latin Tite-Live – prédirent une invasion gauloise, se baignent dans le sang d’un porc que l’on vient de tuer. Un incipit à l’image de tout le long métrage : du tragique et du comique barbouillant dans le même récipient au son de la langue serbe.

Les couleurs, ce sont aussi elles que l’on remarque aussitôt : bien avant le laitier Kosta (interprété par le réalisateur lui-même, Emir Kusturica) et sa sœur Milena (Sloboda Micalovic), c’est le décor qui est le premier personnage du film. Des paysages à couper le souffle, un soleil qu’on dirait divin, des animaux omniprésents. Cet univers est aussi fantasque. Une poule qui sautille devant un miroir, des oiseaux qui dansent, une horloge qui « mord » tous ceux qui veulent la réparer : on comprend que le cinéma de Kusutrica puisse diviser. Lire la suite Emir Kusturica nous emmène sur sa voie lactée avec Monica Bellucci

« Demain tout commence » avec Omar Sy

Les mercredis du cinéma – Jonas Follonier

Le plagiste Samuel (Omar Sy) mène la belle vie, entre soirées arrosées et journées en bateau. Un jour, une « aventure d’un soir » vient lui apporter un bébé qui a curieusement un peu plus de dix mois. Samuel apprend qu’il en serait le père. Et, comble de stupeur, il voit la femme se volatiliser dans un taxi, laissant à Samuel ses affaires et… son enfant. Il va alors s’envoler pour Londres avec le bébé et finalement l’élever dans cette ville aux côtés d’un ami producteur remarquablement bien interprété. La suite, le film vous le dira.

Bien entendu, l’histoire est mielleuse. Bien entendu, le spectateur n’est pas invité à de profondes réflexions. Bien entendu, la mise en scène est « commerciale », comme on dit. Or j’ai de plus en plus de peine à être d’accord avec les médias qui définissent comme mauvaise toute oeuvre jugée populaire, ou efficace. Qu’y a-t-il de foncièrement mauvais à proposer un film qui va plaire à un public large ? N’est-ce pas là plutôt la marque d’un certain talent ? Lire la suite « Demain tout commence » avec Omar Sy

« Le coeur en braille » ou l’échec de cette fin d’année

Les mercredis du cinéma – Jonas Follonier

Marie (interprétée par Alix Vaillot) est une jeune fille atteinte d’une maladie des yeux qui lui fait perdre progressivement la vue. Victor (interprété par Jean-Stan du Pac), un camarade de classe, est épris d’elle, même s’il met du temps à l’avouer. Lui n’a pas de problème de vue : il souffre plutôt de son incapacité à avoir des bonnes notes. S’installe alors une histoire d’amitié puis d’amour entre Victor et Marie, elle lui donnant des cours de soutien, lui l’aidant à cacher sa maladie pour pouvoir participer au concours dont elle rêve tant : une audition de violoncelle.

L’histoire s’annonce prenante, elle est d’ailleurs tirée d’un roman au même titre que le film. Or l’oeuvre qui nous est présentée sur les écrans depuis aujourd’hui possède tant de défauts que cela fait mal au coeur. La réalisation est ratée, voilà bien un constat qui met d’accord Le Monde, Télérama et la plupart des autres médias, auxquels s’ajoute Le Regard Libre. Lire la suite « Le coeur en braille » ou l’échec de cette fin d’année

« Victoria » ou l’écriture d’un genre

Un article inédit de Jonas Follonier

Il est difficile de se prononcer sur le film Victoria sorti le mois dernier. La critique n’est pas unanime, les parents ne partagent pas l’avis de leurs enfants, les voisins ne sont pas d’accord entre eux. Normalement, cette situation résulte d’un clivage opposant d’un côté un public populaire à la recherche de divertissement et, de l’autre, des spectateurs ouverts à la poésie et au cinéma d’auteur.

Ici, il n’en est rien. Dans le camp des satisfaits aussi bien que dans le camp des mécontents, on trouve des vieux et des jeunots, des lourdauds et des intellos, des beaufs et des bobos. La subtile division de la presse et du public semble exprimer ce qui pourrait bien être la force de ce film : un brouillage des pistes. Lire la suite « Victoria » ou l’écriture d’un genre