Au cœur de la première « Sour Ale Congregation » à Saignelégier

Les vendredis de la microbrasserie – Max Moeschler

Figure de proue des bières artisanales suisses, la Brasserie des Franches-Montagnes organise depuis longtemps divers événements alliant gastronomie, musique et, bien sûr, bières de qualité. Fondée en 1997 à Saignelégier, la BFM n’a eu de cesse de développer des bières typées et originales, en parallèle d’un programme événementiel riche et bien souvent insolite. Le 14 juillet 2018 s’inscrit dans cette lignée, avec un événement inédit baptisé « Saint Bon-Chien & Friends’: 1st Sour Ale Congregation ».

Cet événement atypique tire son nom d’une des plus célèbres créations de la Brasserie des Franches-Montagnes : la Saint Bon-Chien. Cette dernière tire son nom de l’emblématique mascotte de la brasserie, un chat nommé Bon-Chien. Sanctifié à sa mort, il devient Saint Bon-Chien et inspire la création de celle qui connaîtra plus tard un succès international et deviendra l’ambassadrice attitrée de ses créateurs : la bière acidulée Saint Bon-Chien. Cette dernière est une bière de fermentation mixte présentant une robe rouge-ambrée et un haut taux d’acidité. Elle a également la particularité d’être mûrie pendant un an dans des fûts de chêne ayant contenu du vin rouge. Très aromatique, assez acide et complexe, elle semble s’adresser, à priori, à un public spécifique et averti. Elle connait néanmoins un grand succès international et se présente comme le fer de lance de la marque.

En effet, la Saint Bon-Chien s’inspire fortement des bières de tradition belge dites acides, ou lambics. Ce type de bière, très ancien et pourtant méconnu, utilise la technique de le fermentation spontanée : laissées à l’air libre, dans des conditions d’humidité et de température très spécifiques, le brassin développe des levures naturelles qui viennent, petit à petit, coloniser les cuves et transformer les sucres en alcool et en gaz carbonique. Ce processus, pleinement naturel, nécessite donc du temps et des conditions climatiques optimales. Complètement tributaire des conditions météorologiques, cette méthode de fermentation est donc restée minoritaire, voire confidentielle au fil des siècles. Le résultat est généralement une bière très typée et résolument acide, avec peu de gaz carbonique et un taux d’alcool modéré.

La Brasserie des Franches-Montagnes a donc pris le pari osé de dédier un événement à ce type de bière si particulier. Et force est de constater que la BFM a mis les petits plats dans les grands, avec pas moins de vingt-et-un brasseries invitées et venant de huit pays différents, dont les Etats-Unis, les Pays-Bas, la Norvège, l’Italie et l’incontournable Belgique. Plus de vingt-cinq bières à la pression y sont proposées, ainsi que la possibilité de déguster de nombreuses bières rares et étonnantes, et de converser avec les nombreux brasseurs sur place. La brasserie se remplit au fil de l’après-midi, et producteurs, connaisseurs, restaurateurs et curieux dégustent et échangent dans la bonne humeur et le parfum du houblon, sans retenue liée aux différences linguistiques. Le cadre fantastique offert par la BFM contribue également à l’ambiance agréable des lieux et pousse à la découverte de bières sans cesse plus originales : lambic blanche à l’abricot, bière fermentée en fûts de grappa, bière brassée avec du vin rouge et de la myrtille ou encore mélange audacieux de lambic et d’IPA.

La créativité des brasseurs semble n’avoir aucune limite, et la Brasserie des Franches-Montagnes rend un hommage retentissant au défunt félin Bon-Chien, qui aurait sans doute donné le point d’orgue de la manifestation avec l’un de ses célèbres miaulements houblonnés.

Crédit photo : © BFM

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