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«L’ordre divin», quand le courage d’une femme vire à la caricature féministe4 minutes de lecture

par Loris S. Musumeci
2 commentaires

Les mercredis du cinéma – Loris S. Musumeci

«Je ne veux pas finir dans un trou comme une femme au foyer!»

Nora (Marie Leuenberger) mène une existence plate et soumise dans un petit village isolé de Suisse orientale. Interpellée par la révolte adolescente de sa nièce ainsi que par des vagues de protestations féministes venues de la ville, la mère de famille se pose toujours davantage de questions quant à sa place dans la société. «Dis, qu’est-ce que tu dirais si je recommençais à travailler?», lance-t-elle à son mari, éveillée par une annonce de l’agence Kuoni pour une secrétaire. Le refus de son mari à entrer en matière sur la question s’accompagne d’un «Et tu ne peux rien faire sans ma permission. C’est la loi.»

Il faut changer cette loi. Que la lutte commence! Une petite association de femmes demandant du respect se forme au village, sous la coordination de Nora. Rejointe par sa belle-sœur Teresa, au mariage malheureux, l’excentrique Madame Vroni et Graziella, immigrée italienne. Si leur démarche est déterminée, elle ne va pas sans de graves difficultés. Les hommes ne semblent pas prêts à bouleverser cet «ordre divin» qui les érige en maîtres.

Sous les ovations

La réalisatrice Petra Biondina Volpe est saluée de toutes parts sur le sol helvétique. Quel courage d’oser un tel sujet, gloussent les fiers Alémaniques. Un film qui raconte un épisode important de l’Histoire et qui entre par là dans l’Histoire, assènent les critiques les plus fins. Cet engouement est d’ailleurs confirmé par l’ovation réservée à L’ordre divin au Prix du Cinéma Suisse, qui lui décerne trois récompenses majeures, au Tribeca Film Festival, le couronnant aussi de trois distinctions, et aux Journées de Soleure.

Il est juste de rejoindre cette vague d’admiration concernant le choix de la thématique. Effectivement, elle est de haute envergure. Par ailleurs, la société zurichoise Filmcoopi veut rendre hommage au biais de sa nouvelle production à toutes les femmes qui se sont levées un jour pour revendiquer un statut digne et des droits égaux à ceux des hommes. Et pourtant, au-delà des problèmes philosophiques que pose simplement l’idéologie féministe en soi, c’est non seulement un échec artistique qui est signé, mais aussi une jolie moraline un brin tendancieuse.

Love your vagina

Les caricatures et dérives se comptent en masse dans le film. A commencer par celles étalées au sein d’une manifestation soixante-huitarde à laquelle assistent timidement Nora, sa belle-sœur et Mme Vroni. On y crie «Droits des femmes, droits humains!», pas de fausse note jusque là. On ajoute cependant «A bas le patriarcat!». Evidemment! Faudrait-il peut-être rappeler à ces oies que chasser un patriarcat, c’est éliminer en même temps l’autorité féminine et maternelle qui y va de pair, à savoir le matriarcat.

Après la mascarade de rue, les femmes se retrouvent dans une salle pour suivre l’atelier d’une certaine Indra, venue de Suède pour donner chair aux Suissesses. Là, on atteint sans doute le septième ciel du ridicule. La guide spirituelle apprend à ses disciples que «connaître ta chatte, c’est connaître ton plaisir.» S’ensuivent des prophéties tel «Aime ton vagin et l’orgasme viendra.» Enfin, les élèves reçoivent toutes un miroir pour observer leur organe que forcément elles n’avaient jamais vu puisque on prend les femmes de jadis pour des idiotes qui ne connaissaient rien à rien. «Love your vagina», motive encore Indra, la Femen avant l’heure. En conclusion, Nora découvre qu’elle a «un tigre entre les jambes», aussi appelé «eye of God».

Premier vote

Le côté masculin n’est pas épargné de ce genre de grossièretés. Hans, le mari de Nora, vit lui aussi une apothéose dans sa libération face aux carcans de la société. Il se révolte contre son père, apprend à cuisiner et déguste en soumission au tigre de sa femme qui lui propose si gentiment le geste, sous la musique écœurante des violons. Il finit même par manger un bon plat de spaghettis en famille, clin d’œil à l’intégration des Italiens en Suisse oblige. Un homme nouveau, ouvert à la différence, le regard rempli de bonheur. C’est tellement mignon!

L’ordre divin voit en plus toutes ses femmes passer de manière flagrante de la tristesse à joie avant et après le droit à leur premier vote. Si l’on avait su plus tôt les vertus jouissives de la pénétration d’un bulletin dans une urne, on aurait prescrit plus tôt cet acte citoyen en guise d’antidépresseur. Là encore, quel talent de la réalisatrice à filmer les événements tout en nuance! Elle est d’ailleurs tellement douée, qu’elle préfère laisser place, pour conclure, aux images des années septante, montrant au moins de vraies femmes, qui ont un vrai mérite dans leur combat.

«Ton temps est passé et c’est mieux comme ça.»

Ecrire à l’auteur: loris.musumeci@leregardlibre.com

Crédit photo: © cinergy.ch

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2 commentaires

E.Rosset 22 juin 2017 - 11 11 03 06036

J’ai rarement lu un article aussi con.

Répondre
Le Regard Libre 27 juin 2017 - 16 04 36 06366

Loris S. Musumeci répond en son nom, sans engager le reste de la rédaction.

Cher “E.Rosset”,

J’admets bien que l’article ne vous plaise pas. Son style pamphlétaire, sa défense du patriarcat et sa critique d’un sujet abordé de manière caricaturale vous gênent peut-être. Veuillez cependant avoir, à l’avenir, la présence d’esprit de nuancer vos propos, en les développant de préférence. Les commentaires passionnels ne nous intéressent pas ici.

Bien cordialement,

Loris S. Musumeci

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