Archives par mot-clé : couleurs

Poelvoorde dans un «Au poste!» totalement absurde et génial

Les mercredis du cinéma – Jonas Follonier

Au poste!, la nouvelle comédie de Quentin Dupieux, est un huis clos dans un poste de police, où le spectateur assiste à un tête-à-tête entre un garde à vue, Fugain (Grégoire Ludig) et un commissaire, Buron (Benoît Poelvoorde). Le premier est innocent, mais il est soumis à l’interrogatoire car il a appelé la police pour signaler la présence d’un cadavre au bas de son immeuble. Or, en tant que première personne à avoir vu le cadavre, il est considéré comme le suspect numéro un. C’est pour ça.

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« L’Ile aux chiens », une œuvre d’art complète

Les mercredis du cinéma – Virginia Eufemi

Japon, dans un futur proche. Tous les chiens de la ville de Megasaki souffrent de la grippe canine et de la fièvre de la truffe, des maladies apparemment contagieuses pour l’homme. Le maire Kobayashi décide alors d’isoler – littéralement – ces chiens sur une île abandonnée où sont déversés tous les déchets de la ville. En guise de gage, le maire y envoie son propre chien, Spots. En six mois, l’île se peuple de tous les chiens de la ville, tous mystérieusement atteints de cette fièvre dangereuse. Ici, leurs journées se déroulent entre une bagarre pour un sac poubelle et la remémoration de leur passé domestiqué, jusqu’au jour où atterrit sur l’île un petit pilote à la recherche de son meilleur ami à quatre pattes.

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Cézanne rayonnant à la Fondation Gianadda

Le Regard Libre N° 31 – Loris S. Musumeci et Jonas Follonier

La Fondation Pierre Gianadda, à Martigny, en Valais, accueille une centaine d’œuvres du maître d’Aix. L’exposition se tient du 16 juin au 19 novembre. Se laissant apprécier pour ses tonalités variées, elle place à l’honneur autant les portraits que les natures mortes ou les paysages de Cézanne. Ces derniers gardent cependant un rôle particulier à jouer : ouvrez grand votre esprit, les terres du peintre se mettent à chanter.

Après un passage des impressionnistes Degas, Manet, Gauguin, Van Gogh, Morisot, Renoir et Monet, c’est Paul Cézanne qui habite les murs de la Fondation artistique. Il est d’ailleurs un emblème de ce mouvement. Père de la modernité picturale, il choqua par son style épais et tacheté. Il permit l’audacieuse innovation d’une lumière qui fait vivre autant les paysages que les visages. Cela ne se déploya pas sans un manque de reconnaissance à son époque, et une grande solitude.

Un titre symphonique

Daniel Marchesseau, commissaire de l’exposition, s’est tout naturellement inspiré de l’état d’âme du personnage pour le choix du titre : Le Chant de la Terre. C’est le nom d’une symphonie de Mahler, dont les liens à Cézanne paraissent parler d’eux-mêmes. Dans un entretien au Figaro, le commissaire expliquait : « Ce sentiment de terrien qui est celui de Cézanne, ce marcheur accroché à sa lande, à sa terre, mort après avoir peint des heures sous la pluie, m’a semblé en profonde résonnance avec Le Chant de la Terre de Mahler. J’ai réécouté cet ensemble de lieder écrit pour voix seule : Cézanne lui aussi est seul, et l’orchestration de ses coloris, de ses panoramas, de ses mondes intérieurs, donne à sa peinture une dimension symphonique. La rencontre avec Mahler m’a semblé naturelle. » Continuer la lecture de Cézanne rayonnant à la Fondation Gianadda

Marc Chagall, « L’Anniversaire »

Le Regard Libre N° 28 – Loris S. Musumeci

Regard vers le peintre-poète : Chagall (1/3)

Marc Chagall (1887-1985) est considéré comme l’un des plus grands peintres du XXe siècle. Trois épisodes lui sont consacrés pour caresser son œuvre qui n’est pas que peinture. Elle est aussi poésie. Vers d’un amour ailé et coloré qui se laissent contempler par L’Anniversaire (1915).

Des essais cubistes aux tentations de la violence fauviste, jusqu’au plongeon dans la lumière de l’orphisme, Chagall demeure inclassable. Il est un style, une manière à soi dans ses élans d’évolutions et variations. Son huile sur toile L’Anniversaire s’inscrit dans ce mouvement, bien qu’elle étonne au premier regard. Est-ce vraiment du Chagall ? Point de juif hassidique jouant du violon en louchant, point de chèvre, d’ange déchu ou de Christ. Mais l’amour d’un jeune couple, aussi léger et vivace que le décor de l’appartement. Continuer la lecture de Marc Chagall, « L’Anniversaire »