Archives du mot-clé paris

« Le Brio »

Les mercredis du cinéma – Loris S. Musumeci

« Ce qui compte, c’est d’avoir raison ; la vérité on s’en fout. »

La banlieue parisienne, traversée par le métro. Neïla Salah (Camélia Jordana) se rend en Place du Panthéon, à l’Université Assas, pour un premier jour d’études en droit. Son retard de cinq minutes lui coûte cependant l’attention du professeur Pierre Mazard (Daniel Auteuil). Face à une assemblée ébahie, le docte orateur humilie la jeune étudiante sous des jeux de mots et des remarques pointant directement du doigt le faciès sémite de Neïla. Comme si cela ne lui suffisait pas pour s’attirer des problème, il enchaîne avec une critique moqueuse de l’islam. La haine est signée. Pierre Mazard est convoqué par le doyen de la faculté. Seule solution de rachat : préparer la proie de la rentrée au prestigieux concours d’éloquence.

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Pierre Bergé : l’homme qui incarnait l’époque

Regard sur l’actualité – Loris S. Musumeci

Un morceau de France disparaît. Et les hommages volent pour cet homme complet, qui conçut son temps par des pouvoirs aussi nombreux que divers. Pierre Bergé était le maître à penser des élites, le promoteur d’un progressisme sociétal et d’un capitalisme effréné, mais encore un patron de presse, un collectionneur d’art et un fin lettré. Un as de ce Paris flamboyant, gauchiste et luxueux, dont la carte n’est plus.

Jeunesse en révolution

Fils unique, de parents anarchistes, né en 1930. Jeune homme, il est têtu et ne tarde pas à s’affirmer. Sans terminer son lycée, il quitte le domicile familial d’Oléron pour monter à Paris. Il rêve de devenir journaliste, ou d’écrire pour le moins, et de faire partie de la haute. Lui, qui est homosexuel, sans s’en cacher, et qui aime passionnément les arts et les lettres. Lire la suite Pierre Bergé : l’homme qui incarnait l’époque

Marc Chagall, « Le Champ de Mars »

Le Regard Libre N° 30 – Loris S. Musumeci

Regard vers le peintre-poète : Chagall (3/3)

Les années cinquante marquent le moment trouble qui fête une guerre achevée, mais pleure encore ses douloureuses reliques. Le Champ de Mars (1955) traduit ce regard mélancolique et joyeux de Marc Chagall (1887-1985) sur Paris, ville qu’il a aimée.

Paris. Chagall y vécut de nombreuses années ; si bien en pauvre débutant, qu’en peintre reconnu et admiré. De la misère en sa location à « la Ruche », recoin des bohèmes, il raconte dans Ma Vie : « Atelier comblé de tableaux, de toiles qui n’étaient pas d’ailleurs des toiles, mais plutôt mes nappes, mes draps, mes chemises de nuit mis en pièces. » Alors même que « Paris ! Il n’y avait pas un mot qui fût plus doux pour moi. » En 1941, l’artiste est poussé au port de Marseille par la guerre qui fait rage, et embarque pour l’Amérique. Paris sera retrouvé, après la guerre. En deuil. Lire la suite Marc Chagall, « Le Champ de Mars »

« Ballerina »

Les mercredis du cinéma – Loris S. Musumeci

« Les rêves ne se réalisent pas. Ce ne sont que des chimères. La vie est sans pitié. »

Félicie et Victor se l’entendent dire au quotidien. Les deux orphelins bretons rêvent cependant de fuir le vieux monastère de Quimper pour s’envoler vers Paris et goûter à sa magie. Elle se voit déjà briller en étoile à l’Opéra Garnier ; lui veut devenir le plus grand des inventeurs.

Les ballets de la majestueuse institution artistique rayonnent dans toute l’Europe. L’ingénieur Eiffel réalise un certain projet de tour, encore en chantier, au centre ville, ou de fameuse statue qui deviendra symbole de l’outre-Atlantique. Nous sommes dans le glorieux Paris bouillant de charme des années 1880, décoré de la nouvelle architecture du baron Hausmann. Lire la suite « Ballerina »

« L’adversaire »

Le Regard Libre N° 9 – Loris S. Musumeci

« Qu’il ne joue pas la comédie pour les autres, j’en suis sûr, mais est-ce que le menteur qui est en lui ne la lui joue pas ? Quand le Christ vient dans son cœur, quand la certitude d’être aimé malgré tout fait couler sur ces joues des larmes de joie, est-ce que ce n’est pas encore l’Adversaire qui le trompe ?
J’ai pensé qu’écrire cette histoire ne pouvait être qu’un crime ou une prière.
Paris, janvier 1999 »

Jean-Claude Romand : Père de famille idéal, fils consciencieux, grand médecin à succès… et menteur, assassin, fou.

Son histoire est celle d’un homme banal, qui pendant dix-huit ans a menti sur tout à tout le monde. Et tout éclate le 9 janvier 1993, lorsqu’il tue sa femme, ses enfants, ses parents et tente, sans succès, de se suicider. On découvre alors qu’il n’était pas médecin à l’OMS comme il le prétendait. Il n’était rien. Durant toutes ces années, sans l’ombre d’un doute, sa famille, ses amis le crurent dans ce mensonge d’une vie, mais au moment où la vérité s’apprêta à déchirer le voile de l’imposture pour ressurgir à la lumière, Jean-Claude Romand ne trouva d’autre issue que d’assassiner « ceux qu’il aimait », ceux qui eussent été meurtris par cette vérité étouffée, si vieille et nouvelle à la fois. Lire la suite « L’adversaire »

Le Palais des Tuileries

Le Regard Libre N° 9 – Vincent Gauye

Son nom évoque sans conteste son origine. En effet, il fut érigé à l’emplacement d’une fabrique de tuiles, en 1564, par Catherine de Médicis. Il est intéressant de constater qu’il fut bâti face à la puissante forteresse du Louvre, alors bien éloignée de l’architecture de celui que nous connaissons. En effet, loin des larges baies, ouvertes sur Paris, ce sont d’austères courtines de moellons et de hautes tours étroites et sinistres qui le composent. Imaginons la réaction de Catherine de Médicis face à cet ouvrage au raffinement déplorable, elle qui descend de Laurent le magnifique, mécène des arts et de la Renaissance, éloignée depuis des siècles de l’austérité médiévale.

Elle s’en vient à Paris pour épouser le futur Henri II, elle quitte la Renaissance pour le Moyen-âge. En effet, si François 1er règne encore en ces temps-là et déploie déjà, le long de la Loire, les grâces de la Renaissance, Paris demeure médiévale, cloîtrée derrière ses longs et froids remparts de pierre grise. Ma foi, malgré la montée de son époux sur le trône, il faudra attendre la fin de sa régence (1563) pour voir les premiers projets du Palais des Tuileries aboutir.

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