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«Carnivores»: il eût fallu mâcher un peu plus3 minutes de lecture

par Hélène Lavoyer
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Neuchâtel International Fantastic Film Festival (NIFFF) – Hélène Lavoyer

Il y a Mona (Leïla Bekhti). Dans l’ombre, elle continue avec détermination et courage son chemin à la poursuite d’un grand rêve : devenir comédienne. Mais il y a Sam (Zita Hanrot), aussi, sa sœur cadette qui un jour, par hasard, se voit propulsée sur le tournage d’un réalisateur de renom. Puisque les rôles lui passent sous le nez et qu’elle n’a plus d’argent, Mona emménage, pour quelque temps seulement, dans l’appartement de sa sœur et de son mari (Bastien Bouillon), où ils vivent avec leur enfant.

Pendant un court laps de temps, Mona a l’occasion d’observer sa sœur, de vivre avec elle et, finalement, pour elle. C’est d’ailleurs quelque chose que lui reproche leur mère : « Ose un peu t’occuper de toi pour une fois », lui assène-t-elle lors d’un repas de famille. Finalement, après avoir été la répétitrice de sa sœur et lui avoir porté secours dans ce travail difficile qu’est celui d’actrice, Mona se rend compte que l’enfant règne encore en cette dernière. Elle devient hystérique et méchante, refusant tout secours lorsque les événements sont plus difficiles à gérer qu’elle ne le pensait.

Après une ultime crise, l’extravagante Sam disparaît sans laisser de traces ou d’indices. Elle fuit ce qu’elle a construit avec Tom, fuit leur enfant et sa vie de comédienne. Et petit à petit, Mona, toujours à l’appartement, tisse des liens de stabilité et de confiance avec eux. Mais toute bonne chose a une fin, et en dépit de la douleur occasionnée par la perte de sa sœur, cet équilibre risque de se briser à son retour. Mais Mona venue la chercher en Espagne rencontre une Sam inchangée, qu’elle assassine et abandonne dans les bois, pour ne plus avoir à souffrir de son égoïsme.

Un brin d’action

Présenté à l’Open Air du NIFFF, à Neuchâtel, ce long-métrage des frères Yannick et Jérémie Renier correspond en tous points à un thriller psychologique. Nous plongeant dans l’attente d’une dispute entre Sam et Mona et dans la question de savoir jusqu’où l’une supportera d’être la bonne de l’autre, la relation de sororité est explorée en fond, et ce qu’elle a de meilleur comme de pire à offrir est bien présenté à l’écran.

Pourtant, quelque chose chagrine le cinéphile, à l’exemple de ce dramatisme dégoulinant parfois hors du vase, comme s’il suffisait de larmes et de visages en souffrance pour créer une action. De même que l’histoire qui, malgré la qualité des jeux de Leïla Bekhti, Zita Hanrot et Bastien Bouillon, ne questionne pas, laisse dans l’observation le spectateur qui reçoit quelque chose dont son imaginaire ne peut rien faire.

C’est plutôt le travail en amont de la projection, et surtout le tandem Yannick – Jérémie Renier qui donne à Carnivores un intérêt particulier, puisque les deux frères ont créé un film sur une jalousie dont ils ont fait l’expérience – comme au sein de toute fratrie – et qui aurait pu les réduire eux aussi à leur colère s’ils n’avaient pas su trouver chacun leurs rôles propres.

Ainsi, Carnivores n’a de mordant que le mot. Il s’agit d’un film ou tout l’art de la réalisation se trouve dans la lenteur, un rythme dont beaucoup se plaindront à l’issue de la projection. Car c’est tergiverser que de prolonger l’attente d’une fin connue sans donner matière entre deux. Finalement, le scénario semble paresseux, chose regrettable lorsqu’on compare ce dernier au jeu des comédiens, d’une grande qualité.

CARNIVORES (Yannick et Jérémie Renier) – NIFFF – Films of the Third Kind
Cotations :F
Fuyez !
FFFFF
Frustrant
FFFFFFFFF
Fantastique !
Virginia Eufemi
Thierry Fivaz
Jonas Follonier
Hélène LavoyerFFF

Ecrire à l’auteur : helene.lavoyer@leregardlibre.com

Crédit photo : © NIFFF

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