Archives du mot-clé cinéma français

« Eva »

Les mercredis du cinéma – Jonas Follonier

Eva est la seconde adaptation cinématographique d’un roman noir écrit par l’auteur britannique James Chase et sorti en 1945. L’ouvrage avait déjà été porté à l’écran par Joseph Losey en 1962, avec Jeanne Moreau dans le rôle de la protagoniste. Cette fois, c’est le réalisateur français Benoît Jacquod qui s’est lancé le défi de ce que lui-même ne considère pas comme une véritable adaptation, ne s’étant basé que sur ses souvenirs de lecture comme point de départ du scénario.

Lire la suite « Eva »

« Chien » : la passivité de la compréhension

Les mercredis du cinéma – Hélène Lavoyer

« On a un personnage qui est dénué de cynisme et qui n’a pas d’ambition. Mais qui va essayer de vivre quand même. » Samuel Benchetrit

Jacques (Vincent Macaigne) est un chien. En tant que tel, il observe les gens. Les aide, de temps en temps. Jacques aime la douceur. C’est un chien. Quand il se fait quitter par sa femme (Vanessa Paradis), Jacques ne dit rien. Il ne pleurniche même pas car il comprend. Mais il revient, trouve les tennis rouge de taille 47 à l’entrée de la porte de la chambre du couple qu’il formait avec elle. Son fils, Victor (Tom Canivet), le surprend dans sa chambre et le regarde depuis son lit alors que Jacques lui sourit dans la pénombre. Il ne dit rien. Ne sourit pas en retour.
Lire la suite « Chien » : la passivité de la compréhension

« Tout le monde debout » pour Franck Dubosc !

Les mercredis du cinéma – Jonas Follonier

Dans cette nouvelle comédie française, le célèbre Franck Dubosc incarne Jocelyn, un riche homme d’affaires menant une vie de Don Juan, et surtout de menteur. « Baiser en étant moi-même, ça ne me tente pas. » Voilà bien la philosophie de vie d’un homme plutôt ridicule et méprisable. Son meilleur ami Max (Gérard Darmon, excellent) ne manque d’ailleurs pas de le lui faire remarquer. « Tu es vraiment fou », dit-il, las, en écoutant les nouvelles histoires de ce manipulateur. La nouvelle idée de Jocelyn ? Se faire passer pour un paraplégique, afin de susciter la pitié et donc l’amour d’une autre handicapée. Celle-ci est incarnée par l’excellente Alexandra Lamy, qui dévoile ici tout son potentiel dramatique. Lire la suite « Tout le monde debout » pour Franck Dubosc !

« La Ch’tite famille » : un film pas très bo(o)n

Les mercredis du cinéma – Thierry Fivaz

Il y a dix ans de cela, à la même période, sortait dans les salles de l’Hexagone et de Suisse romande Bienvenue chez les Ch’tis (2008). Seconde réalisation de l’acteur et humoriste Dany Boon, cette comédie désormais bien connue racontait l’histoire d’un Français du Sud quelque peu affabulateur (Kad Merad) qui se voyait muter – pour son plus grand désarroi – à Bergues, petite ville située dans le Nord, et dans laquelle il rencontrait un Ch’ti au grand cœur (Dany Boon). Cette reprise du tandem antagoniste et l’alchimie qui se dégageait entre les deux comédiens rappelèrent immédiatement certains grands succès du cinéma populaire français – à l’image de La Grande Vadrouille (1966) – et demeure, sans doute, une des raisons de l’incroyable succès de ce film aux vingt millions d’entrées. Lire la suite « La Ch’tite famille » : un film pas très bo(o)n

« Jusqu’à la garde », un thriller réaliste

Les mercredis du cinéma – Marina De Toro

Les lumières éclairent gentiment la salle, le générique de fin défile à l’écran et les sièges sont lourdement silencieux. Certains spectateurs ont de la peine à décrocher leurs yeux de l’écran, car le film qu’ils viennent de voir les a laissés sans voix. Voilà la réaction que peut susciter le long-métrage Jusqu’à la garde réalisé par Xavier Legrand. Ce film nous parle de la complexité des relations familiales, parfois malsaines, et surtout de la difficile épreuve du divorce. Lire la suite « Jusqu’à la garde », un thriller réaliste

« Momo » : mauvais, mauvais…

Les mercredis du cinéma – Jonas Follonier

Dans la comédie Momo, à l’affiche depuis le 27 décembre, Christian Clavier endosse une fois de plus le rôle d’un bourgeois français, bohème ou bourru, peu importe. Oui, car on connaît la chanson. Après un Qu’est-ce qu’on a fait au Bon Dieu ? d’une grande qualité qui tournait en dérision les mariages cosmopolites et un A bras ouverts moyennement apprécié où le jardin de Clavier se faisait envahir par des Roms, le nouveau fond de commerce du célèbre interprète de Jacquouille semble suivre une pente de la mort.

A présent, place à l’arrivée d’un sourd dans la vie du riche. Un sourd ridicule que personne ne comprend et qui apparaîtra bien vite comme le fruit d’une des relations extra-conjugales de Clavier. On peine à rire devant cette énième comédie franchouillarde ne reposant sur rien d’autre que l’adage « on peut rire de tout ». Certes, tout objet est un sujet risible en puissance, mais encore faut-il qu’il soit servi avec goût, surtout au cinéma. Les chefs-d’œuvre Le dîner de cons ou La soupe aux choux ont beau être des comédies françaises à la sauce beauf, elles ne peuvent cependant pas être vues comme de simples copies de brèves de comptoir. Il y a un art de la beaufitude. Lire la suite « Momo » : mauvais, mauvais…

« Les Gardiennes » : plongée dans la vie féminine de la guerre

Les mercredis du cinéma – Hélène Lavoyer

« Il faudra être forte demain. »

Alors qu’entre 1914 et 1918 des corps d’hommes jonchent le sol dans un silence de mort, une autre bataille se mène loin du front : celle de femmes ordinaires, à qui la guerre prit maris, pères, frères et amis. C’est par exemple l’histoire de « Madame Hortense » (Nathalie Baye) et de sa fille Manon (Laura Smet), qui afin de survivre continuent tout comme des milliers d’autres à travailler les champs abandonnés des hommes. La famille réside en France au « Paridier », un domaine agricole qu’elles maintiennent à la sueur de leur corps. Tout aurait été d’une plus grande difficulté si elles n’avaient pas engagé Francine (Iris Bry), petit bout de femme robuste et travailleuse.

Le fils de Madame Hortense – Georges (Cyril Descours) – revient en permission ; un amour sincère naît en lui pour Francine qui se retrouve aux anges. La fin de la guerre aurait pu permettre des retrouvailles, mais c’était sans compter l’effort de Madame Hortense pour placer des rumeurs de racolage avec des soldats américains sur Francine plutôt que sa fille Manon. Licenciée, humiliée et enceinte, Francine doit s’en aller. Elle mettra au monde son enfant, et l’orpheline deviendra mère célibataire à la voix douce et puissante, permettant aux couples de danser leurs retrouvailles.

Lire la suite « Les Gardiennes » : plongée dans la vie féminine de la guerre