Archives par mot-clé : occident

La prise de pouvoir des talibans n’est pas une défaite de l’Occident

ARTICLE LONG FORMAT, Jean-David Ponci | En voyant la rapidité avec laquelle les talibans se sont rendus maîtres de l’Afghanistan, on a tôt fait de critiquer les Etats-Unis qui auraient dû les en empêcher. Au-delà de cette première réaction, cette guerre nous offre une excellente base de réflexion pour une question universelle: comment une nation peut-elle transmettre ses valeurs à une autre? La réponse nous permettra d’y voir plus clair sur une prétendue défaite de l’Occident et de réfléchir à l’image que nous donnons au reste du monde.

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Vers un siècle chinois

ARTICLE LONG FORMAT, Clément Guntern | En un bouleversement inédit dans l’histoire de l’humanité, des régions entières qui avaient été synonymes de pauvreté et de chaos politique ont émergé sur la scène mondiale. Pourtant, l’Occident, en grande partie responsable de cette réussite récente, semble ne pas avoir encore intégré la nouvelle donne mondiale: dans un avenir proche, il ne sera plus le centre du monde.

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Civilisations européennes

«Westerner»: c’est ainsi que les Européens, Nord-américains et Océaniens sont appelés en dehors de leur propre sphère civilisationnelle. Latins, anglo-saxons, slaves sont unis sous une même étiquette pour le moins intrigante. Il existe, dans notre vocabulaire également, cette notion «d’occidental» qui implique une parenté, voir une cohésion de groupe. Né lors de la guerre froide en opposition au bloc de l’Est, le ponant vit, en ce début de XXIe siècle, de nombreuses tensions internes qui sont probablement issues de ce qu’il n’est pas homogène. A la base, il ne s’agissait seulement que d’une alliance temporaire entre deux civilisations: «germanique/protestante» et «latine/catholique». Rien n’est plus utile que de se pencher sur l’histoire des civilisations occidentales.

Colère et tristesse virales de BHL

Nous sommes tous d’accord. Nous marchons tous dans la même direction. Unis contre le coronavirus. Solidarité d’une humanité qui tremble face à une épidémie dite sans précédent. Nous sommes en guerre contre le coronavirus. Nous vaincrons à coups de masques et de flacons de gel hydro-alcoolique, et grâce à l’héroïsme de nos médecins. Amen! Le monde ne sera plus comme avant. #plusjamaisça! Hourra! L’humanité se lève dans un élan de prise de conscience sans précédent. Protégeons-nous, protégeons nos proches! Donnons-nous tous la main – euh… non pardon! gardons quand même un mètre de distance et bannissons tout contact physique… – pour dresser une barrière face au grand Satan qui avance pour nous tuer.

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Afrique: l’histoire qu’on lui refuse

Le Regard Libre N° 65 – Clément Guntern

Dossier «Afrique en mutation»

A l’occasion des premiers contacts des explorateurs et marchands occidentaux avec les populations africaines est née l’idée, encore trop répandue aujourd’hui, que l’Afrique n’avait pas d’histoire. A la faveur des mouvements antiracistes et postcoloniaux actuels, les périodes de la traite transatlantique des esclaves et de la colonisation prennent progressivement de l’importance; au risque d’y résumer l’histoire du continent.

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Seriez-vous prêts à croire au retour du «Messiah»?

Le Netflix & chill du samedi – Loris S. Musumeci

L’attente ardente du retour de Jésus-Christ, le Messie, est chantée chaque dimanche dans les églises chrétiennes du monde entier. Les Juifs, n’ayant pas reconnu en Jésus de Nazareth la figure du Sauveur, attendent encore et toujours leur Messie. En islam, particulièrement dans sa branche chiite, on attend Al Mahdi. Une sorte de Messie lui aussi, qui sera douzième et dernier imam, dernier successeur du prophète Mahomet. Allah l’enverra sur Terre dans une période de troubles, vers la fin des temps derniers.

