Archives par mot-clé : tragique

La couleur jaune dans la série «Breaking Bad»

Le Netflix & chill du samedi – Jonas Follonier

Breaking Bad est the série culte du passage des années 2000 aux années 2010. Et ce n’est pas pour rien: elle regorge de sens. Même si beaucoup a déjà été écrit sur cette œuvre magistrale de Vince Gilligan, tout n’a pas été dit sur la richesse de sa photographie. La couleur jaune, plus importante encore que le vert dans cette série, mérite qu’on s’intéresse à elle et à tout ce à quoi elle renvoie. C’est parti!

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Une Europe de destin

Le Regard Libre N° 52 – Jonas Follonier

Les élections européennes de mai dernier ont été à nouveau l’occasion pour les différents partis de faire croire à leur volonté de «réformer l’Union européenne». C’est bien beau, mais il est permis de douter. Sur les douze candidats d’un débat télévisuel français, tous ont appelé à plus de protectionnisme au sein d’une Union jugée «ultralibérale», «néolibérale» ou tout simplement «libérale», un mot qui suffit à l’insulte dans un pays qui pourtant mériterait une bonne douche de libération de l’économie, de redimensionnement des services publics et de baisse des impôts. Et si, au lieu de dénoncer le libre marché sur lequel s’est construite une UE certes imparfaite, on reconnaissait qu’il s’agit là du meilleur système économique qui soit tout en affirmant que le problème est ailleurs, à savoir au niveau civilisationnel?

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Les chansons calmes de feu Nino Ferrer

Et la fichue mémoire sélective du public

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«Les Veuves», un film féministe, mais pas que

Les mercredis du cinéma – Loris S. Musumeci

«Je voulais juste savoir comment vous alliez après la perte de votre mari.»

Les portraits de quatre vies familiales se succèdent, entrecoupés d’une scène de cambriolage assez chaude et mouvementée. Les quatre familles sont celles des quatre braqueurs. Ces derniers, pris la main dans le sac, sont cernés par les forces de l’ordre après une course-poursuite. L’épisode se termine en coups de feu de la part d’une police acharnée. La mort des quatre bandits laisse désormais place à quatre veuves. Malgré le deuil, elles ne sont pas au bout de leurs peines. La mafia afro-américaine locale tient à ce que ces quatre femmes leur remboursent des dettes

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« Les vieux fourneaux »

Les mercredis du cinéma – Jonas Follonier

Pierrot, Mimile et Antoine sont trois amis d’enfance désormais septuagénaires, dont les retrouvailles s’inscrivent dans le contexte de l’enterrement de Lucette, la femme d’Antoine. L’élément déclencheur du film : Antoine découvre une lettre qui lui révèle un secret du passé le mettant en rogne. Depuis son Tarn natal, il se met alors en route vers la Toscane. Ses deux acolytes, accompagnés de Sophie, la petite-fille d’Antoine enceinte de six mois, se lancent alors à sa poursuite pour l’empêcher de commettre un crime passionnel… cinquante ans plus tard !

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Philippe Forest : « De certaines expériences extrêmes, on ne peut jamais rien dire »

Le Regard Libre N° 37 – Loris S. Musumeci

Philippe Forest est un homme de lettres reconnu pour ses amples connaissances en la matière. Il est professeur de littérature et contribue à de prestigieuses revues telles que la NRF. Depuis la mort de sa fille, Pauline, arrachée à la vie toute petite par un cancer, Philippe Forest a commencé à écrire des romans, liant la démarche du deuil à celle de l’écriture. Après plusieurs grands succès, comme son premier roman, L’Enfant éternel (1997), ou Sarinagara (2004), l’auteur se livre à une réflexion romanesque sur l’oubli. Nous l’avons rencontré à Fribourg.

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Un fan de Thiéfaine sur les planches

Le Regard Libre N° 36 – Jonas Follonier

La pièce J’arriverai par l’ascenseur de 22h43 propose un monologue comme on en voit peu, où le comédien vaudois Philippe Soltermann rend hommage au chanteur Hubert-Félix Thiéfaine et interroge le rapport fan à idole. Neuf représentations ont eu lieu en Suisse romande en janvier-février. Le Regard Libre a assisté à une supplémentaire au Théâtre du Crochetan, à Monthey, le 3 février dernier. Notre article grand format.

