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Après «Paris est à nous», un voyage à Paris s’impose3 minutes de lecture

par Le Regard Libre
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Le Netflix & chill du samedi – Alissa Musumeci

Anna (Noémie Schmidt) et Greg (Grégoire Isvarine) se rencontrent de façon banale dans une boîte de nuit. Ils vivent un amour bien mouvementé. Leur histoire sera rythmée de disputes, incompréhensions, mais aussi de moments complices et romantiques. Quand Greg décide de partir à Barcelone pour gagner au mieux sa vie, Anna remet en question toute son existence.

Pourquoi se sent-elle si incomprise dans ce monde? Vivra-t-elle une vraie histoire d’amour, comme dans un conte de fées? Pourra-t-elle se sentir enfin épanouie? Après mûre réflexion, elle se sent prête à rejoindre Greg à Barcelone. Par malheur ou par chance, elle rate son avion. Qui se crashera peu avant son arrivée en Espagne. Cet événement plonge Anna dans la mélancolie, liée aux souvenirs de son enfance.

Elisabeth Vogler, réalisatrice du film, a choisi une façon très particulière de mettre en scène l’histoire, ce que je n’ai pas forcément apprécié. Le jeu d’acteur laisse malheureusement à désirer: lors des disputes du couple, par exemple, le spectateur n’a aucun accès à leurs émotions. C’est bien dommage. De plus, les gros plans sur le corps et sur le visage d’Anna reviennent sans cesse, ce qui donne un effet lourd au film.

La voix off, qui est plus présente que les dialogues, essaie de faire passer des discours philosophiques aux spectateurs, mais malheureusement il n’y a rien à rechercher, rien à réfléchir dans ce qu’elle voudrait nous apprendre. Le fait de revenir dans le passé et des projections dans les événements futurs rend le film très dur à comprendre, d’autant plus qu’il n’y a pas vraiment de fil rouge. Les scènes au bord de la plage, où l’on voit une métaphore de l’histoire d’amour entre Greg et Anna, n’apporte rien de très clair ou d’intéressant au film.

Paris est à nous essaie d’introduire différents moments forts tout au long de l’histoire. Par exemple, l’attaque terroriste de Charlie Hebdo survenue 7 janvier 2015 à Paris. Cette tragédie qui avait bouleversé la France entière, mais aussi ses pays limitrophes, aurait dû être présentée davantage. Pourquoi ne pas consacrer une partie du film au ressenti des Parisiens? Comment se sont-ils reconstruits suite à ça? Le film ne nous dit ni quand cela s’est passé, ni pourquoi, et ni l’impact que ce drame a eu sur la jeunesse parisienne, alors que c’était censé s’ériger en thème central du film.

Le crash de l’avion qu’Anna aurait dû prendre est tout simplement symbolisé par un gros plan sur la cabine du pilote qui voit une piste d’atterrissage. La voix off nous explique, toujours très vaguement, le ressenti d’Anna, mais une fois de plus, on ne sait ni quand cela s’est passé, ni les circonstances et les conséquences de cet accident.

Globalement – cela me peine de le dire ainsi – ce film ne nous apprend rien. Le message qu’il se voudrait de transmettre est d’une banalité sans nom, tout juste digne d’un film amateur. Je pense néanmoins que les éléments étaient bien choisis; la réalisatrice partait d’une très bonne intention, mais il aurait fallu les mettre en scène d’une tout autre façon. En somme, le spectateur reste sur sa faim, qu’il cherchera de combler par un voyage dans le vrai Paris, le Paris qui a cœur encore battant des récentes tragédies.

Ecrire à l’auteur: alissa.musumeci@leregardlibre.com

Crédit photo: © Netflix

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