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«Les Deux frères» à l’école du théâtre

Une fable poétique et un voyage magique

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Gilles Kepel: «Je suis très reconnaissant à ceux qui m’ont condamné à mort, parce qu’ils m’ont permis l’écriture de cet ouvrage»

ENTRETIEN LONG FORMAT, Loris S. Musumeci | Il suscite la polémique. Gilles Kepel est un intellectuel de haut niveau, très reconnu, et pourtant ses propos ne passent pas toujours. Parce qu’il parle de l’islam, du Moyen-Orient, sans philtre idéologique. Il regarde la réalité droit dans les yeux, sans concession. Mais de toute façon, il n’a pas à se justifier, il n’a rien à prouver à personne. Professeur à Sciences Po, où il dirige la chaire Moyen-Orient Méditerranée, ainsi qu’à l’Université de la Suisse italienne à Lugano, Gilles Kepel transmet son savoir. Et ce n’est pas rien. Quarante années de terrain pour un homme qui connaît comme sa poche chaque pays du Levant, et qui parle l’arabe couramment. Le rencontrer a été une expérience unique. Il ne fut pas seulement question de recueillir des informations ou un témoignage. Mais bien de faire la connaissance d’un personnage absolument charmant, qui sait faire de l’esprit tout en parlant de sujets sérieux, de sujets graves. Gilles Kepel a été condamné à mort; ce qui ne l’empêche de vivre dans une liberté de pensée totale, et de venir jusqu’à Fribourg, sans crainte, pour transmettre. Transmettre. Noble mot, pour celui qui m’a assuré avoir signé son dernier ouvrage sur le monde arabe avec «Sortir du chaos – Les crises en Méditerranée et au Moyen-Orient».

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La traduction, un acte de lecture

Le Regard Libre N° 47 – Hélène Lavoyer

«La langue de l’Europe, c’est la traduction», écrivait Umberto Eco dans son ouvrage Dire presque la même chose. Qu’entendait-il par là? Que l’Europe s’est construite dans la découverte de l’autre par le biais de sa propre langue en rapport à celle de l’autre, certes, mais pas seulement: que la traduction, sujet qui nous intéressera au fil des prochains paragraphes, a été jusqu’ici la manière d’être même de l’Europe. Et ce, dès les textes fondateurs de notre continent. De la Bible à la philosophie, du Cantique des Cantiques à la Métaphysique d’Aristote, les soubassements de la pensée occidentale – aussi diversifiée et hétéroclite qu’elle puisse être – reposent sur des textes traduits.

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La défaite de l’esprit

Le Regard Libre N° 20 – Sébastien Oreiller

L’esprit, comme prolongement de l’être au-delà des limites imposées par l’existence, mais aussi comme exaltation de la puissance de l’homme sur le fini, en somme l’esprit avec tout ce qu’il comporte de grandeur et de férocité, cet esprit-là se heurte immanquablement et avec un plaisir toujours renouvelé aux froides surfaces du réel qu’il entend maîtriser. L’esprit est un guide orgueilleux ; plus que tout, l’idée que l’homme puisse être né de la poussière le dégoûte. En somme, il refuse d’être homme, et il se fait lui-même à l’image de Dieu. L’esprit planait sur les eaux, de même qu’il plane encore sur les corps. Il ne tend qu’à vivre sans eux, confiant à la fois de son unicité et de son individualité.

Il n’est donc pas étonnant que l’esprit se définisse lui-même par opposition à l’animal, au corps, à la bête en somme. Platon et ses Idées, Nietzsche et son matérialisme anxieux, Valéry entre esprit et guerre, toute philosophie, depuis des siècles, n’a été que tentative de réconciliation, ou de séparation, entre les deux entités de l’être, l’esprit et la bête. Je ne suis pas parvenu à retrouver cette phrase de Marguerite Yourcenar, disant en somme que le drame de tout Européen, c’est de se rendre compte qu’il a un corps. C’est presque vrai. L’Européen sait très bien qu’il a un corps ; le drame, c’est qu’il ne puisse en sortir. Continuer la lecture de La défaite de l’esprit