Eine mögliche Form des Liberalkonservatismus 

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geschrieben von Jonas Follonier · 17. April 2026 · 0 Kommentare

Da der Liberalkonservatismus ein Erbe verankert, dessen Herzstück die individuelle Freiheit ist, kann er eher eine kohärente Synthese als einen schwachen Kompromiss bilden. Hier ist eine Skizze, die sowohl auf Burke, Scruton und Kolnai als auch auf Smith, Tocqueville und Hayek zurückgreift.

Statt eines lauwarmen oder inkohärenten Kompromisses zwischen zwei Doktrinen kann der Liberalkonservatismus eine solide Artikulation zwischen zwei grundlegenden Intuitionen sein. Diese Hypothese habe ich letzten Monat in Lausanne bei der Ligue vaudoise zu verteidigen versucht. Hier ist der Kern meiner Ausführungen, angereichert durch die fruchtbaren Diskussionen, die diese Veranstaltung ermöglichte – wofür ich den Organisatoren nochmals danken möchte.1

Liberalismus

Dans son sens le plus rigoureux, le libéralisme est une idéologie politique qui postule la valeur de la liberté individuelle et qui en fait la seule valeur proprement politique. En ce sens, l’Etat n’est tout au mieux légitime qu’en tant qu’il garantit cette liberté, en empêchant les individus de se contraindre mutuellement. Cette conception s’inscrit dans une logique de liberté négative – l’absence de contraintes – et se distingue clairement des visions contemporaines qui multiplient les «droits à» ou assignent à la politique une mission d’émancipation globale. Le libéralisme invite les individus à s’améliorer – mais pas à l’Etat de le faire à leur place.

Il importe également de préciser ce que le libéralisme ne dit pas. Le libéralisme ne prédit pas d’évolution inéluctable du monde: le futur est ouvert – il n’y a pas de «sens de l’histoire», ou alors, s’il en existe un, nous ne pouvons pas le connaître par avance. Le libéralisme s’abstient également de proposer une société parfaite. Car, même à supposer qu’une telle société existe et qu’il n’y aurait besoin de contraindre personne pour faire advenir cette configuration idéale, le libéral se demande bien comment on pourrait savoir avec certitude en quoi elle consiste. Le libéralisme se limite à une théorie de l’Etat, qui permet à ses citoyens de dessiner par eux-mêmes les contours de leur vie et donc de la société. Tel que défini ici, le libéralisme n’est donc pas un progressisme, au même titre que le conservatisme.

Konservatismus

Der Konservatismus hingegen will Dinge bewahren, die wir bereits den Wert erfahren. Dazu gehört auch die Tradition. Daher ist der Konservative sehr an den Begriffen der Überlieferung oder der Kontinuität interessiert. Diese Ideologie erkennt eine Form von Weisheit in dem, was existiert eher als in dem, was könnte oder sollte bestehen. Ebenso haben Praktiken oder Gegenstände, die die Zeit überdauert haben, eine gewisse Vermutung zu ihren Gunsten. Konservatismus gilt also nur unter sonst gleichen Bedingungen. Er bricht mit dem rationalistischen Ansatz der Politik, also der Kunst, eine politische Linie auf der Grundlage von entdeckten Prinzipien festzulegen a priori.

Ainsi, la charge de la preuve revient au partisan du changement, et non au partisan du statu quo. Pour autant, le conservateur ne prône pas l’immobilisme, au même titre que le libéral. D’une part, préserver un héritage implique de se dresser contre ce qui vient lui nuire. D’autre part, il n’y a pas de mal à créer des choses de valeur en copiant celles que nous connaissons déjà, comme le soutient le philosophe hongrois Aurel Kolnai.

Was sie beide ablehnen

Da der Liberalismus kein Fortschritt und der Konservatismus kein Stillstand ist, ist es nicht abwegig, wenn schon nicht ihre Kompatibilität, so doch zumindest die Form zu erwägen, die ihre Versöhnung oder Synthese annehmen könnte. Dazu müssen wir zunächst feststellen, was diese beiden Denkschulen verbindet.

Zunächst eine gemeinsame Ablehnung der révolutions violentes: la liberté et la tradition en sont des victimes assurées.

Liberalismus und Konservatismus sind auch Ausdruck des gleichen Misstrauens gegenüber der Politik als Instrument der sozialen Transformation. Der Staat hat nicht die Aufgabe, Einzelpersonen, Familien und andere Unternehmen nach einem einheitlichen Muster zu formen. Er setzt lediglich einen Rahmen für ihre eigene Entwicklung.

