Archives par mot-clé : bourgeoisie

«Martin Eden», contre les chimères de l’individualisme

Les bouquins du mardi – Diana-Alice Ramsauer

Bats-toi ou crève. C’est en suivant cette philosophie que Martin Eden, un ouvrier, galérien, marin et blanchisseur décide de s’instruire. Par amour aussi. Il veut s’élever socialement pour plaire à une dame: Ruth Morse, une petite bourgeoise qui se révèle petit à petit aussi inintéressante que l’ensemble des tristes personnages de son rang. L’histoire se passe il y a plus de cent ans aux Etats-Unis. La lutte des classes fait rage et l’auteur, Jack London, me crache au visage la laideur du monde au travers d’une brillante histoire d’amour.

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Cette étrange dame qui aimait les toilettes propres

Les bouquins de mardi – La rétrospective – Amélie Wauthier

Le plus difficile, quand on souhaite écrire une critique rétrospective au sujet d’un livre dont on aimerait vivement conseiller la lecture, c’est de trouver dans sa bibliothèque un ouvrage digne du temps et des efforts qu’on va lui consacrer. Un problème majeur se met alors rapidement en travers de mon chemin: le coup du «attends, il est trop génial de bouquin, il faut absolument que tu le lises». Talonné de très près par le fameux «mais merde enfin, à qui j’ai prêté ce foutu pavé?». J’ai donc une quantité – que je refuse de mesurer – de bouquins «trop géniaux» qui servent sûrement de calle-porte à mes soi-disant amis, alors que je me tiens, les bras ballants, le regard vide, face à des Jean Giono et autre Chrétien de Troyes qui peuplent les étages de ma bibliothèque.

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«Antonia», une Madame Bovary dans la Palerme des années soixante

Les bouquins du mardi – Loris S. Musumeci

Bref mais efficace. Et l’efficacité n’est pas que le fruit d’un gain ou d’un profit. Il n’est pas même question d’instruction ou de culture. Gabriella Zalapì offre une expérience. En nonante-neuf pages, elle nous glisse dans la peau d’Antonia, jeune bourgeoise rédigeant son journal intime du 21 février 1965 au 3 novembre 1966. Jeune bourgeoise, mais pas que. Si Antonia vient en effet de la bourgeoisie, ses aspirations dépassent le cadre de son rang social. Elle doit sortir du cadre. Parce qu’elle y étouffe. 

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«Momo»: mauvais, mauvais…

Les mercredis du cinéma – Jonas Follonier

Dans la comédie Momo, à l’affiche depuis le 27 décembre, Christian Clavier endosse une fois de plus le rôle d’un bourgeois français, bohème ou bourru, peu importe. Oui, car on connaît la chanson. Après un Qu’est-ce qu’on a fait au Bon Dieu? d’une grande qualité qui tournait en dérision les mariages cosmopolites et un A bras ouverts moyennement apprécié où le jardin de Clavier se faisait envahir par des Roms, le nouveau fond de commerce du célèbre interprète de Jacquouille semble suivre une pente de la mort.

A présent, place à l’arrivée d’un sourd dans la vie du riche. Un sourd ridicule que personne ne comprend et qui apparaîtra bien vite comme le fruit d’une des relations extra-conjugales de Clavier. On peine à rire devant cette énième comédie franchouillarde ne reposant sur rien d’autre que l’adage «on peut rire de tout». Certes, tout objet est un sujet risible en puissance, mais encore faut-il qu’il soit servi avec goût, surtout au cinéma. Les chefs-d’œuvre Le dîner de cons ou La soupe aux choux ont beau être des comédies françaises à la sauce beauf, elles ne peuvent cependant pas être vues comme de simples copies de brèves de comptoir. Il y a un art de la beaufitude.

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