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« Coco », une touchante ode à la famille

Les mercredis du cinéma – Loris S. Musumeci

« Qu’est-ce qu’on va pouvoir faire de ce garçon ? »

Miguel Rivera est un enfant de la petite ville mexicaine Santa Cecilia. Il en porte en lui un fort sentiment familial. A l’approche de l’incontournable Dia de los Muertos – la Fête des Morts – tout a été préparé pour réserver aux ancêtres Rivera un bon retour annuel, par des offrandes et l’exposition de la photographie de chacun de ses membres défunts sur l’autel de la maison.

Seule une figure ne trône pas en effigie : celle du père de Mama Coco, l’arrière-arrière-grand-mère et confidente de Miguel. Le mystérieux personnage aurait abandonné sa famille pour suivre son destin : la musique. Considéré comme maudit, la musique elle-même a été complètement bannie et haïe par la famille. Et pourtant, le jeune garçon ne rêve que de devenir musicien. Secrètement.

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«Ploukitudes»: rencontre avec Jean Romain et Stéphane Berney

Le Regard Libre N° 33 – Loris S. Musumeci et Jonas Follonier

Ploukitudes donne matière à penser. L’ouvrage est bouleversant tant il touche un point intime de l’homme, à savoir son côté plouc. Il a fallu qu’un philosophe (Jean Romain) et un journaliste (Stéphane Berney) travaillent ensemble pour peindre la société dans ses revers les plus absurdes et tragiques, à travers leur analyse sociologique. Rencontre dans un café plouc de la gare de Genève.

Le Regard Libre: Qu’est-ce qui vous a poussés à écrire ensemble le livre Ploukitudes?

Jean Romai : Je publiais des billets sur Facebook, pour constituer une sorte de manuel pratique de ploukitudes par petits épisodes. Stéphane Berney m’a alors contacté pour m’exposer son idée de transformer cette succession de billets assez disparates en un ouvrage plus structuré.

Stéphane Berney: Il y avait quelque chose de très puissant dans ses billets. Je trouvais que c’était dommage de ne les laisser qu’à Facebook, car ce sont des idées qui résument beaucoup de choses sur la société actuelle, et on voit d’ailleurs que le livre est en train de prendre son envol.

L’idée de base, c’est le plouc. Qui est-il?

J. R.: Le plouc n’est ni le beauf, ni le con. C’est une personne qui essaie de se mettre à la mode parce qu’elle se sent larguée. A la base, «plouc» était le nom donné aux Bretons qui montaient à Paris. En somme, c’est le Valaisan qui va à Paris. Il porte une petite différence malgré tout, qui se voit terriblement. Le plouc se fond dans la masse de ce qui se fait, de ce qui se dit, de ce que Stéphane appelle la bien-pensance. Le plouc en a un peu conscience, ce qui n’est pas le cas du con. Le con n’a aucun recul sur lui-même.

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« Au revoir là-haut »

Les mercredis du cinéma – Loris S. Musumeci

« – C’est une longue histoire compliquée.
– On a tout notre temps. »

Les visages masqués d’une sombre et épaisse poussière sont ceux des soldats dans les tranchées en 1918. La fatigue, la peur et la misère les replient dans leur uniforme bleu. Un seul regard contrastant est aussi assuré que satisfait, élevé par la fumée d’une cigarette : le lieutenant Pradelle (Laurent Lafitte). Sa fougue le pousse à envoyer des hommes au massacre.

Parmi eux, le jeune Edouard (Nahuel Pérez Biscayart), qui s’amuse à dessiner secrètement son supérieur de manière caricaturale, ainsi qu’un comptable plus âgé, Albert (Albert Dupontel), cachant les dessins de son camarade. En pleine attaque des Allemands, ce dernier se retrouve coincé sous la terre, affolée dans l’éclat d’une bombe, avec le cadavre d’un cheval. Son compagnon le sauve héroïquement, avant de n’être à son tour éjecté par une balle. Son visage est défiguré, en sang. La forme de sa bouche se découvre cruellement envahie par l’absence de mâchoire. Dès lors, les deux amis ne se quittent plus. Continuer la lecture de « Au revoir là-haut »