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Société

Editorial

Quand les homosexuels deviennent une cible à gauche5 minutes de lecture

par Jonas Follonier
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Jonas Follonier © Dessin de Nathanaël Schmid pour Le Regard Libre

En France, la nomination de Gabriel Attal comme Premier ministre a engendré des remarques homophobes de la part de militants LGBT. Anti-universalistes, illibéraux, ils ne sauraient tolérer qu’un «membre de la communauté» ait d’autres idées ou attitudes qu’eux.

La nomination, en janvier dernier, de Gabriel Attal comme Premier ministre par le président français Emmanuel Macron a suscité des remarques homophobes à droite… et à gauche. Comme l’a relaté la journaliste Nora Bussigny dans Le Point, une jeune créatrice de contenus «non-binaire» a par exemple publié une vidéo sur le réseau social TikTok – visualisée au moins 160 000 fois – où elle reproche à Gabriel Attal son homosexualité «non subversive», qui serait en vérité «une stratégie de la droite». Outre le caractère suspicieux de cette déclaration (la façon pour le Premier ministre de vivre sa sexualité serait une stratégie politique), cette tiktokeuse ne fait rien d’autre que d’accuser Gabriel Attal de ne pas être un «bon gay» et de tirer des conclusions politiques de son homosexualité. Face à ce discours aussi assumé qu’explicite, les habituels homophobes de messes basses peuvent aller se rhabiller.

Autre exemple relevé par Nora Bussigny, le concept d’homosexuel blanc «trop intégré», utilisé dès 2022 par la militante Lady Phyll, l’une des fondatrices de la UK Black Pride. «Même si nous partageons les mêmes oppresseurs, les queers blancs doivent accepter le fait qu’ils jouent un rôle dans le préjudice subi par leurs frères et sœurs noirs et métis», écrivait déjà en 2019 dans NBC news l’auteur George Johnson, se définissant comme «black non-binary».

Cette homophobie n’est pas le fait d’individus isolés qui seraient hostiles aux homosexuels sans que ce soit en rapport avec les idées qu’ils affichent. Au contraire, elle est en lien direct avec une idéologie qui a pris dans les milieux militants biberonnés aux «études genres» et autres théories «intersectionnelles». Ces bonnes âmes ne sauraient souffrir qu’un «membre de la communauté» n’ait pas les mêmes idées ou attitudes qu’elles-mêmes. On touche là au cœur du wokisme, ce mouvement venu d’outre-Atlantique prétendant que l’identité d’une personne découle du groupe auquel elle appartient, et que si ce groupe est dominé, elle doit se comporter comme telle.

On trouve d’ailleurs de l’homophobie également dans la petite musique de l’idéologie trans voulant que si un garçon est attiré par des garçons, c’est peut-être qu’en fait, il est une fille (cela marche aussi à l’envers) et qu’il devrait songer à la possibilité de faire une transition. Dans des témoignages poignants, des repentis de la transition disent aujourd’hui s’y être livrés pour échapper à l’homophobie…

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Hélas pour les wokes, il existe des homos de droite et des homos de gauche, des gays viandards et des gays véganes, des moustachus et des gentils comme chante Renaud. Qu’il y ait même des homos contre le mariage gay peut provoquer des courts-circuits dans un esprit peu habitué à l’infinie variété de goûts, de talents, d’idées et donc de situations qui caractérise l’humanité. Mais il n’est jamais trop tard pour se dire que la contradiction apparente est un très bon point de départ pour penser, puisqu’il oblige à revoir ses définitions et ses croyances, comme le rappelle le physicien et philosophe des sciences Etienne Klein dans son excellent dernier livre justement intitulé Courts-circuits.

En ramenant sans cesse les homos ou bisexuels à cette facette intime de leur personnalité, le nouveau camp du bien revient sur des décennies de travail effectuées par des universalistes de tout bord pour aboutir à une situation où l’on se ficherait enfin de savoir avec qui les gens couchent. Heureusement, la gauche oldschool qui a participé à cet élan libéral n’est pas encore tout à fait morte. Mais elle se retourne déjà dans sa tombe symbolique, creusée par son ingrate progéniture.

Les «LGBT», comme aiment les catégoriser leurs pseudo-défenseurs, ont sans doute contribué au «décoinçage» notamment sexuel de la société, en particulier le siècle dernier. Voilà que leurs représentants officiels viennent la «recoincer» en semant la terreur dans le domaine de l’identité, de l’amour, du désir… et du débat. Décidément, il y a encore du travail.

Ecrire à l’auteur: jonas.follonier@leregardlibre.com

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