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Littérature

Critique

Sur les pas de Jésus avec Eric-Emmanuel Schmitt5 minutes de lecture

par Ivan Garcia
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jerusalem

L’écrivain et dramaturge franco-belge publie Le Défi de Jérusalem, un livre de réflexion dans lequel il retrace son voyage en Terre sainte. Un ouvrage plus inspiré qu’inspirant, auquel se mêle même le pape François dans une posface.

Tout commence par un coup de téléphone. Celui de Sandro, l’éditeur italien d’Eric-Emmanuel Schmitt. Le Vatican propose un projet à l’auteur: le Saint-Siège souhaite qu’il effectue un voyage en Terre sainte, qu’il y fasse des rencontres et, peut-être, qu’il en tire un livre… D’abord réticent, surtout par manque de temps, Eric-Emmanuel Schmitt finit par accepter: il a un trou dans son agenda. Il ira donc fouler de ses pieds la terre d’origine du christianisme.

«Marcher là-bas où tout a débuté, où tout s’est noué»

Muni d’une Bible pour seule lecture, l’écrivain se lance dans ce pèlerinage organisé en deux temps. D’abord, avec un groupe de pèlerins originaires de La Réunion et menés par le père Henri. Puis seul, avant de finalement rencontrer le pape François à Rome. Vaste programme!

Disons-le tout de suite: ce que recherche l’auteur dans ce voyage, c’est faire l’expérience d’un christianisme «incarné». L’auteur souhaite «[…] marcher là-bas où tout a débuté, où tout s’est noué.» Il explore ainsi l’ensemble des hauts-lieux qui ont donné naissance à cette aventure: Nazareth, Capharnaüm, le lac de Tibériade, Jérusalem…

Des éléments sur lesquels revient le pape François, dans la postface de l’ouvrage. Dans celle-ci, il insiste sur la foi «mémorielle» du christianisme. En effet, que serait une religion sans lieux de culte et lieux de pèlerinage dans lesquels le fidèle est censé aller puiser telle une source une force nouvelle pour enrichir sa foi? Or, Jérusalem est une ville particulière non seulement pour le christianisme, mais aussi pour l’islam et le judaïsme. Là réside «le défi»: comment les fidèles aux fois différentes peuvent-ils cohabiter en un lieu que chacun considère comme «saint»?

Un chrétien mystique

Chaque arrêt, chaque visite, est le moment tantôt d’une réflexion, tantôt d’un commentaire sur les textes bibliques. L’auteur nous rappelle ainsi les passages qui ont pris place en tel lieu et leur importance, il revient sur sa famille, sur ses écrits et son cheminement spirituel. A l’origine, Eric-Emmanuel Schmitt grandit dans «la France de Charles de Gaulle», une France où le christianisme, même s’il garde une certaine place morale, est une pratique sociale: on va à la messe, on suit certains codes sociaux, car c’est la norme et «c’est comme ça», mais au fond on n’y croit pas vraiment.

Lorsqu’il est jeune adulte, Eric-Emmanuel Schmitt est agrégé de philosophie et a soutenu une thèse de doctorat sur Diderot et la métaphysique. Il a donc des affinités avec le matérialisme et se définit comme athée. Mais lors d’une expédition dans le Hoggar sur les traces du frère Charles de Foucauld, l’auteur vit une expérience mystique: ce voyage et cette expérience seront le sujet de son livre La Nuit de feu (2015). Bouleversé, il se tourne vers un christianisme mystique.

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Durant son périple israélien, l’auteur tisse des liens avec cet ouvrage, ainsi qu’avec son Evangile selon Pilate (2000), une manière de récapituler le chemin parcouru et de pouvoir ainsi s’ouvrir aux expériences et rencontres qu’il vit durant son pèlerinage. Au fil de ce dernier, on note le talent qu’à l’auteur pour décrire les lieux visités, pour tisser ensemble les scènes du présent et celles de la Bible. En revanche, la fin du récit est (trop) prévisible. Pas de surprise, pas tellement d’émotion…

L’intervention de la grâce

Evidemment, lorsqu’un ouvrage de ce type est publié, on se dit qu’à un moment ou à un autre quelque chose(de mystique, de spirituel, de surnaturel…) va arriver. C’est le contrat implicite de l’auteur avec le lecteur. Cela survient lors de la visite d’Eric-Emmanuel Schmidt à la basilique du Saint-Sépulcre.

Une scène décrite de manière sérieuse, mais qui est un peu kitsch: l’auteur reçoit une «révélation» durant sa prière, il est touché par la grâce. Et en a presque le souffle coupé… Dans la même veine, La Grâce de Thibault de Montaigu (Plon, 2020, lauréat du Prix de Flore 2020) nous racontait comment l’oncle et son auteur avaient fait l’expérience de la grâce et changé de vie.

«Marcher, s’épuiser, transpirer, découvrir, rencontrer, voilà ce qui, chaque fois, a suscité le renouvellement de ma vie spirituelle. Si je n’avais pas traversé le Sahara, je n’aurais jamais reçu la foi. Si je n’avais pas gagné Jérusalem, je n’aurais jamais perçu Jésus comme une personne et comme Dieu. Toujours, au cours de mon existence, des révélations m’attendaient au bout des routes.»

Ecrire à l’auteur: ivan.garcia@leregardlibre.com

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Eric-Emmanuel Schmitt 
Le défi de Jérusalem
Editions Albin Michel 
2023 
217 pages 

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