Archives par mot-clé : fraternité

«Les Frères Sisters»: le bon, la brute et la Nature

Les mercredis du cinéma – Alexandre Wälti

Deux frères, le Far West et la lumière. Le Français Jacques Audiard présente Les Frères Sisters. Il se rapproche du blockbuster, sans que son film ne le devienne. Il a un pied dans les codes du western et l’autre dans ceux de l’esthétique visuelle. Une aventure dans laquelle de la brutalité naît une forme de fraternité.

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Père, pain, pardon: la visite du pape François à Genève

Le Regard Libre N° 41 – Loris S. Musumeci

Le pape François était attendu depuis peu, mais il était très attendu. Sa visite à Genève du 21 juin dernier a été marquée par une forte valeur symbolique au niveau politique et œcuménique ; par une forte valeur émotionnelle pour la population. Outre le discours central prononcé au COE (Conseil œcuménique des Eglises), il y avait l’homélie qui suscitait l’impatience. Qu’aurait-il bien pu dire, ce brave homme, aux bons Suisses ? Une fois le prêche accompli, l’ardeur est passée ; le message, lui, a demeuré.

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« Carnivores » : il eût fallu mâcher un peu plus

Neuchâtel International Fantastic Film Festival (NIFFF) – Hélène Lavoyer

Il y a Mona (Leïla Bekhti). Dans l’ombre, elle continue avec détermination et courage son chemin à la poursuite d’un grand rêve : devenir comédienne. Mais il y a Sam (Zita Hanrot), aussi, sa sœur cadette qui un jour, par hasard, se voit propulsée sur le tournage d’un réalisateur de renom. Puisque les rôles lui passent sous le nez et qu’elle n’a plus d’argent, Mona emménage, pour quelque temps seulement, dans l’appartement de sa sœur et de son mari (Bastien Bouillon), où ils vivent avec leur enfant. Continuer la lecture de « Carnivores » : il eût fallu mâcher un peu plus

« Hotel Jugoslavija » : un regard sur la Yougoslavie et sa nudité

Les mercredis du cinéma – Loris S. Musumeci

« Il y a la grande Histoire, celle qui dirige ; et il y a la petite Histoire, celle qui subit, celle des gens. »

Nicolas Wagnières traite d’un bâtiment de la grande Histoire, l’Hotel Jugoslavija à Belgrade. Le film est pourtant de l’ordre de la petite Histoire. Ce documentaire n’a en effet rien d’un article encyclopédique qui voudrait se consacrer à la connaissance de l’édifice lui donnant son titre. Le réalisateur livre un regard personnel de la Yougoslavie et de l’hôtel qui le hante, si symbolique à ses yeux d’un temps révolu. Il présente à l’écran également l’Histoire « des gens », ceux qui ont cru en la fédération yougoslave, qui ont porté dans leur cœur l’Hotel Jugoslavija, mais qui ont subi aussi la mort d’une nation et qui la voient aujourd’hui nue et détruite.

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Van Gogh, si près du théâtre albeldien

Le Regard Libre N° 37 – Jonas Follonier

La pièce a été créée par la Compagnie Hussard de Minuit au Théâtre Interface, à Sion, du 2 au 11 mars 2018. Son sujet ? Les lettres épistolaires que se sont envoyées un certain Vincent van Gogh et son frère Théo. La mise en scène est signée Stéphane Albelda ; le célèbre peintre est incarné par Stéphane Liard. Ce spectacle visuel « si près de la nuit étoilée » sera rejoué du 5 au 17 juin 2018 à Lausanne.

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Balade photographique

Le Regard Libre N° 36 – Marina De Toro

Un mardi après-midi, vers quatorze heures, je décide d’embarquer mon frère dans une balade photographique. Depuis plusieurs jours, le froid et le brouillard ont pris le dessus et il est difficile de distinguer le gris des autres couleurs qui normalement dépeignent le paysage jurassien. Mais ce 13 février 2018, c’est un soleil radieux qui se lève et ranime la ville et ses habitants. Le fin manteau de neige disparaît peu à peu, il humidifie le sol et laisse apparaître les souvenirs du carnaval sacré de la région. C’est non seulement une journée ensoleillée, mais c’est aussi un énième jour de fête où les chars et les confettis sont mis à l’honneur par les jeunes et les plus expérimentés.

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« Lion », une ode bouleversante à la fraternité

Les mercredis du cinéma – Jonas Follonier

Une rubrique partenaire de Cinérevue, l’émission cinématographique de NeuchVox. Prochain direct : lundi 1er mai 2017, 20h30 – 21h00

Bouleversant. Tel est l’adjectif sans doute le plus adapté à ce drame tiré d’une histoire vraie. Lion raconte le destin incroyable du jeune indien Saroo, cinq ans, qui se retrouve enfermé dans un train après avoir perdu de vue son frère Guddu. Les portes du wagon ne s’ouvriront que 1500 kilomètres plus tard, à Calcutta. Après des jours d’errance, le jeune garçon est intégré à un orphelinat avant d’être adopté par un couple d’Australiens.

Vingt ans plus tard, Saroo traverse une crise existentielle et cherche à retrouver son village natal avec l’aide du logiciel Google Earth et des quelques souvenirs qui lui restent de cette fameuse nuit où tout a basculé. Cela fait trop longtemps qu’il est rongé par le désir de retrouver sa mère et son frère biologiques. De tout son coeur, il veut que sa première famille sache qu’il va bien, même après toutes ces années.

La première partie du film, présentant au spectateur l’histoire hallucinante du petit garçon depuis le soir où il a été séparé de son frère jusqu’au jour où il va rencontrer ses parents adoptifs, constitue un chef d’oeuvre à elle toute seule. Les lumières sombres, l’omniprésence de la ferraille, les bruits inquiétants du train, tout est traité sous le regard de l’enfant. Le spectateur se retrouve dans un véritable cauchemar, extrêmement bien mis en scène, où le wagon se transforme en prison ; les hommes en monstres ; et le temps, et la faim, et la soif, en supplices. Continuer la lecture de « Lion », une ode bouleversante à la fraternité

Le bien social, pour tous ou pour chacun ?

Le Regard Libre N° 11 – Loris S. Musumeci

A vos urnes, prêts, partez ! Et le coup de revolver qui retentit dans le cœur de tout électeur. S’il est alors une période particulièrement intéressante pour s’interroger sur l’affaire publique, c’est bien celle-ci. Les chambres du national sont renouvelées. Très bien, mais à quoi bon ? Plus profondément, on peut aller jusqu’à se demander quel est le rôle de la politique. Philosophiquement, cette quête intellectuelle rejoint au plus intime d’elle-même la question du bien ; en le considérant, de toute évidence, au service du citoyen. C’est à ce point, en fait, qu’il devient autant complexe que difficile à penser. En effet, si l’on considère le bien social, il faut aussi réfléchir tantôt à la responsabilité politique du bonheur de l’homme – dans quelle mesure ce bien proposé pourra-t-il combler l’homme ? – tantôt au détachement du public face au privé au nom du respect de la liberté de chacun. De plus, en parlant du citoyen comme destinataire de ce bien, il est primordial de comprendre en quoi et comment il l’est. Cherche-t-on un bien pour tous, dans la collectivité et sans intimité, ou un bien pour chacun, dans la proximité, voire la filiation à l’Etat ? En somme, quel comportement du bien social ? Pour tous ou chacun ? Continuer la lecture de Le bien social, pour tous ou pour chacun ?