Archives par mot-clé : art

Sous les pavés soixante-huitards d’un certain Grégoire Müller

Les bouquins du mardi – Jonas Follonier

Publié aux Editions de l’Aire, Sous les pavés… Lézards est un magnifique témoignage d’un soixante-huitard, le peintre suisse Grégoire Müller, nostalgique d’une époque qui pourtant a donné naissance à la société d’aujourd’hui qu’il abhorre.

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Houllebecq marié: la possibilité d’une fuite

Le Regard Libre N° 45 – Thierry Fivaz

Le 21 septembre dernier, l’écrivain Michel Houellebecq s’est marié. L’heureuse élue se prénomme Qianyum Lysis Li et a vingt ans de moins que lui. Si, la plupart du temps, un mariage est un événement sans intérêt et sans grandes conséquences dans la vie des individus, celui-ci n’aurait-il pas des effets potentiellement catastrophiques pour l’auteur des Particules élémentaires? Car, comment peut-on rester un écrivain cynique, désabusé, défaitiste, nihiliste, bref: comment Michel peut-il être Houellebecq si Michel nage dans le bonheur? Continuer la lecture de Houllebecq marié: la possibilité d’une fuite

« Les Indestructibles 2 » ou le retour des super-héros

Les mercredis du cinéma – Marina De Toro

Après plusieurs années d’attente, les jeunes des années 2000 et 2010 vont enfin pouvoir découvrir la suite du dessin animé les Indestructibles sorti en 2004. Ce nouvel opus est la continuation du premier film qui s’achevait sur l’attaque du Démolisseur voulant dérober l’argent des banques. Tous les membres de la famille Parr enfilent les costumes rouges mythiques des Indestructibles pour arrêter ce puissant cambrioleur. Néanmoins, les super-héros restent toujours hors-la-loi dans cet univers et les Indestructibles ne sont pas applaudis par les autorités lorsqu’ils interviennent pour sauver le monde.

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De la souffrance à l’ennui

La citation de la semaine – Jonas Follonier

« La vie oscille, comme un pendule, de la souffrance à l’ennui. »

Arthur Schopenhauer, Le Monde comme volonté et comme représentation

Oui, mais la souffrance comme l’ennui sont de puissants moteurs de création artistique !

Crédit photo : © Jonas Follonier

Les Journées photographiques de Bienne

Article inédit – Marina De Toro

Du 4 mai au 27 mai 2018, ce sera l’occasion de découvrir la 22e édition des Journées photographiques de Bienne dont la direction a été reprise par Sarah Girard depuis février de cette année. Ces Journées consistent en des expositions réparties dans six endroits différents de la ville de Bienne : le Photoforum Pasquart, le Nouveau Musée, la Gewölbe Galerie, la Farelhaus, Le Grenier ou encore la Schule für Gestaltung.

Cette année, c’est le bonheur, ou plutôt la représentation qu’on s’en fait, qui est questionné par les nombreux photographes professionnels. Ils viennent des quatre coins du monde, mais on retrouve aussi des photographes suisses comme Thomas Brasey, Calypso Mahieu et bien d’autres encore. En plus des expositions, divers événements vont animer ces quatre semaines photographiques avec des conférences, ateliers, projections, concours et visites. A l’occasion d’une rencontre avec Sarah Girard, nous avons pu discuter plus amplement de l’événement, mais aussi des usages contemporains de l’image dans notre société.

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Sarah Girard, directrice des Journées photographiques de Bienne depuis février 2018

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« Phantom Thread » : de drame, d’histoire, d’amour et d’angoisse

Les mercredis du cinéma – Hélène Lavoyer

« Quel jeu ? Quelle est la nature précise de mon jeu ? » (Reynolds Woodcock)

Reynolds Woodcock (Daniel Day-Lewis) est un grand couturier et l’esprit créateur de la maison Woodcock. Sa sœur Cyril (Lesley Manville), petite femme aux cheveux courts et vêtue de façon austère, règle quant à elle les aspects administratifs et économiques afin de laisser au génie de son frère le temps et l’environnement lui permettant d’être prolifique. Continuer la lecture de « Phantom Thread » : de drame, d’histoire, d’amour et d’angoisse

Orelsan mérite-t-il les Victoires de la musique ?

Les lundis de l’actualité – Jonas Follonier

Aurélien Cotentin, devenu Orelsan (composé de « Orel » pour Aurélien, et « san », un suffixe japonais utilisé à l’oral comme marque de cordialité) , a reconquis le public et la presse francophones. C’est le moins qu’on puisse dire. Très vite marginalisé pour la violence de ses textes, le rappeur français a opéré une remontée spectaculaire dans l’opinion, amorcée par Le Chant des sirènes sorti en 2011 et confirmée par son nouvel album, La Fête est finie. Continuer la lecture de Orelsan mérite-t-il les Victoires de la musique ?

« Maria by Callas »

Les mercredis du cinéma – Hélène Lavoyer

« Où cesse la parole, commence la musique, a dit l’admirable Hoffman. Et vraiment la musique est une chose trop grande pour pouvoir en parler mais, en revanche, on peut toujours la servir et toujours la respecter avec Humilité ; chanter pour moi n’est pas un acte d’Orgueil mais seulement une tentative d’élévation vers ces cieux où tout est harmonie. »

C’est en janvier 2013, seul dans sa chambre d’hôtel, que Tom Volf découvre Maria Callas, grande soprano du XXe siècle. A peine introduit à l’univers de l’opéra à ce moment-là, une véritable passion pour la chanteuse naît, lui inspirant un projet gargantuesque : faire parler « la » Callas, avec ses propres mots, et ouvrir au public la personne qu’il découvrit, différente à bien des égards de celle décrite par les médias de l’époque.

Après des années de recherches, récoltant des archives aux quatre coins de la planète, Tom Volf devient l’un des plus grands spécialistes de Maria Callas. Peu prompts à parler aux journalistes, les membres de la famille s’ouvrent pourtant à lui et lui confient des documents privés tels que lettres, photos ou films.

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La civilité, condition de la civilisation

Le Regard Libre N° 25 – Jonas Follonier

En pleine période de débats autour de la notion de civilisation – ne pensons qu’au bruit médiatique et populaire que fait le dernier livre de Michel Onfray, Décadence –, un aspect semble avoir été oublié, délaissé, ignoré : la valeur de la civilité.

Outre le lien évident qui unit étymologiquement la civilisation à la civilité, ces deux notions entretiennent une relation bien plus profonde que celle de leur appellation : l’une ne semble pas pouvoir s’exercer sans l’autre, et inversement. Je dirais même que si la civilisation est bien sûr porteuse de civilité, la civilité constitue une condition sine qua non de la civilisation.

Beaucoup d’auteurs définissent à leur façon l’élément structurant qui a fait passer l’être humain de l’état de nature à l’état de société. La version d’Okakura Kakuzô me plaît particulièrement : « En offrant la première guirlande de fleur à sa compagne, l’homme primitif a transcendé la brute. Par ce geste qui l’élevait au-dessus des nécessités grossières de la nature, il est devenu humain. » En somme, l’humanité est née avec (et dans) l’art. Continuer la lecture de La civilité, condition de la civilisation