Archives par mot-clé : art

« Les Indestructibles 2 » ou le retour des super-héros

Les mercredis du cinéma – Marina De Toro

Après plusieurs années d’attente, les jeunes des années 2000 et 2010 vont enfin pouvoir découvrir la suite du dessin animé les Indestructibles sorti en 2004. Ce nouvel opus est la continuation du premier film qui s’achevait sur l’attaque du Démolisseur voulant dérober l’argent des banques. Tous les membres de la famille Parr enfilent les costumes rouges mythiques des Indestructibles pour arrêter ce puissant cambrioleur. Néanmoins, les super-héros restent toujours hors-la-loi dans cet univers et les Indestructibles ne sont pas applaudis par les autorités lorsqu’ils interviennent pour sauver le monde.

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De la souffrance à l’ennui

La citation de la semaine – Jonas Follonier

« La vie oscille, comme un pendule, de la souffrance à l’ennui. »

Arthur Schopenhauer, Le Monde comme volonté et comme représentation

Oui, mais la souffrance comme l’ennui sont de puissants moteurs de création artistique !

Crédit photo : © Jonas Follonier

Les Journées photographiques de Bienne

Article inédit – Marina De Toro

Du 4 mai au 27 mai 2018, ce sera l’occasion de découvrir la 22e édition des Journées photographiques de Bienne dont la direction a été reprise par Sarah Girard depuis février de cette année. Ces Journées consistent en des expositions réparties dans six endroits différents de la ville de Bienne : le Photoforum Pasquart, le Nouveau Musée, la Gewölbe Galerie, la Farelhaus, Le Grenier ou encore la Schule für Gestaltung.

Cette année, c’est le bonheur, ou plutôt la représentation qu’on s’en fait, qui est questionné par les nombreux photographes professionnels. Ils viennent des quatre coins du monde, mais on retrouve aussi des photographes suisses comme Thomas Brasey, Calypso Mahieu et bien d’autres encore. En plus des expositions, divers événements vont animer ces quatre semaines photographiques avec des conférences, ateliers, projections, concours et visites. A l’occasion d’une rencontre avec Sarah Girard, nous avons pu discuter plus amplement de l’événement, mais aussi des usages contemporains de l’image dans notre société.

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Sarah Girard, directrice des Journées photographiques de Bienne depuis février 2018

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« Phantom Thread » : de drame, d’histoire, d’amour et d’angoisse

Les mercredis du cinéma – Hélène Lavoyer

« Quel jeu ? Quelle est la nature précise de mon jeu ? » (Reynolds Woodcock)

Reynolds Woodcock (Daniel Day-Lewis) est un grand couturier et l’esprit créateur de la maison Woodcock. Sa sœur Cyril (Lesley Manville), petite femme aux cheveux courts et vêtue de façon austère, règle quant à elle les aspects administratifs et économiques afin de laisser au génie de son frère le temps et l’environnement lui permettant d’être prolifique. Continuer la lecture de « Phantom Thread » : de drame, d’histoire, d’amour et d’angoisse

Orelsan mérite-t-il les Victoires de la musique ?

Les lundis de l’actualité – Jonas Follonier

Aurélien Cotentin, devenu Orelsan (composé de « Orel » pour Aurélien, et « san », un suffixe japonais utilisé à l’oral comme marque de cordialité) , a reconquis le public et la presse francophones. C’est le moins qu’on puisse dire. Très vite marginalisé pour la violence de ses textes, le rappeur français a opéré une remontée spectaculaire dans l’opinion, amorcée par Le Chant des sirènes sorti en 2011 et confirmée par son nouvel album, La Fête est finie. Continuer la lecture de Orelsan mérite-t-il les Victoires de la musique ?

« Maria by Callas »

Les mercredis du cinéma – Hélène Lavoyer

« Où cesse la parole, commence la musique, a dit l’admirable Hoffman. Et vraiment la musique est une chose trop grande pour pouvoir en parler mais, en revanche, on peut toujours la servir et toujours la respecter avec Humilité ; chanter pour moi n’est pas un acte d’Orgueil mais seulement une tentative d’élévation vers ces cieux où tout est harmonie. »

C’est en janvier 2013, seul dans sa chambre d’hôtel, que Tom Volf découvre Maria Callas, grande soprano du XXe siècle. A peine introduit à l’univers de l’opéra à ce moment-là, une véritable passion pour la chanteuse naît, lui inspirant un projet gargantuesque : faire parler « la » Callas, avec ses propres mots, et ouvrir au public la personne qu’il découvrit, différente à bien des égards de celle décrite par les médias de l’époque.

