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Le Chant des Scorpions, ou les abîmes du désert du Rajasthan

Les mercredis du cinéma – Hélène Lavoyer

« Piqûre de scorpion, morsure de serpent, elle écoute le poison. Et elle chante. Le mantra des scorpions. » Aadam

Des creux souples des dunes de l’immense espace désertique du Rajasthan s’élève un chant, lent. « Ô mon maître, entends ma prière », entonne Nooran (Golshifteh Farahani), accroupie au chevet d’un mourant piqué par un scorpion. Le village entier écoute, comme ensorcelé par la voix portée dans la nuit grâce au vent, part remuer les grains de sable beige et fin.

Un peu à l’écart, Aadam (Irrfan Khan) se lève, comme saisi par la beauté du chant et des traits fins de la guérisseuse. Lentement, il reprend place alors qu’à ses yeux monte une marée de larmes. Son compagnon de route, apparemment lassé de suivre la farouche Nooran, se montre insensible aux chants ancestraux qu’elle entonne sans crainte ni voile afin de guérir les hommes.

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« Walking with the wind »

Festival International de Films de Fribourg – Jonas Follonier

Nous nous trouvons dans les chaînes montagneuses de l’Himalaya. Un jeune garçon, Tsering, fait chaque jour sept kilomètres de marche pour se rendre à son école. Les paysages qu’il traverse resplendissent de beauté, tout comme son visage et celui de ses camarades de classe. Son itinéraire de retour va se compliquer quand l’écolier de dix ans décide de ramener une chaise cassée à son village, en guise de bois pour le feu.
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« Lion », une ode bouleversante à la fraternité

Les mercredis du cinéma – Jonas Follonier

Une rubrique partenaire de Cinérevue, l’émission cinématographique de NeuchVox. Prochain direct : lundi 1er mai 2017, 20h30 – 21h00

Bouleversant. Tel est l’adjectif sans doute le plus adapté à ce drame tiré d’une histoire vraie. Lion raconte le destin incroyable du jeune indien Saroo, cinq ans, qui se retrouve enfermé dans un train après avoir perdu de vue son frère Guddu. Les portes du wagon ne s’ouvriront que 1500 kilomètres plus tard, à Calcutta. Après des jours d’errance, le jeune garçon est intégré à un orphelinat avant d’être adopté par un couple d’Australiens.

Vingt ans plus tard, Saroo traverse une crise existentielle et cherche à retrouver son village natal avec l’aide du logiciel Google Earth et des quelques souvenirs qui lui restent de cette fameuse nuit où tout a basculé. Cela fait trop longtemps qu’il est rongé par le désir de retrouver sa mère et son frère biologiques. De tout son coeur, il veut que sa première famille sache qu’il va bien, même après toutes ces années.

La première partie du film, présentant au spectateur l’histoire hallucinante du petit garçon depuis le soir où il a été séparé de son frère jusqu’au jour où il va rencontrer ses parents adoptifs, constitue un chef d’oeuvre à elle toute seule. Les lumières sombres, l’omniprésence de la ferraille, les bruits inquiétants du train, tout est traité sous le regard de l’enfant. Le spectateur se retrouve dans un véritable cauchemar, extrêmement bien mis en scène, où le wagon se transforme en prison ; les hommes en monstres ; et le temps, et la faim, et la soif, en supplices. Lire la suite « Lion », une ode bouleversante à la fraternité