« Je vais mieux », un bon moment à passer au cinéma

Les mercredis du cinéma – Jonas Follonier

Laurent (Eric Elmosnino) est un quinquagénaire victime du mal du siècle : lors d’un repas avec sa femme et un couple d’amis, il ressent soudain d’affreuses douleurs au dos, alors même qu’il n’a fait aucun faux mouvement. Les spécialistes qu’il consulte ensuite sont unanimes : l’origine est à chercher du côté psychologique. Difficile d’identifier le problème pour cet homme si mou et victime de la méchanceté humaine : le mal vient-il du harcèlement qu’il subit au travail, du divorce que réclame sa femme à sa grande surprise, du manque d’affection de la part de ses parents ? Ou ne faudrait-il pas considérer toutes ces pressions ensemble ?

Je vais mieux, c’est la comédie dramatique dans tout ce qui fait son intérêt. C’est le cinéma français dans ses bonnes allures. Mais Jean-Pierre Améris mise aussi sur la singularité en risquant le grotesque. Dans ce long-métrage, la musique instrumentale de Quentin Sirjacq est au service d’une loufoquerie réussie, portée par le talent des acteurs, le comique de situation et l’originalité de la photographie, comme dans une petite scène où l’on voit défiler artificiellement des enseignes d’hôtel sur fond de Paris nocturne en arrière-plan.

Du côté de la distribution, on saluera – hormis le savoureux Eric Elmosnino – Judith El Zein, qui excelle dans la cinquantenaire insupportable de modernité : « J’ai besoin de faire une pause. J’ai pas envie de parler avec toi. J’ai envie d’être seule. » Alice Pol, elle, est ravissante dans son rôle de femme apportant tendresse et réconfort. Pas même besoin de mentionner la génie intact de François Berléand, dont la participation donne un relief plus intéressant au comique du film. On regretta cependant la présence d’Ary Abittan, qui n’aura jamais réussi à nous convaincre.

Malgré ce bémol pour le second rôle et quelques facilités au niveau du scénario, Je vais mieux se laisse déguster comme un bon moment à passer devant le grand écran. Cette énième comédie frôlant le drame nous ramène à nos soucis présents ou à venir et les transcende par la légèreté du rire et l’imaginaire parisien.

Ecrire à l’auteur : jonas.follonier@leregardlibre.com

Crédit photo : © Filmcoopi

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