Vous êtes sur smartphone ?

Téléchargez l'application Le Regard Libre depuis le PlayStore ou l'AppStore et bénéficiez de notre application sur votre smartphone ou tablette.

Télécharger →
Non merci
Accueil » Israël-Hamas: les cons sentiments
Monde

Editorial

Israël-Hamas: les cons sentiments4 minutes de lecture

par Jonas Follonier
0 commentaire
Jonas Follonier © Dessin de Nathanaël Schmid pour Le Regard Libre

L’indignation sélective à propos du Proche-Orient est odieuse. Le cas le plus répandu de ce phénomène? Cette petite musique pro-palestinienne et surtout anti-israélienne qui fait du tort à sa propre cause à chacune de ses interventions – et chacun de ses silences.

Voilà que les tragédies qui se déroulent au Proche-Orient donnent lieu, une fois de plus, à des confrontations aussi déplacées qu’incendiaires dans nos contrées. Certains citoyens qui se reconnaissent dans des communautés se rangent ainsi du côté qui les arrange, abandonnant la nécessaire mise à distance au profit du dogmatisme et du nationalisme religieux. Le cas le plus emblématique de ce phénomène est sans doute cette tendance de fond pro-palestinienne qui s’observe dans la rue, mais aussi sur les réseaux sociaux et jusque dans les couloirs universitaires, et qui fait du tort à sa propre cause à chacune de ses interventions et chacun de ses silences.

Deux poids, deux mesures: les bombardements israéliens à Gaza, ce serait un génocide, mais aucune qualification pour le millier de civils, bébés, enfants, mères et vieillards tués dans l’Etat hébreu par les terroristes du Hamas le 7 octobre dernier, certains décapités, d’autres explosés ou brûlés vifs, d’autres encore découpés en morceaux devant leurs parents! Israël serait l’unique responsable de ces atrocités par la «politique d’apartheid» qu’il mène en Palestine. Pire, le Hamas serait un mouvement de résistance et de libération. «Soutien au Hamas» et «Allahu akbar», a-t-on entendu en Suisse…

NEWSLETTER DU REGARD LIBRE

Recevez nos articles chaque dimanche.

Et tant pis si le Hamas souhaite ouvertement la destruction d’Israël, la mort des Juifs et de la civilisation judéo-chrétienne, tant pis si l’homosexualité vaut dix ans de prison à Gaza et si les femmes y sont considérées comme des sous-hommes: le comité féministe genevois «Foulards violets» ou le groupement antiraciste romand «Outrage collectif» n’en disent mot, car tout est pardonné aux damnés de la Terre!

On retrouve là ce qui crevait déjà les yeux (sans mauvais jeu de mots) lors de la prise de pouvoir des talibans à Kaboul en août 2021: ces groupes militants qui dénoncent toute l’année le «racisme systémique» et la «culture du viol» dans lesquels la Suisse serait empêtrée n’ont pas jugé utile de se montrer solidaires des femmes afghanes, victimes de l’idéologie islamiste. Idem au sujet des femmes iraniennes, qui risquent leur vie en déchirant leur voile. Non, ces activistes préfèrent défendre chez nous «la liberté de se voiler» et accuser la «politique coloniale» de la Confédération.

A lire aussi | La «gauche Médine» et le déni de l’islamisme

Mais attention, la critique de cette indignation sélective ne doit pas devenir à son tour une indignation sélective: trop d’esprits lucides sur la déroute de ces démarches pro-palestiniennes évitent par confort de s’indigner aussi de ces voix qui tombent à leur tour dans un autre manichéisme, celui qui justifie toute politique d’Israël au nom des souffrances indicibles de la Shoah et du droit à la légitime défense.

A lire aussi | Metin Arditi: «La solution à deux Etats est une vue de l’esprit»

Est-ce si compliqué de nommer le terrorisme islamiste et ce qu’il a d’injustifiable tout en critiquant la politique israélienne? Qu’il est désespérant de voir le nombre de confrères et consœurs journalistes qui se refusent à le faire, préférant s’embarquer dans le récit simpliste et dangereux de la lutte entre d’éternels dominants et d’éternels dominés. A ces personnes pour qui les Juifs sont les nouveaux nazis, répondons que leur manière de voir systématiquement une forme de complot ou d’avantage indu dans une situation enviable ou simplement différente – comme celle d’Israël par rapport au reste de la région, sur de nombreux plans – n’a pas grand-chose à envier à l’antisémitisme hitlérien.

Ecrire à l’auteur: jonas.follonier@leregardlibre.com

Vous venez de lire un édito en libre accès, contenu dans notre édition papier (Le Regard Libre N° 101). Débats, analyses, actualités culturelles: abonnez-vous à notre média de réflexion pour nous soutenir et avoir accès à tous nos contenus!

Vous aimerez aussi

Laisser un commentaire

Contact

© 2024 – Tous droits réservés. Site internet développé par Novadev Sàrl