Archives par mot-clé : oscar du meilleur film

«American Beauty», quand l’amour n’a point d’âge

Les mercredis du cinéma – Edition spéciale: L’amour au cinéma – Loris S. Musumeci

«L’amour n’a point d’âge, il est toujours naissant.» Blaise Pascal

Sam Mendes a commencé fort. En plus du récent 1917 (2020) ou les James Bond Skyfall (2012) et Spectre (2015), il a réalisé quelques autres films, tous très bons, notamment Les Noces Rebelles (2008) avec le duo titanesque DiCaprio Winslet. Mais son premier long-métrage reste le meilleur à ce jour. L’année 1999 a vu naître un réalisateur de génie et un film génial en même temps. American Beauty a d’ailleurs reçu l’ovation qu’il méritait en remportant, entre autres nombreux prix, plusieurs Oscars, dont celui du meilleur film et celui du meilleur réalisateur.  

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Fascinante «Rebecca»

Les mercredis du cinéma – Edition spéciale: Tout savoir sur Hitchcock aujourd’hui avec Le Regard Libre – Kelly Lambiel

Si Psychose, Les Oiseaux ou Vertigo comptent parmi les titres les plus souvent cités lorsque l’on évoque son exceptionnelle filmographie, avant de devenir le «maître du suspense», Alfred Hitchcock doit se faire une place aux USA. Son premier film américain porte les influences gothiques de son Angleterre natale tout en laissant transparaître son inéluctable penchant pour le noir. Une production hybride, accouchée dans la douleur, mais qui lui ouvrira les portes d’Hollywood puisque Rebecca obtiendra l’Oscar du meilleur film en 1941.

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«Cat(s)»astrophe!

Les mercredis du cinéma – Kelly Lambiel

Des chansons entraînantes, des fourrures plus ou moins hirsutes et des chorégraphies virevoltantes. Nul doute, nous voici face à l’adaptation cinématographique de la très célèbre comédie musicale Cats. Pas vraiment fan du genre en question, mais consciente du succès rencontré par cette production londonienne ayant su conquérir Broadway puis le monde, me voilà intriguée par ce que cette mise en images a à offrir. Appelons un chat un chat, si je n’en suis pas sortie les poils hérissés, je ne peux cependant pas dire que j’aie été emportée.

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Retrouver l’amour avec «Mon inconnue»

Les mercredis du cinéma – Loris S. Musumeci

Olivia et Raphaël – avec le tréma sur le «e»! – tombent amoureux en dix minutes. Et c’est parti pour dix ans. Comme quoi le coup de foudre existe, comme quoi il peut s’éteindre aussi. Durant leurs années de vie commune, les deux tourtereaux ont évolué professionnellement chacun selon ses rêves. Olivia est devenue pianiste, pas forcément avec le succès qu’elle méritait, mais elle ne s’en plaint pas: elle est heureuse. Raphaël, quant à lui, a tout fait péter. De l’adolescent qui griffonnait des histoires dans son petit carnet, il est devenu un immense écrivain à succès. Au point de commencer à occulter sa femme, parce qu’il est fatigué, entre les passages à la télévision et les rencontres avec ses admirateurs. Elle en a marre, elle se sent seule. Il s’en fout.

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«Si Beale Street pouvait parler»: un film qui parle par ses violons

Les mercredis du cinéma – Loris S. Musumeci

Un jeune couple marche. La caméra les suit en plan avion. Les violons de la bande originale l’accompagnent. Ils s’embrassent pudiquement. Coupure. On se retrouve en prison. L’amoureux, Fonny, est d’un côté de la vitrine. Elle, Tish, se trouve de l’autre côté. Elle vient le visiter pour lui annoncer une grande nouvelle malgré les circonstances. «On va avoir un bébé.» La vie n’est pas facile pour les Noirs de New York dans les années septante. Elle l’est encore moins pour une femme qui accumule les tares d’être dans la minorité raciale et d’être mère célibataire. Sa famille s’unit pour aider Fonny à sortir de prison. Il clame son innocence, si tant est qu’il soit vraiment innocent.

