Archives pour la catégorie Voyage

Pérou 2017 : Lima et Arequipa

Le Regard Libre N° 31 – Marina De Toro

Pérou 2017 (1/2)

« Es-tu vraiment sûre de vouloir partir aussi loin ? Le Pérou, mais il n’y a rien là-bas ! Tu sais, j’ai entendu que c’était très dangereux comme pays, à ta place je n’irais pas. Mais pourquoi tiens-tu tellement à partir à l’autre bout du monde ? » Voilà les quelques remarques que j’ai reçues lorsque j’ai annoncé que je partais trois semaines au Pérou avec mon compagnon. Résultat, lorsque je suis arrivée là-bas, j’avais très peur, car ces remarques tournaient en boucle dans ma tête et m’ôtaient toute confiance. Mon compagnon et moi-même avons choisi cette destination pour la découverte, l’aventure, mais surtout pour l’histoire du pays que nous n’avons jamais étudiée en Suisse. Selon moi, le voyage est un moyen efficace pour la pratique de l’Histoire, discipline que j’étudie à Neuchâtel. Il permet de se trouver au plus près des événements passés grâce aux documents et monuments subsistants, mais aussi de comprendre le présent qui est le produit même d’une succession d’instants révolus et immuables.

En définitive, je ne vais pas écrire sur tout ce que nous avons fait au Pérou, mais je vais tenter de dépeindre quelques éléments que nous avons appris sur le pays et ses habitants afin de transmettre non seulement notre expérience, mais aussi leur histoire. Les informations que je donne viennent pour la plupart des guides que nous avons côtoyés, des musées et des sites que nous avons visités. Toutes les peurs qui s’étaient manifestées avant le voyage se sont vites estompées, le Pérou étant accueillant et finalement assez accessible. Chaque instant de notre expérience nous a renseigné un peu plus sur le pays, mais aussi sur nous, car, au final, c’est parfois l’ignorance des choses qui mène à la peur de celles-ci. Lire la suite Pérou 2017 : Lima et Arequipa

Regards sur la Perse, été 2016

Le Regard Libre N° 29 – Baptiste Michellod (notre invité du mois)

J’ai eu la chance de vivre l’espace de deux mois en Iran durant l’été passé. Un stage proposé par l’association étudiante internationale AIESEC m’a permis de vivre avec des locaux tout en organisant plusieurs activités pour de jeunes réfugiés afghans vivant à Téhéran.

L’Iran est un pays empli de mystères et rayonnant de beauté. La Perse n’a cessé de m’émerveiller, des crêtes arides de l’Ouest aux imposantes ruines de Persepolis, en passant par Téhéran la Tumultueuse, les mosquées bleues d’Ispahan, les monuments dédiés aux poètes de Shiraz et l’énigmatique cité de Yazd. Longueur d’article oblige, j’ai décidé de me contenter de vous présenter une personne et un lieu qui m’ont tous deux profondément marqué. Lire la suite Regards sur la Perse, été 2016

« Tendi Sherpa, plus haut que l’Everest »

Le Regard Libre N° 23 – Loris S. Musumeci

Armand Dussex est alpiniste et passioné de montagne. Il fut longtemps gardien de la cabane des Audannes. Egalement fondateur du Musée valaisan des bisses, à Anzère, il marque là aussi son attachement à la culture. Ce sont en effet son amour de la montagne ainsi que sa soif inépuisable de découverte qui le poussèrent à partir au Népal, il y a quelques années de cela. Il s’y lia d’amitié avec la famille Sherpa, de l’ethnie du même nom. Armand Dussex raconte, dans cet agréable ouvrage Tendi Sherpa, Plus haut que l’Everest, l’histoire de ses compagnons de l’autre bout du monde, en posant un accent particulier sur son cher Tendi, devenu guide de renom dans la région de l’Himalaya. L’alpiniste écrivain a aussi réalisé d’autres livres, toujours en rapport à la montagne, tels que Des bisses et des hommes. Rencontre à Sion.

Dans votre ouvrage Tendi Sherpa, plus haut que l’Everest, vous écrivez que l’histoire de Tendi Sherpa « n’est pas banale » et que « celle de ses ancêtres est également remarquable ». Pourquoi ?

