Archives par mot-clé : père

«Le Mans 66»: une lutte du moteur au cœur

Les mercredis du cinéma – Loris S. Musumeci

La voiture est devenue un objet sacré dans les années soixante. Symbole de liberté, de mobilité, de vie. Qui plus est démocratisé. Chaque père peut, et doit même, doter sa famille d’une voiture. Aux Etats-Unis, l’entreprise Ford inaugure la production automobile de masse pour fournir le peuple. Mais voilà que la marque américaine est en perte de vitesse; en crise, à vrai dire. Ses voitures ne font plus rêver les jeunes: les modèles ne laissent songer qu’à la petite vie tranquille de l’américain moyen. On veut désormais de la puissance, du sport, des crissements de pneus, du rêve.

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Promenez-vous dans les bois pendant que le mystère y bat son plein

Les bouquins du mardi – Arthur Billerey

Avec poésie et justesse, Alexandre Voisard nous révèle la présence de la forêt et de la rivière dans un petit livre court comme l’éclair où les personnages nous émeuvent autant qu’ils nous ramènent à notre propre fragilité humaine.

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«My Absolute Darling» de Gabriel Tallent est un roman exceptionnel

Les bouquins du mardi – Loris S. Musumeci

L’aventure, la vraie! On peut dire en effet sans une once d’hésitation que le roman de Gabriel Tallent envoie du lourd. My Absolute Darling raconte l’histoire de Turtle Alveston. Elle a quatorze ans et vit seule avec son père en Caroline du Nord. Elle n’aime pas trop l’école et peine à entretenir des relations sociales en dehors de son père et de son grand-père. En fait, Turtle est un peu une sauvage, selon les dires de son père. Qui en est d’ailleurs fier. Il a appris à sa petite la vie dans la nature, la résistance physique aux confins de l’extrême, l’indépendance en toute situation, le maniement des armes, la chasse, la pêche; la vie à la dure, quoi.

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Avec «A Thousand Girls Like Me», Sahra Mani se bat au quotidien pour les femmes de son pays

Le Regard Libre N° 50 – Loris S. Musumeci

Dossier spécial FIFF 2019

Voilà un documentaire qui marque. Voilà une réalisatrice qui marque tout autant. Son courage et sa volonté de changer les choses l’ont menée à raconter l’histoire de Khatera Golzad dans A Thousand Girls Like Me. Cette jeune fille de vingt-trois ans a été abusée par son père durant des années, qui est devenu fou à cause de la guerre. Mais parler de ce genre de tabou ne fait pas très bonne impression. Elle franchit néanmoins le pas en s’exprimant à la télévision. La famille exclut et menace Khatera, à l’exception de sa mère qui la soutient et l’aide à élever ses deux enfants; la justice est mal à l’aise dans la mesure où la voix d’une femme n’est que rarement écoutée. Pourtant, le père est bel et bien emprisonné. Ce qui n’achève toutefois pas les peines de Khatera, ses deux enfants et sa mère. Jusqu’au jour, du moins, où elle peut enfin commencer à se reconstruire, en France.

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«La Vrai Vie»: un prix du Roman Fnac coup de coeur

Tour d’horizon de quelques grands prix littéraires – épisode #2

Le Regard Libre N° 48 – Loris S. Musumeci

«Un soir d’été, ma mère avait fait des pêches au thon que nous avions mangées sur la terrasse en pierre bleue qui donnait sur le jardin. Mon père avait déjà déserté pour s’installer devant sa télé, avec sa bouteille de Glenfiddich. Il n’aimait pas passer du temps avec nous. Je crois que dans cette famille, personne n’aimait le moment où on se retrouvait réunis autour du repas du soir. Mais mon père nous imposait ce rituel, autant qu’il se l’imposait à lui-même. Parce que c’était comme ça. Une famille ça prend ses repas ensemble, plaisir ou pas. C’était ce qu’on voyait à la télé.»

Malgré l’ambiance pesante qui règne en famille, la petite fille de dix ans qui nous raconte l’histoire de La Vraie Vie a une vie assez paisible et heureuse. Elle est bonne à l’école. Elle aime bien jouer avec son petit frère Gilles; et surtout, elle adore quand ils vont s’acheter une bonne glace chez le gentil glacier ambulant, mais attention, sans chantilly, parce que papa l’interdit. Un beau jour d’été, advient un terrible accident. Tout bascule. Papa devient de plus en plus violent; maman de plus en plus soumise; et Gilles change du tout au tout. Il ne sourit plus. La fillette veut alors trouver un moyen pour revenir dans le passé, comme elle l’a vu dans un film, et inverser le cours des événements, pour que Gilles continue à sourire.

