Archives par mot-clé : travail

Le scénario de la vie de Woody Allen

Il ne s’agit pas d’une autobiographie quelconque. Le parcours du personnage qui se raconte y est certes pour quelque chose, mais cela ne fait pas tout. Aussi impressionnant soit le cinéma de Woody Allen, il n’assure pas un tel plaisir à la lecture d’un pavé de 534 pages qui est divisé ni en parties ni en chapitres. Point de travail de mémoire, mais un travail de divertissement. Le réalisateur endosse à nouveau l’habit de l’écrivain pour romancer une vie aussi hilarante que ridicule, et donc touchante. Lire «Soit dit en passant», c’est passer un bon moment de rires et de complicité avec le principal concerné.

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Eloge du travail

Le Regard Libre N° 63Jonas Follonier

Il peut paraître vieux jeu de faire l’éloge du travail. Cela peut même sembler gonflé à un moment où tant d’individus ont dû faire des sacrifices pour lutter collectivement contre la crise. Il n’aura cependant échappé à personne que la crise sanitaire due au Covid-19 s’accompagne entre autres d’une crise économique et que celle-ci, selon plusieurs analystes reconnus s’étant exprimés dernièrement, pourrait bien être encore pire que celle-là. Pire, au sens où elle pourrait engendrer davantage de morts.

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«Le regard de Charles» de là où il se trouve à présent

Les mercredis du cinéma – Loris S. Musumeci et Jonas Follonier

C’est un objet cinématographique bouleversant qui sort aujourd’hui. Surtout que le film est signé… Charles Aznavour. «A l’inverse de mes chansons, je n’ai jamais dévoilé mes images.» C’est maintenant chose faite avec Le regard de Charles, réalisé par Marc Di Domenico, reprenant les petits films qu’Aznavour, en secret, avait tournés avec sa caméra amateur pendant des décennies. On y entend également, portés par la voix de Romain Duris, des textes du quotidien écrits par le maître de la chanson française.

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«Jean-Christophe et Winnie»: enfance et quête de soi

Les mercredis du cinéma – Virginia Eufemi

«Jean-Christophe, quel jour on est?
Aujourd’hui, Winnie.
Oh! mon jour préféré!»

Un samedi après-midi pluvieux, la salle de cinéma est remplie d’enfants qui courent et jouent à cache-cache entre les rangées de sièges. Parents et grands-parents, armés de véritables seaux de pop-corn et autres friandises, ont amené leurs fratries, accompagnées de petits copains d’école, voir les (nouvelles) aventures des célèbres peluches Disney. Quelles peluches? Mais les amis de Winnie voyons! Le petit ours jaune au T-shirt rouge trop court et au cerveau trop petit. Mais ces enfants savent-ils encore de qui il s’agit? Connaissent-ils tous les habitants de la Forêt des Rêves bleus? On en douterait à voir leurs réactions…

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«Ceux qui travaillent», quand le cinéma suisse de qualité se fait attendre

Les mercredis du cinéma – Loris S. Musumeci

«De quel côté tu veux être? Ceux qui travaillent ou les autres?»

Franck est une bête au travail. Il ne lâche rien. Jour et nuit, il a les yeux rivés sur son téléphone et sur son ordinateur. Son bureau, c’est sa deuxième maison, ou plutôt sa première tant il y passe du temps. Les sentiments n’existent pas pour lui. L’argent, l’entreprise et le profit sont les seuls moteurs de sa vie. Depuis Genève, il gère les déplacements de navires de commerce à travers le monde. Chaque petite erreur peut coûter des centaines de milliers de francs à l’entreprise. Un jour, le commandant d’un bateau lui signale qu’un Libérien clandestin s’est infiltré dans le bateau. Impossible de faire marche arrière; impossible de le ramener en Europe. «Débarrassez-vous de lui!» L’histoire ne tarde pas à être connue de ses supérieurs. Et c’est le licenciement.

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Michael Mooleedhar, un cinéaste qui apporte à Fribourg la danse et l’insouciance trinidadiennes

Le Regard Libre N° 38 – Loris S. Musumeci

Dreadlocks, chapeau et écharpe arborant les couleurs de la République de Trinité-et-Tobago. C’était la tenue de Michael Mooleedhar au Festival International de Films de Fribourg. Le cinéaste y a présenté son premier long-métrage : Green Days by the River, adaptation du roman éponyme de Michael Anthony. Rencontre au rythme de la danse et de l’insouciance.

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Une société du plein travail est indispensable

Le Regard Libre N° 38 – Nicolas Jutzet

Dans son dernier ouvrage, Le travail est l’avenir de l’homme, Nicolas Bouzou sollicite l’économie, l’histoire et la philosophie. Le verdict est clair : la fin du travail n’est ni enviable ni envisageable. Sa mutation, oui.

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Bastien Roubaty, du caractère dès les premières vendanges

Les lettres romandes du mardi – Nicolas Jutzet

Le premier roman de Bastien Roubaty, étudiant en littérature et histoire, est une belle promesse. Parvenant parfaitement à mêler les différents univers, avec un bémol en fin de récit qui cède à la facilité des clichés , il signe un ouvrage réussi, donnant d’ores et déjà envie de le lire les prochains. Plongée dans 174 pages passionnantes.

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Campagne No Billag: une occasion pour la presse de se réinventer

Le Regard Libre N° 36Jonas Follonier

L’initiative «No Billag», aussi extrême soit-elle, aura eu le mérite de poser des questions intéressantes concernant les médias en Suisse, dont la plus importante est la suivante: voulons-nous financer des chaînes de radio et de télévision étatiques? Le débat démocratique qui a eu lieu n’est que le début – nous l’espérons – d’une discussion plus large concernant les missions du service public ainsi que le journalisme en Suisse.

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« L’Insulte », un procès volé

Les mercredis du cinéma – Loris S. Musumeci

« Je vous préviens, il doit s’excuser. »

Toni (Adel Karam) est fier. Sa femme attend un enfant et il économise pour acheter l’appartement où vivra sereinement la famille. Son garage de mécanicien est à deux pas du bâtiment. Les heures supplémentaires ne font pas peur à ce chrétien libanais qui voit le travail comme une grâce. Yasser (Kamel El Basha) est aussi fier et travailleur que Toni. Différence de base : c’est un réfugié palestinien musulman.

Un matin, la gouttière du balcon de Toni coule. Yasser, contremaître sur le chantier dans le quartier de ce dernier, lui demande de pouvoir effectuer les travaux nécessaires. Le chrétien refuse avec arrogance ; le musulman s’obstine est met quand même la gouttière aux normes. Vexé que la légère réparation se soit faite sans son autorisation, Toni casse à coups de marteau le travail de Yasser, lequel lui lance un « sale con ! ». Les tensions montent progressivement, jusqu’à en arriver aux poings. L’affaire finit au tribunal, dans un procès qui prend des proportions inattendues, convoquant l’histoire douloureuse des deux hommes et l’Histoire qui les a forgés.

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