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« Jour J » ou l’honneur sauvé du cinéma comique français

Les mercredis du cinéma – Jonas Follonier

Une rubrique partenaire de Cinérevue, l’émission cinématographique de NeuchVox. Prochain direct : lundi 5 juin 2017, 20h30 – 21h00

« La jolie brune Juliette (Reem Kherici, ex-membre de la “Bande à Fifi”, révélée par Canal plus) a fondé avec sa copine Clarisse (Sylvie Testud) une entreprise qui organise des mariages (“Wedding planning”). Un soir, dans un bal costumé, Juliette drague Mathias (Nicolas Duvauchelle) et se le tape dans une calèche. Elle lui laisse sa carte de visite. Mais le lendemain, lorsque la copine de Mathias, la blonde Alexia (Julia Piaton, fille de Charlotte de Turkheim), tombe par hasard sur la carte, le jeune homme, pris de court, prétend qu’il voulait lui faire une surprise : il désire se marier avec elle. Alexia est folle de joie, mais Mathias va désormais devoir organiser un mariage qu’il ne souhaitait pas avec sa petite amie et sa maîtresse d’un soir… » (Les Inrocks)

Il y en a eu suffisamment, ces derniers temps, des comédies ratées servies par nos voisins cinéastes français. Jour J fait exception à la règle. Dieu soit loué ! L’honneur du cinéma comique français est sauf. Si ce second long-métrage de l’élégante Reem Kherici n’est pas un film qui restera dans les mémoires, il réussit néanmoins à faire rire de bon coeur, et c’est tout ce que l’on demande quand on va voir une comédie. Lire la suite « Jour J » ou l’honneur sauvé du cinéma comique français

« A bras ouverts », une comédie pas drôle du tout

Les mercredis du cinéma – Jonas Follonier

Une rubrique partenaire de Cinérevue, l’émission cinématographique de NeuchVox. Prochain direct : lundi 1er mai 2017, 20h30 – 21h00

A bras ouverts. Après le succès de son très bon film Qu’est-ce qu’on a fait au bon Dieu ? (2014) qui mettait en scène Christian Clavier dans le rôle du traditionnel Français de droite confronté au multiculturalisme avec les compagnons de ses filles, Philippe de Chauveron signe son huitième opus. Du côté de la distribution, on retrouve Christian Clavier et Ary Abittan. L’histoire part aussi de la même idée, sauf que cette fois, ce n’est pas la bourgeoisie catholique qui se heurte à la différence, mais la gauche caviar.

En effet, Clavier incarne Jean-Étienne Fougerole, une caricature évidente des intellectuels multiculturalistes à la Bernard-Henri Lévy. Sur un plateau de télévision, il cède à la pression populaire pour ne pas être le perdant du débat et déclare, devant son contradicteur d’extrême-droite, qu’il serait prêt à accueillir des Roms chez lui pour montrer l’exemple. Bien sûr, son appel généreux va être pris à la lettre. Des « gens du voyage » vont débarquer chez lui. Lire la suite « A bras ouverts », une comédie pas drôle du tout

« Monsieur et Madame Adelman »

Les mercredis du cinéma – Jonas Follonier

Nous avions commencé ce mois cinématographique avec Rock ‘n Roll, le navet de Guillaume Canet. Nous terminons le mois avec un film de la même espèce : une comédie où un jeune réalisateur bobo de Paris se met lui-même en scène avec sa compagne. En tous points, le long-métrage signé Nicolas Bedos est mieux réussi que celui de Guillaume Canet, à commencer par l’optique choisie.

En effet, Bedos n’a pas choisi comme Canet de situer l’histoire au même stade temporel que la réalité. Le réalisateur a choisi de raconter l’histoire d’un couple dans la durée. En somme, d’imaginer sa vie avec Doria Tillier depuis l’instant de leur rencontre jusqu’à sa mort. L’idée est excellente, et le choix des acteurs est bon. Dans la salle, on rit beaucoup. Le film fonctionne. Cependant, il faut tout de même lui reconnaître un certain nombre de défauts. Lire la suite « Monsieur et Madame Adelman »

« Rock ‘n roll », un film qui fait honte

Les mercredis du cinéma – Jonas Follonier

L’idée de départ était bonne : créer une comédie sur soi-même, une satire autobiographique. Tel était le pari de Guillaume Canet, acteur et réalisateur français dans la vie et… dans le film en question. Dans son cinquième long-métrage, Canet n’est pas le seul à jouer son propre rôle : il s’entoure de sa compagne Marion Cotillard, de son ami producteur Alain Attal, du musicien Yodelice et compte sur la participation de stars telles que Kev Adams et un certain… Johnny Hallyday.

Dans cette auto-fiction, Guillaume Canet atteint la quarantaine et réalise, à cause de propos tenus par une jeune actrice sur un tournage, qu’il est passé dans la catégorie des vieux acteurs et qu’il n’est plus un objet de désir sexuel pour le public féminin. Il est fini, fichu. Il n’est plus rock. Pire encore : il ne l’a jamais été. Cette révélation sonnera le début d’un volonté pour le moins déjantée de changer son image et de paraître plus jeune. Lire la suite « Rock ‘n roll », un film qui fait honte

« Le Misanthrope », une amère comédie

Promenades théâtrales (6/6)

Le Regard Libre N° 19 – Loris S. Musumeci

« ALCESTE. Je veux que l’on soit homme, et qu’en toute rencontre
Le fond de notre cœur dans nos discours se montre
Que ce soit lui qui parle, et que nos sentiments
Ne se masquent jamais sous de vains compliments. »

C’eût été bien dommage de ne pas trouver de place à l’inimitable Molière dans au moins un des épisodes consacrés à l’art théâtral. Me voici alors avec Le Misanthrope, un chef-d’œuvre présenté à la cour du bon Roy Louis en 1666. Mais quelle pièce étrange ! On ne sait s’il faut rire ou s’inquiéter. Les éléments du ridicule y sont en effet soigneusement estompés, pour laisser place à de plus sérieuses questions, telles que la mesure de l’honnêteté, la valeur de l’amitié ou encore le comportement adéquat en société.

Il semble superflu de raconter la trame du grand classique de Molière encore et encore, toujours et sans cesse. Pour ceux qui de leurs souvenirs scolaires subissent aujourd’hui quelques oublis, Le Misanthrope raconte l’histoire d’un misanthrope authentique, en pensées et actes : Alceste. Ce dernier vit dans une société plus mondaine que les mondanités, où le compliment mignon et respectueux a toujours sa place, où la trahison est une coutume, la médisance un jeu et le sourire un masque. Lire la suite « Le Misanthrope », une amère comédie