Joyeux Noël malgré tout

Article inédit – Jonas Follonier

Malgré la morosité ambiante due à un virus qui nous aura plus divisés qu’unis, à des mesures sanitaires qui dictent nos sujets de conversation comme notre vocabulaire et à une incapacité de nous projeter dans l’avenir,

Malgré les nouveaux tabous, notamment liés au Covid, qui s’ajoutent à une liste d’anciens tabous qui n’ont pas vraiment disparu, voire qui reviennent encore plus en force, tels que ceux véhiculés par les différents puritanismes contemporains (bonjour la liberté d’expression autour de la dinde de Noël),

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Malgré toutes ces indignations nombrilistes qui se veulent politiques (comme la récente pression exercée sur la comédienne romande Claude-Inga Barbey ou l’arrivée chaque cinq jours et demi d’une nouvelle lettre de l’alphabet dans l’étiquette «LGBTTQQIAAP») et ces débats politiques qui ne se font pas (soit parce que c’est «trop compliqué», soit parce que c’est «trop polémique», soit parce que la partie adverse est malhonnête),

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Malgré cette passivité des uns et des autres, accentuée – ou du moins mise en lumière – par la crise, et en dépit de notre attitude hypocrite envers les GAFA, auxquelles nous reprochons le vol de nos données et le monopole qu’elles représentent, alors que nous, consommateurs, sommes en grande partie responsables de l’un comme de l’autre (et que nous jèterons un œil chaque minute à notre téléphone le 31, si si),

Malgré une baisse de niveau dans les écoles obligatoires et les universités, une inculture historique, philosophique et institutionnelle des jeunes et des moins jeunes qui va nous coûter cher, un déficit d’exigence de la part des professeurs et des formateurs qui les ont… formatés, et idem pour le monde professionnel (et si 2022 devenait l’année du retour de l’effort, du mérite, de l’humilité et donc du dépassement de soi?),

Malgré ce manque de curiosité auquel nous nous livrons tous plus au moins, alors qu’internet et la mobilité nous offrent des possibilités immenses en termes d’accès au savoir, d’occasions de nous exprimer, de découverte de l’autre, de ses idées, de son vécu, de ses talents, de sa beauté, de ses manques qui ne demandent qu’à être comblés,

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Malgré un manque de respect qui se constate dans les magasins, les restaurants ou encore les transports, aussi bien du côté des clients que du côté des employés, et malgré ce mauvais goût vestimentaire, même les grands soirs de fête (tiens là c’est mon mauvais caractère qui parle, pardonnez-lui, pardonnez-moi),

Et surtout malgré cette mode consistant à tous nous souhaiter de «bonnes fêtes» (Dieu que c’est incarné!), pour ne surtout pas risquer d’évoquer Noël, ce qui pourrait exclure des non-chrétiens, alors que cette fête a tant d’importance pour notre civilisation et ses enfants (nous), qu’ils soient croyants ou athées, orthodoxes ou juifs, d’origine européenne ou non, et malgré la bêtise de la commissaire à l’égalité de l’Union européenne, Helena Dalli, qui voulait inscrire la version «laïque» des vœux dans la communication officielle de l’UE,

Bref, malgré tout, ou plutôt justement pour ces raisons-là, car cette fête nous invite à nous réunir… joyeux Noël!

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