Après des années de recherches, récoltant des archives aux quatre coins de la planète, Tom Volf devient l’un des plus grands spécialistes de Maria Callas. Peu prompts à parler aux journalistes, les membres de la famille s’ouvrent pourtant à lui et lui confient des documents privés tels que lettres, photos ou films.

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La civilité, condition de la civilisation

Le Regard Libre N° 25 – Jonas Follonier

En pleine période de débats autour de la notion de civilisation – ne pensons qu’au bruit médiatique et populaire que fait le dernier livre de Michel Onfray, Décadence –, un aspect semble avoir été oublié, délaissé, ignoré : la valeur de la civilité.

Outre le lien évident qui unit étymologiquement la civilisation à la civilité, ces deux notions entretiennent une relation bien plus profonde que celle de leur appellation : l’une ne semble pas pouvoir s’exercer sans l’autre, et inversement. Je dirais même que si la civilisation est bien sûr porteuse de civilité, la civilité constitue une condition sine qua non de la civilisation.

Beaucoup d’auteurs définissent à leur façon l’élément structurant qui a fait passer l’être humain de l’état de nature à l’état de société. La version d’Okakura Kakuzô me plaît particulièrement : « En offrant la première guirlande de fleur à sa compagne, l’homme primitif a transcendé la brute. Par ce geste qui l’élevait au-dessus des nécessités grossières de la nature, il est devenu humain. » En somme, l’humanité est née avec (et dans) l’art. Continuer la lecture de La civilité, condition de la civilisation

Les bases de la photographie

Le Regard Libre N° 9 – Joséphine Vuignier

Tout photographe désireux de sortir du mode automatique a dû intégrer des notions techniques de photographie avant de pouvoir jouer avec ces dernières afin de progresser et de créer les effets désirés. Ces bases techniques relèvent du domaine de la physique et de la chimie, ensuite viennent les bases académiques (règles des tiers, perspectives, etc. ). Il y a trois principes importants à prendre en compte pour commencer la photographie et avoir la bonne quantité de lumière : la sensibilité, l’ouverture du diaphragme et la vitesse d’obturation.

La sensibilité (ISO ou ASA) : Jadis, dans la photo argentique se trouvaient sur la pellicule des grains d’argent qui réagissaient à la lumière (importance de la chimie). Lorsque la lumière « frappait » les grains, ils noircissaient ; sans lumière, ils ne réagissaient pas (d’où les négatifs). Le concept reste le même lors du passage au numérique, les grains d’argent sont juste remplacés par des capteurs. Ces capteurs ou grains ont un certain taux de réaction à la lumière, indiqué par les ISO (appelé ASA sous l’ère de l’argentique). Plus les ISO sont hauts, plus les capteurs sont sensibles à la lumière, donc moins il en faudra ; au contraire, plus les ISO sont bas, moins les capteurs seront sensibles, par conséquent plus de lumière sera nécessaire. Pour un paysage au soleil fort de Barcelone, on choisira une faible sensibilité, par exemple 100 ISO pour ne pas obtenir une photo surexposée (trop claire). Pour un concert à faible éclairage, on favorisera une grande sensibilité 6400 ISO, afin que la photo ne soit pas sous-exposée (trop sombre). Le choix de la sensibilité modifie aussi le bruit (effet « pixellisé », granuleux). Si la sensibilité est faible (petit nombre), il y aura peu de bruit. A l’inverse, si la sensibilité est haute (grand nombre), il y aura plus de bruit. On privilégie donc une basse sensibilité pour les photos d’architecture où les détails sont importants. L’impact du bruit reste tout de même négligeable.

ISO 100 ISO 6400
Beaucoup de lumière Peu de lumière
Peu de bruit Beaucoup de bruit

L’ouverture du diaphragme : Le diaphragme est l’équivalent de la pupille de l’œil, il doit s’adapter à la lumière. En cas de fort ensoleillement, il faut une petite ouverture pour laisser passer moins de lumière et dans la pénombre une grande ouverture, toujours dans le but d’obtenir un résultat ni surexposé ni sous-exposé. La notation f/2 correspond à une grande ouverture, f/16 à une petite.

L’ouverture du diaphragme influence la profondeur de champ (importance de la physique), c’est à dire la zone dans laquelle le sujet de la photo sera net. Une grande ouverture (chiffre bas) crée une courte profondeur de champ. On opte donc pour ce type de réglage dans les portraits afin d’avoir un « flou artistique », ou « bokeh », à l’arrière-plan. A l’inverse, une petite ouverture (chiffre haut) crée une grande profondeur : nous l’utilisons généralement pour les paysages en vue d’une netteté sur tous les plans.

