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Coupe du monde de football : quand la politique se nourrit du sport

Le Regard Libre N° 38 – Diego Taboada

A moins de quatre-vingts jours du coup d’envoi de la coupe du monde de football en Russie, les tensions diplomatiques avec le Royaume-Uni menacent de perturber l’événement. Un exemple parmi d’autres des relations étroites qu’entretiennent le sport et la politique.

Les conséquences de la dégradation exponentielle des relations entre la Russie et le monde occidental, symbolisée par la récente affaire d’empoisonnement d’un ex-espion russe sur le sol britannique, sont aussi visibles dans le monde du sport. L’Angleterre menace de ne pas envoyer son équipe nationale à la Coupe du Monde et l’Islande a déjà annoncé le boycott de la compétition en soutien au Royaume-Uni. Le risque que les considérations géopolitiques prennent des proportions importantes est réel. L’absence des cadors de la compétition comme la France, l’Espagne ou l’Allemagne par solidarité avec l’Angleterre aurait des répercussions sur la qualité de la compétition. Des conflits politiques entre états s’immiscent dans une sphère censée être indépendante, et menacent de gâcher l’événement le plus regardé et le plus populaire du monde.

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Dissolution d’ETA, le défi d’une réconciliation

Les lundis de l’actualité – Diego Taboada

Les espagnols l’attendaient depuis des mois. Après cinquante-neuf ans d’activité, l’organisation terroriste Euskadi Ta Azkatasuna (ETA – pays basque et liberté en basque) a annoncé jeudi dernier la dissolution de son organisation et le démantèlement de toutes ses structures. L’annonce, faite à Genève, entérine la disparition d’un groupuscule qui avait déjà renoncé à toute activité terroriste en 2011.

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Falciani, l’heure de vérité ?

Les lundis de l’actualité – Nicolas Jutzet

Hervé Falciani, ex-informaticien de la banque HSBC, que vous connaissez sûrement en lien avec l’affaire des « Swissleaks », refait des siennes. Cette semaine, vous avez pu lire qu’il avait été arrêté à Madrid à la demande de la Suisse. Cette dernière confirmera par la suite qu’elle sollicite son extradition. Peu après, la justice espagnole décidera de sa remise en liberté, sous contrôle judiciaire. Il s’en sort avec un passeport en moins et une interdiction de quitter le territoire.

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Du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes

Le Regard Libre N° 34 – Clément Guntern

Les événements de ces derniers mois en Espagne et plus particulièrement en Catalogne ont remis sur le devant de la scène un principe du droit international public forgé au siècle passé que les indépendantistes catalans souhaitent appliquer chez eux : celui des peuples à disposer d’eux-mêmes.

Autour de la question catalane gravitent des principes qu’il faut manier avec une grande prudence, tant ils se trouvent au cœur de la structure internationale actuelle si douloureusement mise en place après des siècles de guerres. Ces principes régissent deux entités particulières qui souvent se sont opposées et combattues mais qu’il fallut, de quelque manière que ce fut, faire coïncider du mieux possible. Il s’agit de l’Etat et du peuple.

Pour révéler l’extrême difficulté à créer des Etats sur des peuples, la seule pensée des époques antérieures et des maints exemples que l’Histoire a pu nous offrir en matière de guerres civiles, de décolonisation, de libération suffit. Les millions d’êtres humains sacrifiés pour permettre la plus grande adéquation possible entre Etats et peuples ont convaincu qu’il ne fallait plus étudier cette question si particulière dans la champ de la sociologie ou de l’histoire mais dans celui du droit. Lire la suite Du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes

« Ferdinand », un beau dessin animé dans le décor de l’Espagne

Les mercredis du cinéma – Jonas Follonier

En 1938 sortait un court-métrage de Walt Disney mettant à l’honneur un taureau redoutablement musclé mais au cœur sentimental, porté davantage par le parfum des fleurs que par les combats de cornes. Voilà qu’apparaît sur les écrans de 2017 une adaptation de ce conte en long format, Ferdinand, qui fait renaître l’éloge de la différence et la dénonciation de la corrida sous un jour nouveau. La réalisation est assurée par Carlos Saldanha, à qui l’on doit les trois premiers L’Age de glace.

Grandissant dans une casa del toros aux côtés de copains combattifs, Ferdinand ne se plaît qu’à renifler la jolie fleur rouge qui se trouve dans la cour. Le jour où son père est emmené à l’arène, le jeune taureau s’enfuit dans la nature. S’ensuit une magnifique séquence où Ferdinand se fait adopter par une jeune fille d’horticulteur, qui se prend lui aussi d’affection pour l’animal. Le film présente ici sa partie la plus touchante et la plus esthétique. Lire la suite « Ferdinand », un beau dessin animé dans le décor de l’Espagne

« Calabria », un retour à soi

Les mercredis du cinéma – Hélène Lavoyer

Le rapatriement d’un ressortissant italien, depuis la Suisse où il travailla vers son village natal de Calabre, donne le prétexte à un road movie dans lequel naît un dialogue entre les deux croque-morts chargés de ramener le défunt. Jovan et José ont, tout comme l’italien qu’ils ramènent à son origine, émigrés en Suisse.

L’un tzigane et anciennement chanteur à Belgrade, l’autre originaire du Portugal, intéressé par la culture et avare de paroles, se rencontrent et échangent à mesure que les kilomètres les séparant du cimetière s’amenuisent. De station service en hôtel, d’autoroutes en chemins de campagne, le corbillard créé un espace d’intimité et de confiance, permettant à une complicité toute tolérante de naître, presqu’en huis clos.

Un voyage dans le temps

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Reconnaissance à l’Espagne

Le Regard Libre N° 32 – Hélène Lavoyer

Le second voyage de Christophe Colomb pour l’Amérique du Sud commença le 25 septembre 1493. 524 ans après, la colonisation est encore un sujet brûlant. Le pamphlet Très brève relation de la destruction des Indes, publié en 1552, avait pour but d’être un secours pour les indigènes ; au lieu de cela, c’est surtout un dégoût de l’Espagne qu’il a engendré.

« Très brève relation »

Lorsque le regard se pose sur les mots de Bartolomé de Las Casas, qu’il envoya au Prince Philippe d’Espagne dans sa Très brève relation de la destruction des Indes, on sent son cœur se serrer et s’assécher en découvrant quelques-unes des monstruosités infligées aux Indiens d’Amérique latine du temps de la colonisation, toutes plus atroces les unes que les autres. Il est même difficile de finir cette Très brève relation qui insiste et appuie sur des images d’horreur que l’imagination peine à se figurer.

Bartolomé de Las Casas a été l’une des premières voix à s’élever contre les tortures et l’exploitation subies quotidiennement par les Indiens d’Amérique latine. D’une façon crue, parfois exagérée et souvent discutée, il évoque les communautés indiennes, leur nombre, leurs richesses, leur immatérialisme, leur dévouement et leur docilité à l’égard des conquistadors espagnols. Cet ouvrage d’une puissance inouïe, fait de mots puisés dans le cœur effaré du prêtre, représente la nécessité de crier la disparition de quelque chose d’inestimable, l’urgence de se soulever. Quel noble désir.

Une participation à la Légende Noire

Cependant, même les volontés les plus morales et les désirs les plus nobles peuvent avoir des conséquences inattendues Lire la suite Reconnaissance à l’Espagne