Archives par mot-clé : océan

«Styx»: parabole humaine

Les mercredis du cinéma – Alexandre Wälti

Le nom d’un point de passage vers les enfers de la mythologie grecque est le titre du troisième long-métrage de l’autrichien Wolfgang Fischer. L’affiche officielle le résume bien: le spectateur plonge dans le fracas des eaux et n’en revient pas indemne. Rike, médecin urgentiste allemande, entreprend un voyage en solitaire dans son voilier vers l’île sauvage de l’Ascension, au large de la Mauritanie. Styx souffre de certaines longueurs inévitables, mais le réalisateur utilise le silence comme un véritable outil dramatique.

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« A la dérive » : la reconstitution tanguante d’un drame nautique.

Les mercredis du cinéma – Agnès Baehni

Le film s’ouvre sur la scène qui fait office de turning point de l’intrigue : celle du réveil de Tami Oldham au milieu des décombres jonchant le fond, désormais noyé, du luxueux voilier qu’elle et son fiancé ont accepté de convoyer de Tahiti à San Diego. Son fiancé, dans un premier temps, semble avoir disparu.

En dehors du halo blanc que forme la voile autour du bateau amputé de ses deux mats et de ses installations électriques, l’immensité calme d’un océan aux reflets d’acier. C’est ainsi d’une manière plutôt convenue que le réalisateur Baltasar Kormákur choisit d’entamer la restitution de l’histoire du drame maritime qui, en 1983, vit un jeune couple de navigateur, Tami Oldham et Richard Sharp, affronter en plein pacifique une tempête d’une violence impitoyable.

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Rencontre avec Elisa Shua Dusapin, une révélation métissée des lettres romandes

Le Regard Libre N° 29 – Loris S. Musumeci

En plus d’être jeune et charmante, Elisa Shua Dusapin apparaît sur la scène des lettres romandes comme une révélation envoûtante, pour sa plume délicate et son sens du métissage. De mère coréenne et père français, l’écrivain a grandi à la frontière de ces deux cultures. Ce qui a donné une tonalité multiculturelle à son premier roman, Hiver à Sokcho (2016). Il y est question de la rencontre entre une narratrice franco-coréenne dont on ne connaît le nom et Kerrand, un auteur de bande-dessinée normand. Elle, travaille dans une pension miteuse pour financer ses études ; lui, devient son hôte en quête d’inspiration. Se tisse entre ces deux êtres, que tout semble séparer, un lien empreint d’angoisse et de sensualité, de lassitude et de pudeur. Cette œuvre simple et percutante connaît un vrai succès, qui lui a valu récemment de nombreux prix.

Loris S. Musumeci : Vos origines familiales ne sont pas sans liens avec le roman. De quel joyeux métissage êtes-vous issue ?

Elisa S. Dusapin : D’emblée, il est pour moi fondamental d’établir qu’Hiver à Sokcho n’est pas une autobiographie. Le seul point commun que l’on retrouve entre la narratrice et moi, c’est l’origine franco-coréenne. Ma mère étant Coréenne et mon père Français. Je suis née en France, mais la plus grande partie de ma vie s’est déroulée ici, à Porrentruy. Ma protagoniste est en revanche née en Corée et ne connaît la France que par la littérature. Continuer la lecture de Rencontre avec Elisa Shua Dusapin, une révélation métissée des lettres romandes