Gérald de Palmas : histoire d’un style

Le Regard Libre N° 29 – Jonas Follonier

A quarante-neuf ans, l’auteur-compositeur-interprète se place parmi les vedettes de la pop française de qualité. Actuellement en pleine tournée, durant laquelle il défend les titres de son dernier album, Gérald de Palmas cultive un véritable style musical.

Une substantifique pop rock, un son légèrement urbain, des guitares omniprésentes, une voix nasillarde mais harmonieuse : nous avons affaire à du de Palmas. Plus que quiconque dans la vague des chanteurs français de sa génération, Gérald Gardrinier – on comprend qu’il ait choisi un nom de scène, emprunté à sa grand-mère maternelle – possède ce qu’on appelle une « patte ». Une patte que l’on reconnaît aussitôt à l’écoute d’un de ses morceaux.

Un début collectif

Peu de personnes savent que de Palmas n’a pas débuté sa carrière en solo, mais dans un groupe. A l’âge de dix-huit ans, il intègre Les Max Valentin en tant que bassiste-chanteur. Un poste peu fréquent dans les formations de musiciens, où c’est souvent le guitariste-chanteur qui est la règle. Le groupe bénéficie pendant trois ans de la participation de Gérald et sort deux quarante-cinq tours durant cette période, où le chanteur en herbe se fait déjà remarquer pour son talent.

En 1988, c’est la dissolution du groupe, et le début de la carrière personnelle de Gérald de Palmas. Celui-ci va prendre son temps : il passe sept ans à travailler ses compositions, avant de remporter le concours du talent de demain en 1994, sur M6. C’est cette année-là que sort son premier opus, très artisanal et à la frontière du blues : La Dernière Année. Le style de Palmas est né, dans son état pur.

La deuxième chanson de l’album, Sur la route, est jusqu’à ce jour le titre le plus connu de l’artiste. Elle représente à elle seule la veine de Palmas. Tout ce qui suivra jusqu’à ce jour se trouvera sur cette fameuse route. Son style.

D’album en album

De 1994 à aujourd’hui, Gérald de Palmas a enchaîné les albums. Les Lois de la nature, son œuvre la plus méconnue mais dont il est très fier, sort l’année de naissance de son premier enfant, en 1996. Quatre ans passeront avant qu’il ne revienne avec un opus. Avec J’en rêve encore, une chanson écrite par un certain Jean-Jacques Goldman, Marcher dans le sable est un véritable succès. Le piano et les cordes font leur grande entrée dans la musique de Gérald de Palmas : c’est proprement l’une des petites touches qui, sans rien changer au style de chanson rock tranquille, lui offrent une dimension plus populaire.

Gérald de Palmas, "Marcher dans le sable"
Gérald de Palmas, « Marcher dans le sable » (2000)

Cet album, contenant également les célèbres Une seule vie, Tomber et Regarde-moi bien en face, va valoir à l’artiste français le NRJ Music Award de l’Album Francophone de l’Année ainsi que le Prix de l’Artiste ou Groupe Masculin de l’Année aux Victoires de la Musique, le tout en 2002. C’est également cette année-là qu’arrive dans les bacs le double disque A la vie, à la mort de Johnny Hallyday. Cinq des vingt-trois titres sont composés par de Palmas, dont Marie, la plus grande vente de single de Johnny. Cette ballade devenue culte, se construisant sur une fine mélodie jouée à la guitare acoustique, peut être considérée comme le chef d’ œuvre absolu de de Palmas.

Un Homme sans racines (2004) signe un retour aux sources de l’auteur-compositeur-interprète, bien qu’il demeure dans un style alliant ce qu’on pourrait appeler la pop blues et la chanson française empreinte de fraîcheur et de nonchalance. Il s’agit de l’album le moins orchestré, mais le plus à même d’être écouté en voiture pour passer un bon voyage.

Après Sortir (2009) et De Palmas (2013), l’artiste a présenté l’année passée son nouveau travail, La Beauté du geste. L’album tourne autour de la thématique de la violence, un fait nouveau chez le chanteur, sans doute lié à sa rupture amoureuse. Il faut qu’on s’batte, Le jour de nos fiançailles ainsi que Ma p’tite reine sont de véritables réussites. Remis au goût du jour par des emprunts à la musique électronique et au rock contemporain, le style de Palmas est intact. Et plus fort que jamais.

Ecrire à l’auteur : jonas.follonier@leregardlibre.com

Crédit photo : © media.rtl2.fr

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