So wird eine klare Unterscheidung zwischen dem Staat und der Zivilgesellschaft getroffen - letztere ist ein komplexes Geflecht aus Institutionen, Praktiken und Bindungen, das nicht mit den staatlichen Instanzen identisch ist und reich an erworbenen Erfahrungen ist, die es ihr ermöglichen, zu funktionieren.

D’où aussi une défense de la décentralisation: plus le pouvoir est proche des réalités locales, mieux il les comprend.

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Enfin, le libéral et le conservateur rejettent la confiscation de la propriété privée. Le premier au nom de la protection de la liberté, le second au nom de la protection de l’héritage, «ce qui est commun au plus grand nombre faisant l’objet des soins les moins attentifs», selon la formule d’Aristote.

En résumé, les libéraux et les conservateurs s’opposent à l’insurrectionnisme, au totalitarisme, au centralisme et au collectivisme, qu’ils associent à la troisième grande idéologie politique moderne: le socialisme. Ils ne se reconnaissent pas non plus dans le progressisme, ni dans l’immobilisme.

Der Liberal-Konservatismus

In Anbetracht dessen gibt es auch eine positive Möglichkeit, eine gemeinsame Agenda für diese beiden Ideologien zu definieren. Denn es gibt nicht nur Dinge, die beide wollen, sondern auch Dinge, die beide wollen. verhindern, sondern auch die Elemente, die sie werten. Unsere Hypothese wird sein, dass der Liberalkonservatismus nichts anderes ist als die Verteidigung dieses gemeinsamen Programms – ein Programm, das nicht nur notwendig ist, sondern auch ausreichend.

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Il y aurait beaucoup à dire sur ce programme, mais il correspond dans les grandes lignes à celui du conservatisme britannique. Celui qui, sous la plume d’Edmund Burke ou de Roger Scruton, fait de la liberté le cœur d’un héritage à défendre – mais un héritage qui ne se résume pas à cette dernière, car il inclut également des institutions, des mœurs… Il s’agit d’un conservatisme situé géographiquement – en Occident – et temporellement – après la Révolution.

Ce conservatisme-là – excluant ceux de l’Ancien Régime – est compatible avec une certaine tradition européenne du libéralisme. Pas celle, rationaliste, de John Locke ou de Frédéric Bastiat, qui justifie la valeur de la liberté sur la base de droits naturels abstraits et sur le principe de non-nuisance. Mais le libéralisme empiriste d’Alexis de Tocqueville ou de Friedrich von Hayek, fondé sur l’expérience: la liberté est défendue parce qu’elle a produit historiquement des sociétés plus enviables que lorsqu’elle a été brimée. Peut-être a-t-elle une valeur en soi, comme l’affirment les libéraux rationalistes, mais ce qui est sûr, c’est que la liberté a de meilleures conséquences que sa négation.

Der Philosoph und Wirtschaftswissenschaftler Adam Smith (1723-1790), eine Figur der schottischen Aufklärung.

Le seul pas que le libéral empiriste doit faire en direction du conservateur est d’admettre que le développement des sociétés libres n’a été possible que sur un certain terreau culturel. Pas celui de l’islam ou de l’hindouisme, donc, mais des vertus bourgeoises de la responsabilité, du travail, de l’investissement ou encore de la tolérance, comme le soutient l’économiste américaine Deirdre McCloskey. Ce n’est donc pas nur die Freiheit, die es zu verteidigen gilt. In meinen Augen ist daher eine grundlegende öffentliche Bildung von grösster Bedeutung, ebenso wie die Kontrolle der Einwanderung.

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Dans cette optique, héritage et liberté deviennent consubstantiels. Tradition et progrès également: qu’est-ce qu’une tradition, sinon un savoir issu de l’épreuve du temps, d’essais et erreurs qu’un individu à lui seul n’aurait pas pu accumuler? Bref, une somme de progrès émergeant de l’intelligence collective – et non de l’Etat. Du haut des Lumières écossaises, la main invisible d’Adam Smith nous montre une forme possible de libéral-conservatisme, au service des sociétés ouvertes.

Abschluss in Philosophie und von Beruf Journalist, Jonas Follonier ist Gründer und Chefredakteur des Regard Libre. Schreiben Sie dem Autor: jonas.follonier@leregardlibre.com.

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Jonas Follonier
Jonas Follonier

Bundeshauskorrespondent für «L'Agefi», Singer-Songwriter, Jonas Follonier ist Gründer und Chefredakteur von «Regard Libre».

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