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«Le docteur Jivago» de David Lean, un film monumental

Le Regard Libre N° 1 – Sébastien Oreiller

Récompensé par l’Oscar du Meilleur Film, Le Docteur Jivago, réalisé par David Lean et produit par Carlo Ponti, est une adaptation du roman de Boris Pasternark (1890-1960), sorti en salles cinq ans après la mort de l’auteur, en pleine guerre froide. Censuré par le gouvernement soviétique, le roman, dont l’action s’étend sur près de trente ans, dresse le portrait de la Russie depuis la Révolution d’Octobre jusqu’à la période stalinienne.

Le film s’ouvre sur la rencontre, en plein chantier soviétique, du général Yevgraf Jivago, et d’une jeune ouvrière qui ne serait autre que sa nièce, la fille du poète Youri Jivago et de son amante Larissa. Devant la perplexité de la jeune femme, le général lui raconte l’histoire du docteur Jivago, né en Sibérie avant d’être recueilli à la mort de sa mère par des amis issus de la bourgeoisie moscovite. C’est dans cette cité qu’il étudie la médecine avant d’épouser son amie de longue date, Tonia.

Parallèlement, le spectateur découvre l’existence de Larissa, jeune fille issue de la classe commerçante mais mariée à un bolchevik. Youri et Larissa finissent par se rencontrer, sans que rien ne laisse présager de leur future romance. Ce n’est que bien des années plus tard, lorsque les Jivago emménagent en Sibérie après les expropriations du régime soviétique, que Youri et Lara se retrouvent et deviennent amants, alors que Tonia est enceinte. Malheureusement, Youri est enrôlé de force dans l’armée blanche pendant plusieurs mois, et découvre à son retour que sa femme et son fils ont fui vers l’Europe. Lara et Youri décident de quitter la Russie, mais se trouvent séparés une ultime fois. Jivago meurt plusieurs années plus tard à Moscou, sans avoir retrouvé Larissa.

Le Docteur Jivago est un film monumental, tant par sa qualité cinématographique que son fond historique. Il parvient, en trois heures, à retracer trente ans d’une Russie troublée par les révolutions, la guerre civile, et les ravages du stalinisme. L’atmosphère bouillonnante du pays au crépuscule de la Première Guerre mondiale est rendue à merveille de par les tensions entre deux milieux opposés, celui de la bourgeoisie incarnée par la famille de Tonia, et le prolétariat exaspéré à travers le personnage de Pachka, mari de Larissa. En tant que médecin, Youri Jivago est amené à combattre les sévices de la guerre et de la pauvreté, ce qui fait de lui un personnage ambivalent entre les deux classes sociales, sous le regard glacial de la Sibérie.

En ce qui concerne la production elle-même, tous les ingrédients d’un chef d’œuvre cinématographique sont réunis dans ce film, les acteurs d’abord, puis le cadre. Certains des plus grands noms du cinéma sont présents, parmi lesquels Omar Sharif, qui incarne le docteur Jivago, Géraldine Chaplin dans le rôle de sa femme, Alec Guinness dans celui du général Yevgraf Jivago, et Klaus Kinski, qui fait une brève apparition dans la scène du train. Le décor, grandiose, offre des paysages à couper le souffle, à si méprendre avec les vraies montagnes russes – le film, évidemment, n’a pas été tourné en Russie, pays où il ne sera autorisé qu’en 1994. Toutefois, plus que tous les grands acteurs au monde, c’est surtout la mélodie de Maurice Jarre, célèbre compositeur de musique de films, qui fait le charme intemporel de ce film, bercé par le son de la balalaïka.

Le Docteur Jivago est donc un long-métrage qui demeure l’un des plus grands films de l’histoire du cinéma, auréolé d’un succès intemporel. Si trois heures de projection ne suffisent pas à combler soif d’évasion et passion poétique, le roman de Pasternark fournira sans doute une mine de nouvelles perspectives non seulement sur Youri et Lara, mais aussi sur la grande Russie qui ne cesse aujourd’hui de renouveler à travers des séries télévisées et des comédies musicales sa fascination pour une œuvre injustement censurée.