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«Dix jours sans maman»: s’il vous plaît…

par Jonas Follonier
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Dix jours sans maman

Attention, navet! Dix jours sans maman est un mauvais film familial, car totalement réchauffé. Franck Dubosc sauve à peine cette comédie qui, en plus de compter un scénario affligeant, aligne les clichés et surprend par le jeu catastrophique des autres acteurs.

Tout d’abord, que les choses soient claires: les films familiaux sont un genre noble. Un genre officieux, certes, que l’on regarde volontiers au salon avec papa maman ou avec ses mouflets, mais qui a non seulement sa légitimité et son utilité, mais aussi son génie. Quelles intuitions et quel talent faut-il pour sortir quelque chose comme La soupe aux choux, Les Visiteurs I, Le père Noël est une ordure ou, plus récemment, Le prénom et Cornélius ou le meunier hurlant! Nul doute là-dessus.

Or, on ne le répétera jamais assez, chaque genre compte ses bijoux comme ses ratés. Si le caractère commercial d’une œuvre ne nous dit pas grand-chose a priori de ses qualités ou de ses défauts, il en va de même pour la veine des films dits familiaux. Toute entreprise peut se solder par un succès, un échec, une réussite en demi-teinte, et ceteri, et cetera. Si bien que, rien de plus basique: l’intention d’un artiste ne se retrouve pas forcément dans le résultat. Et c’est ainsi que Dix jours sans maman n’a de familial que son public.

Franck Dubosc sauve à peine ce navet

Il faut dire que hormis la présence de Franck Dubosc au centre de sa distribution, la comédie de Ludovic Bernard n’a rien pour elle. A commencer par le synopsis. Antoine, directeur des ressources humaines d’une grande enseigne de bricolage, a une chance sur deux de devenir le directeur général de la boîte. Mais voilà que sa femme, qui s’occupe de tout à la maison, décide du jour au lendemain de partir dix jours aux Cyclades avec sa sœur, pour décompresser.

Enfin, vous connaissez la chanson… Antoine se retrouve seul à devoir s’occuper de ses quatre gamins alors même que c’est une période cruciale professionnellement. Comme vous l’aurez deviné, la gestion de la maisonnée se passe mal, parce qu’il ne s’est jamais occupé que de son travail. Et comme vous l’aurez deviné aussi, il finit par se rendre compte du fait qu’il ne s’est pas assez occupé de sa famille.

L’actrice Aure Atika, interprétant le rôle de la mère de famille.

Si au moins les aventures familiales à l’intérieur de la maison en l’absence de la mère étaient croustillantes, on aurait pu rire à gorge déployée, sans trop réfléchir, et rentrer à la maison la tête légère. Mais non, rien de trop méchant, et surtout rien de nouveau sous le soleil. Le film aligne tous les clichés sur le père obsédé par sa vie professionnelle, sur les spécialistes des ressources humaines qui ne connaissent rien de l’humain, sur la mère de famille qui dit «oui amen» à tout et qui un beau jour décide de prendre du temps pour elle, sur les enfants aimants qui vont rendre le père meilleur. Bref, un ramassis d’inepties réchauffées. Pire, les acteurs secondaires, à commencer par Autre Atika (la mère de famille), jouent comme s’ils se trouvaient dans un clip publicitaire. A éviter, malheureusement.

Ecrire à l’auteur: jonas.follonier@leregardlibre.com

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