Archives par mot-clé : paris

La terreur devient comédie avec «La Grande Vadrouille»

Les mercredis du cinéma – Edition spéciale: Le coronarire avec Louis de Funès – Loris S. Musumeci

Il n’y aurait pas matière à s’esclaffer sous l’Occupation. Et pourtant! L’une des caractéristiques de la comédie est de montrer la réalité en en dissimulant ses éléments dramatiques. Il y a drame, quand il y a mort; il y tragédie quand il y a transcendance; et il y a comédie quand il y a dissimulation. La Grande Vadrouille est l’un des grands films à dissimulation sur le sujet de l’Occupation de la France par les nazis durant la Seconde Guerre mondiale.

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Le coronarire avec Louis de Funès

Les mercredis du cinéma – Edition spéciale: Les coronarétrospectives du cinéma – Loris S. Musumeci

Quand on parle de comédie française, les personnages qui nous viennent à l’esprit sont nombreux et de qualité. Mais il en est un qui s’impose: Louis de Funès. Premièrement, parce qu’il se distingue dans son jeu fourré de grimaces et d’accès de colère. Deuxièmement, parce que les films cultes dans lesquels il joue, sous couvert de bouffonnerie, racontent une époque. Troisièmement, parce Monsieur de Funès, dans son parcours de vie, inspire la réussite simple et méritée d’un honnête homme.

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Après «Paris est à nous», un voyage à Paris s’impose

Le Netflix & chill du samedi – Alissa Musumeci

Anna (Noémie Schmidt) et Greg (Grégoire Isvarine) se rencontrent de façon banale dans une boîte de nuit. Ils vivent un amour bien mouvementé. Leur histoire sera rythmée de disputes, incompréhensions, mais aussi de moments complices et romantiques. Quand Greg décide de partir à Barcelone pour gagner au mieux sa vie, Anna remet en question toute son existence.

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«Le Lion», cette comédie d’espionnage made in France

Les mercredis du cinéma – Ivan Garcia

Romain Martin, psychiatre, et son patient Léo Milan, convaincu d’être un agent secret, vont devoir unir leurs forces pour retrouver Louise, la fiancée de Romain, kidnappée par une bande de dangereux braqueurs anarchistes. Le nouveau long-métrage de Ludovic Colbeau-Justin est une comédie simple qui fait rire. Rien d’exceptionnel cependant. Mis à part la fin qui nous interroge sur la manière dont chacun affronte ses démons et se façonne des héros.

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Quand une passion lesbienne se fait épistolaire

Les bouquins du mardi – Jonas Follonier

La dernière année du XIXe siècle, une passion naquit entre deux femmes dans la capitale française. Et pas n’importe quelles femmes: l’une est une riche héritière venue d’outre-Atlantique, l’autre est une courtisane, parmi les plus fameuses de l’époque. Et puisque ce feu amoureux s’est retrouvé dans des lettres échangées entre les deux dames, quel plaisir de les voir publiées chez Gallimard plus d’un siècle plus tard.

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Les tableaux d’un flâneur par Elia Suleiman

Les mercredis du cinéma – Ivan Garcia

It Must Be Heaven, le dernier long-métrage du réalisateur israélo-palestinien Elia Suleiman, entraîne le spectateur sur les traces d’un protagoniste silencieux, Elia Suleiman lui-même, qui vogue de lieu en lieu et observe le monde qui l’entoure. A travers plusieurs tableaux, le film dépeint avec humour les instants oubliés mais quotidiens de nos existences, ainsi que la quête de reconnaissance d’un réalisateur. Un long-métrage poétique et amusant, mais à ne pas forcément placer entre toutes les mains.

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Comprendre la misère avec «Les Misérables»

Les mercredis du cinéma – Loris S. Musumeci

L’ambiance est chaude au cœur de Paris. C’est l’été, et le coup de sifflet final annonce la victoire de la France à la coupe du monde de football de 2018. Banlieusards et urbains fêtent ensemble sous le drapeau bleu, blanc, rouge. La joie du moment laisse tout de même pressentir une angoisse. Celle de tout le reste du film, qui se déroule à Montfermeil dans le 93. On sait déjà les pressions, on connaît déjà le climat qui va régner: celui de l’affrontement. Les cris, les chants et les danses apparaissent dans toute leur futilité, parce que championne du monde ou non, la France est en guerre.

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«Deux moi», deux âmes seules dans la ville de Paris

Les mercredis du cinéma – Lauriane Pipoz A Paris, Rémy et Mélanie sont voisins. Ce n’est pas pour autant qu’ils se connaissent: dans cette grande ville, chacun vaque à ses occupations sans s’occuper de ce qui se passe autour. Leur activité, c’est principalement leur routine métro-boulot-dodo. Et dans leur vie, au milieu de deux millions … Continuer la lecture de «Deux moi», deux âmes seules dans la ville de Paris

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«La fille au Leica»: un prix Strega pour la photographe de guerre Gerda Taro

Le Regard Libre N°51 – Loris S. Musumeci

Dossier spécial Prix littéraires

La fille au Leica d’Helena Janeczek, lauréat du plus prestigieux prix littéraire italien, le Premio Strega. Livre qui, malgré ses défauts, vous présentera la figure passionnante de Gerda Taro, photographe de guerre et compagne de Robert Capa.