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Un beau gosse écrivain «De la race des seigneurs»

Les bouquins du mardi – Loris S. Musumeci

«N’oublie jamais que tu es un Delval, mon fils. Tu es de la race des seigneurs.» 

Alex Delval, fils d’Alexandre Delval, cherche sa place. Et ce n’est pas chose facile. Le jeune garçon voudrait se lancer dans le cinéma pour la bienveillance et l’amour qu’offrent un plateau de tournage sous les projecteurs et le regard de la caméra. Mais la place semble déjà prise, pour l’éternité. Un seigneur du cinéma y siège: Alexandre Delval. Alors le fils est perdu. Ce qui le pousse à commettre quelques – grosses – conneries. Drogue, violence et l’art de toujours tout gâcher, en tout. Un soir, Alex rencontre un psy. La discussion entre les deux s’entame, pour aller puiser dans le fond des souffrances de l’un comme de l’autre. 

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«Pupille»: l’adoption ou la promesse de l’aube

Les mercredis du cinéma – Thierry Fivaz

Une jeune femme (Leïla Muse) se présente seule à l’accueil d’un hôpital d’une ville française. Elle est enceinte. De combien de semaines exactement? Elle l’ignore. Elle n’a pas voulu de suivi de grossesse. Ce qu’elle sait en revanche, c’est que son accouchement est imminent et que l’enfant qu’elle est sur le point de mettre au monde, elle n’en veut pas. Cet enfant, elle lui donne un nom: Théo. En l’état, le nourrisson ne peut être adopté. Durant deux mois, sa génitrice peut en effet revenir sur sa décision. Il faut donc lui trouver une famille provisoire avant que le Service d’adoption puisse lui trouver, enfin, de vrais parents.

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«Amanda», de l’angoisse à l’espérance

Les mercredis du cinéma – Loris S. Musumeci

«– Maman elle dort encore?
– Elle est pas là.»

Vie parisienne, vie heureuse. Amanda passe une enfance normale avec sa maman. David, son jeune oncle de vingt-quatre ans, profite le plus possible de voir sa sœur et sa nièce qui l’adore. Malgré sa vie mouvementée, toujours pressée, entre petits boulots et arrangements, David entretient une belle relation de complicité avec sa sœur. Puisque cette dernière est seule pour élever sa fille, il lui donne des coups de main comme il peut. Mais un jour tout s’écroule. La terreur d’un attentat s’abat sur Paris. Amanda n’a plus de maman, et David doit par conséquent devenir père prématurément. L’oncle et la nièce apprennent à vivre ensemble, malgré les difficultés, et les blessures du passé toujours ouvertes.

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«Ceux qui travaillent», quand le cinéma suisse de qualité se fait attendre

Les mercredis du cinéma – Loris S. Musumeci

«De quel côté tu veux être? Ceux qui travaillent ou les autres?»

Franck est une bête au travail. Il ne lâche rien. Jour et nuit, il a les yeux rivés sur son téléphone et sur son ordinateur. Son bureau, c’est sa deuxième maison, ou plutôt sa première tant il y passe du temps. Les sentiments n’existent pas pour lui. L’argent, l’entreprise et le profit sont les seuls moteurs de sa vie. Depuis Genève, il gère les déplacements de navires de commerce à travers le monde. Chaque petite erreur peut coûter des centaines de milliers de francs à l’entreprise. Un jour, le commandant d’un bateau lui signale qu’un Libérien clandestin s’est infiltré dans le bateau. Impossible de faire marche arrière; impossible de le ramener en Europe. «Débarrassez-vous de lui!» L’histoire ne tarde pas à être connue de ses supérieurs. Et c’est le licenciement.

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Père, pain, pardon: la visite du pape François à Genève

Le Regard Libre N° 41 – Loris S. Musumeci

Le pape François était attendu depuis peu, mais il était très attendu. Sa visite à Genève du 21 juin dernier a été marquée par une forte valeur symbolique au niveau politique et œcuménique ; par une forte valeur émotionnelle pour la population. Outre le discours central prononcé au COE (Conseil œcuménique des Eglises), il y avait l’homélie qui suscitait l’impatience. Qu’aurait-il bien pu dire, ce brave homme, aux bons Suisses ? Une fois le prêche accompli, l’ardeur est passée ; le message, lui, a demeuré.

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