La vitesse d’obturation : Autrement appelé temps de pose ou durée d’exposition, il s’agit du laps de temps durant lequel la lumière frappe les capteurs. Si nous manquons d’éclairage, la vitesse d’obturation devra être plus longue (1’’) que s’il y a beaucoup de lumière (1/2000 sec). Ce paramètre permet de créer une impression d’immobilité ou de mouvement. Si vous voulez photographier un cycliste à vive allure et désirez l’avoir net, une vitesse rapide sera nécessaire. Si vous souhaitez un effet filé vous opterez pour un temps de pose plus long.

Lorsque vous prendrez votre prochaine photo, focalisez-vous sur l’effet que vous désirez rendre. Faites le réglage adéquat et adaptez les autres paramètres afin d’atteindre une exposition correcte. Dorénavant, vous pouvez abandonner le mode automatique et gérer avec précision le rendu de vos photos.

Crédit photo : © lhommetendance.fr

Un local culturel ouvre à Neuchâtel

Le Regard Libre N° 20 – Jonas Follonier

En plein centre-ville de Neuchâtel, dans l’un des nombreux beaux immeubles de cette cité estimable, ce n’est pas un appartement d’habitation, un « open space » ou un salon de massage qui vient d’ouvrir ses portes, mais un local aménagé par des jeunes de la région soucieux de créer un espace culturel. Et pas n’importe lequel. Ni élitiste ni alternatif, le Lokart a pour vocation de servir de lieu de création et de présentation de toute forme d’art. Lors du week-end d’inauguration les 27 et 28 août derniers, j’ai pu échanger des propos avec l’un des membres fondateurs du collectif artistique.

Jonas Follonier : Bonjour, pouvez-vous nous dire d’où est née l’idée de créer un tel local ?

Mehdi Berdai : L’origine se trouve clairement dans des intérêts communs pour la culture, notamment neuchâteloise. Le noyau s’est créé autour de la danse, avec Héloïse Marcacci et moi. D’autres personnes se sont vite montrées intéressées par notre projet : Virginia Eufemi et Thierry Fivaz, tous deux passionnés de théâtre, de cinéma et d’art pictural ; Lisa Mazenauer, interessée par la photographie et l’approche du corps, ainsi que Sacha Dubois, qui nous a rejoints par la suite et qui lui a apporté la dimension théâtrale.

Ce local dans lequel nous nous trouvons me paraît être un endroit rêvé pour les amoureux de soirées culturelles et de débats (j’en fais partie). A quoi sera-t-il destiné ?

Tout d’abord, il va nous servir à donner des cours dans les domaines où nous avons une certaine expérience. Héloïse donnera des cours de danse orientale et de tribal fusion, pour ma part ce sera la danse classique. Des leçons de renforcement corporel seront proposées par nous deux. Ensuite, la salle peut aussi très bien se prêter à des soirées débats, à des vernissages d’ouvrages, etc. Enfin, le local a un potentiel cinématographique vu qu’il possède un écran. Le studio peut servir à d’autres compagnies et associations que nous, cela va de soi. Continuer la lecture de Un local culturel ouvre à Neuchâtel

Qu’est-ce qu’une œuvre musicale ?

Le Regard Libre N° 18 – Jonas Follonier

La philosophie, telle que nous l’entendons ici, aime poser des questions et y apporter des réponses rationnelles. De nombreuses questions philosophiques commencent par « Qu’est-ce que… ? ». Dans ce genre d’entreprises, il s’agit de chercher le genre de réalité que possède la chose que nous étudions, de faire une ontologie. Le présent article vise à proposer une ontologie de l’œuvre d’art, et plus spécifiquement de l’œuvre musicale.

Nombreuses sont les théories proposant une ontologie de l’œuvre d’art. La première d’entre elles, la plus primaire dirions-nous avec retenue, est la théorie physicaliste. Celle-ci identifie l’œuvre d’art à un objet possédant des propriétés physiques. Essayons de penser comme les physicalistes. Deux objets physiques s’offrent alors à nous pour décrire la réalité d’une œuvre musicale : ou bien celle-ci est identique à une partition, ou bien elle est identique à une interprétation.

Prenons la première hypothèse et voyons les problèmes qu’elle pose. Premièrement, si la partition de La Bohème était détruite, cela voudrait dire que cette chanson d’Aznavour serait détruite : cela est absurde. Deuxièmement, une œuvre musicale s’écoute, tandis qu’une partition se lit. Ensuite, à quelle partition faudrait-il identifier une œuvre musicale pour laquelle il en existe plusieurs ? Si c’est à son manuscrit, cela impliquerait que les personnes qui ont eu la chance de voir le mansucrit connaissent mieux l’œuvre en question que les autres. Une telle possibilité est invraisemblable. Continuer la lecture de Qu’est-ce qu’une œuvre musicale ?