Gerda Taro, ça vous dit quelque chose? Sans doute que non. Mais si l’on prononce l’illustre nom de Robert Capa, tout le monde sait de qui il s’agit. Même sans trop savoir le replacer dans sa mémoire, le nom de Capa résonne tout de suite comme celui d’une personnalité. Il a été l’un des plus grands photographes de guerre de l’Histoire. Figurez-vous que Gerda Taro aussi. Les deux ont d’ailleurs travaillé ensemble; les deux formaient un couple. Dans son récit aux allures de compte-rendu historique, l’auteur italienne Helena Janeczek redonne voix et image à Gerda Taro, qui mérite d’être connue.

Comme souvent, les travaux collectifs ne voient qu’une partie de leurs auteurs être récompensés. C’est un peu le cas de Capa vis-à-vis de Gerda Taro. Seulement, cela semble être davantage dû aux circonstances de l’Histoire qu’à une manipulation. Les photographes se sont en effet connus dans le Paris des années trente. Juifs et antifascistes convaincus, ils sont partis couvrir la guerre d’Espagne. Capa en reviendra, pas Taro. Elle est morte écrasée sous un char en juillet 1937. Sa carrière s’arrête là, alors que celle de son compagnon continue jusqu’en mai 1954, lorsqu’à son tour il trouve la mort sur une mine, en pleine guerre d’Indochine.

Capa restera dans les mémoires, c’est certain. Il n’est pas impossible toutefois que Taro ne le rejoigne. Ce roman, qui plus est primé par le plus prestigieux prix littéraire italien, n’est en effet pas anodin. De plus en plus d’historiens, d’écrivains et de photographes s’intéressent au travail de Gerda Taro, et à sa vie héroïque et passionnante. Malgré l’ombre, elle était très appréciée de ce cercle d’artistes bohèmes, communistes, souvent juifs ou immigrés de Paris. A tel point que son enterrement a rassemblé plus d’un millier de personnes, avec un éloge funèbre de Pablo Neruda et de Louis Aragon. Tout ça, on l’apprend dans le livre.

Critiquable à bien des égards, d’ailleurs. Si le prix Strega lui a été attribué c’est sans doute en l’honneur de la figure de Gerda Taro. Au niveau du style, Helena Janeczek se perd un peu trop dans la lourdeur des phrases qu’elle se regarde écrire. Et sa présentation du sujet devient par moments un casse-tête tant elle veut citer tous les noms, tout raconter. Donc, un brin pénible parfois, un peu trop étiré pour s’essayer à un style qui n’en valait pas la peine, avec de nombreuses fautes de français dans la version originale – certaines expressions sont en français dans le livre de langue italienne pour faire plus parisien –; mais La fille au Leica n’en devient pas pour autant une lecture désagréable.

Au contraire, il permet en premier lieu de découvrir cette Gerda Taro, Gerta Pohorylle de son vrai nom, qui je vous l’assure, habitera vos pensées pour un moment; et de découvrir toute une ambiance. Grands discours communistes dans les cafés de Montparnasse, vie précaire des artistes, amours par-ci, amitiés par-là. Les grands noms de ces années-là y passent. La répression des Juifs pose les questions du pourquoi et du comment. Différence entre nazisme hitlérien et fascisme mussolinien. L’Europe à construire. Le monde à explorer, à travers ses guerres. Vraiment, le récit est riche. Le récit fait réfléchir, à travers le viseur du Leica de Gerda Taro.

«Faire œuvre d’art ne constituait pas leur métier, mais ils savaient de quoi dépendait la qualité d’une image: ils avaient intégré les idées esthétiques de l’époque en même temps que les idées politiques et sociales, et ils étaient conscients du fait que c’était justement là, dans l’art, qu’une révolution avait déjà lieu.»

Ecrire à l’auteur: loris.musumeci@leregardlibre.com

Crédit photo: Wikimedia CC 3.0

Helena Janeczek
La fille au Leica
Actes Sud

2018
384 pages

Sous les pavés soixante-huitards d’un certain Grégoire Müller

Les bouquins du mardi – Jonas Follonier

Publié aux Editions de l’Aire, Sous les pavés… Lézards est un magnifique témoignage d’un soixante-huitard, le peintre suisse Grégoire Müller, nostalgique d’une époque qui pourtant a donné naissance à la société d’aujourd’hui qu’il abhorre.

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