Ode à la bière

Les vendredis de la microbrasserie – Jonas Follonier

Nulle chronique en ce vendredi, ou plutôt plus qu’une chronique: une ode. Une des différentes formes poétiques possibles de l’éloge, l’ode peut être héroïque, célébrant ainsi des hauts faits, ou anacréontique, pour les sujets familiers. Il semblerait que la bière, si familière, endosse également quelque noble statut. Place donc à une ode hybride en alexandrins.

Buvons, cher lectorat, à la folie en nous,
Celle du quotidien qui ne nous rend pas fous,
Un entre-deux charmant, celui de la bibine,
Eternelle copine, éternelle coquine.

Buvons à la boisson, méta-consommateurs,
A sa consolation, à sa chaude fraîcheur,
Boisson des gens branchés comme des prolétaires,
Boisson des marginaux et des hauts fonctionnaires.

Ce qui fait que le bien se confond dans le bu,
C’est qu’on frôle le Graal quand il n’y a point d’abus.
Remontant nos humeurs, descendant dans nos gorges,
La bière est rédemptrice, elle a le goût de l’orge.

Jadis signe des beaufs, on dit que les bubus,
Nouveaux bobos barbus, y trouvent leur salut.
On dit que par les monts, les vaux et les sardines
A l’abri des regards y trempent leurs babines.

On dit que la vanter n’est pas dans l’air du temps,
Que l’époque a horreur de tout homme de cran.
Qu’importe! Au bar d’ici, de chronique en chronique,
Nous chanterons sans fin sa puissance alchimique!

Ecrire à l’auteur: jonas.follonier@leregardlibre.com

Publicités

Laisser un commentaire