Archives par mot-clé : travail

«Jean-Christophe et Winnie»: enfance et quête de soi

Les mercredis du cinéma – Virginia Eufemi

«Jean-Christophe, quel jour on est?
Aujourd’hui, Winnie.
Oh! mon jour préféré!»

Un samedi après-midi pluvieux, la salle de cinéma est remplie d’enfants qui courent et jouent à cache-cache entre les rangées de sièges. Parents et grands-parents, armés de véritables seaux de pop-corn et autres friandises, ont amené leurs fratries, accompagnées de petits copains d’école, voir les (nouvelles) aventures des célèbres peluches Disney. Quelles peluches? Mais les amis de Winnie voyons! Le petit ours jaune au T-shirt rouge trop court et au cerveau trop petit. Mais ces enfants savent-ils encore de qui il s’agit? Connaissent-ils tous les habitants de la Forêt des Rêves bleus? On en douterait à voir leurs réactions…

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«Ceux qui travaillent», quand le cinéma suisse de qualité se fait attendre

Les mercredis du cinéma – Loris S. Musumeci

«De quel côté tu veux être? Ceux qui travaillent ou les autres?»

Franck est une bête au travail. Il ne lâche rien. Jour et nuit, il a les yeux rivés sur son téléphone et sur son ordinateur. Son bureau, c’est sa deuxième maison, ou plutôt sa première tant il y passe du temps. Les sentiments n’existent pas pour lui. L’argent, l’entreprise et le profit sont les seuls moteurs de sa vie. Depuis Genève, il gère les déplacements de navires de commerce à travers le monde. Chaque petite erreur peut coûter des centaines de milliers de francs à l’entreprise. Un jour, le commandant d’un bateau lui signale qu’un Libérien clandestin s’est infiltré dans le bateau. Impossible de faire marche arrière; impossible de le ramener en Europe. «Débarrassez-vous de lui!» L’histoire ne tarde pas à être connue de ses supérieurs. Et c’est le licenciement.

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Michael Mooleedhar, un cinéaste qui apporte à Fribourg la danse et l’insouciance trinidadiennes

Le Regard Libre N° 38 – Loris S. Musumeci

Dreadlocks, chapeau et écharpe arborant les couleurs de la République de Trinité-et-Tobago. C’était la tenue de Michael Mooleedhar au Festival International de Films de Fribourg. Le cinéaste y a présenté son premier long-métrage : Green Days by the River, adaptation du roman éponyme de Michael Anthony. Rencontre au rythme de la danse et de l’insouciance.

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Une société du plein travail est indispensable

Le Regard Libre N° 38 – Nicolas Jutzet

Dans son dernier ouvrage, Le travail est l’avenir de l’homme, Nicolas Bouzou sollicite l’économie, l’histoire et la philosophie. Le verdict est clair : la fin du travail n’est ni enviable ni envisageable. Sa mutation, oui.

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« Candelaria », une fresque délabrée d’un couple au crépuscule

Les mercredis du cinéma – Virginia Eufemi

La Havane, Cuba, 1994. L’île subit l’embargo économique américain. Des voix d’opposition retentissent à la radio, les gens envahissent les rues pour protester contre la crise, mais le vieux couple que nous suivons semble passer à côté de ces événements, trop occupé à assouvir ses propres besoins primaires – un repas chaud, de l’eau courante, de l’électricité. Candelaria, proche des quatre-vingts ans, travaille encore – les conditions économiques l’obligent –, malgré son âge avancé, comme femme de chambre dans un établissement touristique. Le soir, dans un local, elle chante des airs typiques accompagnée d’un petit orchestre.

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Bastien Roubaty, du caractère dès les premières vendanges

Les lettres romandes du mardi – Nicolas Jutzet

Le premier roman de Bastien Roubaty, étudiant en littérature et histoire, est une belle promesse. Parvenant parfaitement à mêler les différents univers, avec un bémol en fin de récit qui cède à la facilité des clichés , il signe un ouvrage réussi, donnant d’ores et déjà envie de le lire les prochains. Plongée dans 174 pages passionnantes.

