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Metin Arditi : « Dans tous mes livres, j’ai cherché l’estime de mon père »

Le Regard Libre N° 37 – Jonas Follonier

Connu pour ses nombreux engagements dans le milieu culturel, Metin Arditi est devenu depuis quelques années l’un des écrivains les plus importants de Suisse. L’auteur d’origine turque séfarade nous a ouvert les portes de son domicile, à Genève, pour une discussion autour de son dernier roman, Mon père sur mes épaules (2017), paru aux Editions Grasset. Un entretien aussi bouleversant que son ouvrage.

Jonas Follonier : Dans votre ouvrage Mon père sur mes épaules, vous racontez l’épisode marquant où l’une de vos deux filles atteint l’âge de sept ans. Vous écrivez : « Soudain je compris de quoi, à son âge, j’avais été privé. Je fus anéanti. » Est-ce le point de départ de ce livre ?

Metin Arditi : Dans la question de savoir s’il faut condamner Pâris et Hélène du fait que leur amour a déclenché la guerre de Troie, le véritable problème à affronter est le suivant : s’ils n’étaient pas tombés amoureux l’un de l’autre, est-ce que la guerre de Troie aurait eu lieu oui ou non ? Il s’agit de se demander s’il y a une véritable connexion entre les deux événements. Toutes proportions gardées, c’est un peu la même histoire ici. L’observation que j’avais faite de ma fille lorsqu’elle avait sept ans, c’est la cause profonde, en effet. Mais il y a eu des causes beaucoup plus immédiates qui m’ont amené à écrire ce livre, dont une particulièrement.

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« Brooklyn Yiddish », une photographie sublime épouse l’histoire d’un veuf

Les mercredis du cinéma – Loris S. Musumeci

« Les rabbins ont-ils droit de regard sur tout ? »

Menashe a l’air perdu. Il marche dans son quartier sans sembler savoir où il va. Pourtant, il est en retard, comme d’habitude. A peine arrivé à l’épicerie kasher où il travaille, il reçoit une remarque de son supérieur. Par ailleurs, Menashe est veuf depuis une année. La garde de son fils unique, Rieven, a été confiée au frère de sa défunte épouse, jusqu’à ce qu’il ne se trouve une nouvelle femme. Seulement, il n’est pas très désireux de se marier. Ce qui compte pour lui, c’est son fils. Miséricordieux, le rabbin lui accorde de pouvoir reprendre Rieven chez lui pendant une semaine. Le père se donnera la plus grande peine pour prouver que lui et l’enfant peuvent être heureux.

Une histoire touchante

Joshua Z. Weinstein a plongé dans sa propre judéité pour donner un aperçu de la vie dans un quartier juif. Si Brooklyn Yiddish rend parfaitement compte de l’atmosphère régnant au sein de la communauté hassidique de Brooklyn, il offre en réalité beaucoup plus. L’histoire raconte l’amour aussi banal qu’immense d’un père pour son fils. Le père est certes très maladroit, néanmoins le petit n’a d’yeux que pour lui.

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