La famille de Tendi est effectivement particulière. Elle a vécu une première étonnante migration dans les années septante, qui ne provoqua pas seulement un changement de localité, mais un véritable nouveau mode de vie. Ils ont abandonné leur terre, marchant cinq jours durant avec tout leur bétail, pour des motifs, en grande partie, religieux. Là où ils vivaient avant, le monastère était abandonné de tout office car aucun lama (religieux du bouddhisme tibétain) ne s’y trouvait. Moi-même, en 2000, j’ai voulu parcourir ce chemin de migration afin de mieux connaître l’histoire de la famille Sherpa. Aussi, Khamsu, père de Tendi, fut l’acteur d’un second déplacement avec sa femme et ses enfants : celui vers Kathmandou, dans le but de devenir guide de montagne. Voilà pourquoi l’histoire des Sherpa, et par là celle de Tendi, est absolument remarquable. Lire la suite « Tendi Sherpa, plus haut que l’Everest »

Rwanda, la terre du silence

Le Regard Libre N° 20 – Justine Aymon (notre invitée du mois)

Les jeunes de l’Association Tête au Cœur, établie à Sion en Valais, sont partis découvrir le Rwanda avec ses tragédies et ses beautés. Ils ont été accueillis par le Foyer de charité de Remera, situé au nord du pays. Le groupe a pleuré, ri, chanté, dansé, vécu trois semaines durant avec les membres de la communauté.

Une paix. C’est le premier ressenti que j’exprimerais en parlant de ce voyage, de ce pays. La paix des silences.

Il y a le silence des paysages. Ce pays aux mille collines, ces sentiers en terre rouge, ce lac aux îles innombrables, ces volcans aux flancs luxurieux, cette savane vivante d’animaux sauvages, ces champs interminables, ces couchers de soleil rouges.

Il y a le silence de la vie, une vie sans complication quotidienne ni pensée futile, une vie que l’on ne s’imagine pas, que l’on ne théorise pas, une vie que l’on accueille. Cette population si réjouie par l’étranger et la nouveauté, si généreuse et pleine d’amour envers celui qui se présente, dans les repas offerts, les chants d’accueil, les cadeaux de départ. De la danse, beaucoup de danse, et du chant, des messes animées par le djembé, des journées ponctuées par le travail de la terre dans les villages et par des services au foyer, la cuisine, le repassage, la vaisselle, les cours de français. Des femmes et des hommes pieds nus, la tête surplombée par de grandes charges, des bébés accrochés au dos de femmes, d’enfants. Il y a là une vie simplement vécue, sans pourquoi et sans demain. Et une passion, une passion indicible pour la vie. Lire la suite Rwanda, la terre du silence

Voyage au Tibet

Le Regard Libre N° 5 – Cassandre Villar

Quelques mois après le retour d’un voyage bouleversant, une rétrospection s’impose. Cet été, les étudiants et accompagnants de l’Association Tête Au Cœur ont pris leur envol vers des terres lointaines et pourtant si proches. En effet, les paysages comme le mode de vie rustique du Tibet rappelaient le Valais de nos grands-parents. Plus qu’une impression de retour sur nos origines, il s’agissait également de redécouvrir la spiritualité à la base de notre culture. Nous avons eu l’occasion de suivre les pas du Valaisan Bhx Maurice Tornay et ainsi de découvrir, au cas où nous l’aurions oublié, que la religion chrétienne n’est pas seulement un système dogmatique et moralisateur ou, pire encore, naïvement angélique, comme le montre malheureusement parfois certains prêtres ou religieux en Occident, mais d’avantage un ensemble de valeurs humaines et un questionnement de la conscience.

Croyant, athée ou agnostique, chaque étudiant a su trouver dans ce voyage un lieu d’ouverture au monde, à une réalité différente de la nôtre et à un questionnement personnel. L’assemblage de l’effort physique engagé durant l’ascension des sommets et de la prise de conscience face à la réalité des Tibétains persécutés par le communisme chinois fut l’occasion pour chacun d’entre nous de grandir en maturité. Au fil des jours et
des kilomètres, le sens de voyage « de la tête au cœur » devenait de plus en plus clair pour nous. La rencontre avec ces individus si pauvres matériellement et pourtant si humains, l’expérience de la vie de groupe au sein de conditions pas forcément les plus confortables ainsi que la confrontation à notre intériorité lors d’instants plus méditatifs nous ont permis de vivre l’expérience de la rencontre humaine et de la présence au présent.

Puissions-nous ne pas retomber trop rapidement dans l’engrenage du « métro-boulot-dodo » et de la superficialité si chers à notre société en nous remémorant sans cesse les perles acquises lors de ce voyage. Partager les fruits de ce vécu est sans doute une des meilleures manières de faire durer l’aventure au-delà des frontières asiatiques. Par conséquent, je ne peux que vous encourager à faire le pas de prononcer librement un « oui » déterminé aux voyages, aux expériences humaines, aux questionnements, aux risques, à tout ce qui vous positionnera face à vos aprioris… à la vie.