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Une occasion pour la presse de se réinventer

Le Regard Libre N° 36 – Jonas Follonier

L’initiative « No Billag », aussi extrême soit-elle, aura eu le mérite de poser des questions intéressantes concernant les médias en Suisse, dont la plus importante est la suivante : voulons-nous financer des chaînes de radio et de télévision étatiques ? Le débat démocratique qui a eu lieu n’est que le début – nous l’espérons – d’une discussion plus large concernant les missions du service public de notre pays ainsi que le journalisme suisse. Continuer la lecture de Une occasion pour la presse de se réinventer

« L’Insulte », un procès volé

Les mercredis du cinéma – Loris S. Musumeci

« Je vous préviens, il doit s’excuser. »

Toni (Adel Karam) est fier. Sa femme attend un enfant et il économise pour acheter l’appartement où vivra sereinement la famille. Son garage de mécanicien est à deux pas du bâtiment. Les heures supplémentaires ne font pas peur à ce chrétien libanais qui voit le travail comme une grâce. Yasser (Kamel El Basha) est aussi fier et travailleur que Toni. Différence de base : c’est un réfugié palestinien musulman.

Un matin, la gouttière du balcon de Toni coule. Yasser, contremaître sur le chantier dans le quartier de ce dernier, lui demande de pouvoir effectuer les travaux nécessaires. Le chrétien refuse avec arrogance ; le musulman s’obstine est met quand même la gouttière aux normes. Vexé que la légère réparation se soit faite sans son autorisation, Toni casse à coups de marteau le travail de Yasser, lequel lui lance un « sale con ! ». Les tensions montent progressivement, jusqu’à en arriver aux poings. L’affaire finit au tribunal, dans un procès qui prend des proportions inattendues, convoquant l’histoire douloureuse des deux hommes et l’Histoire qui les a forgés.

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« Normandie Nue »

Les mercredis du cinéma – Alexandre Wälti

Curieusement, à la sortie du cinéma Studio de Neuchâtel, sous la pluie presque normande, piquante et froide, les mots du poète belge Emile Verhaeren clapotaient dans la tête comme un rayon de soleil poétique réchauffant la gouille triste de l’arrêt de bus :

« Je marche avec l’orgueil d’aimer l’air et la terre »

Essentiel, simple et direct comme les thèmes qu’aborde Philippe Le Guay dans Normandie Nue. Ce vers du poème Un matin colle parfaitement au propos du film. Il fait assurément écho à l’amour qu’ont les habitants du village de Mêle-sur-Sarthe pour leurs contrées. Celui que le réalisateur – aussi de l’excellente comédie Les femmes du 6ème étage – a filmé entourant de son baume François Cluzet, interprétant le maire du village. Parce que oui ! certains agriculteurs qui apparaissent à l’écran, à l’image de la famille Roguet, ne sont point acteurs et exercent quotidiennement, avec fierté, le plus vieux métier du monde. Oui, il y en a un deuxième. Cette présence de vrais paysans au milieu des acteurs est inédite.

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« Les Gardiennes » : plongée dans la vie féminine de la guerre

Les mercredis du cinéma – Hélène Lavoyer

« Il faudra être forte demain. »

Alors qu’entre 1914 et 1918 des corps d’hommes jonchent le sol dans un silence de mort, une autre bataille se mène loin du front : celle de femmes ordinaires, à qui la guerre prit maris, pères, frères et amis. C’est par exemple l’histoire de « Madame Hortense » (Nathalie Baye) et de sa fille Manon (Laura Smet), qui afin de survivre continuent tout comme des milliers d’autres à travailler les champs abandonnés des hommes. La famille réside en France au « Paridier », un domaine agricole qu’elles maintiennent à la sueur de leur corps. Tout aurait été d’une plus grande difficulté si elles n’avaient pas engagé Francine (Iris Bry), petit bout de femme robuste et travailleuse.

Le fils de Madame Hortense – Georges (Cyril Descours) – revient en permission ; un amour sincère naît en lui pour Francine qui se retrouve aux anges. La fin de la guerre aurait pu permettre des retrouvailles, mais c’était sans compter l’effort de Madame Hortense pour placer des rumeurs de racolage avec des soldats américains sur Francine plutôt que sa fille Manon. Licenciée, humiliée et enceinte, Francine doit s’en aller. Elle mettra au monde son enfant, et l’orpheline deviendra mère célibataire à la voix douce et puissante, permettant aux couples de danser leurs retrouvailles.

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