« Red Sparrow », quand l’innocence n’existe plus

Les mercredis du cinéma – Loris S. Musumeci

« – Tu es venu t’apitoyer ?
– Non, je suis venu pour t’aider. »

Une jeune femme se prépare pour sa représentation de danse au Théâtre du Bolchoï cependant qu’un homme glisse un pistolet dans sa ceinture à l’arrière de ses pantalons. Le ballet s’ouvre ; la nuit tombe. Les violons du Théâtre s’engagent tout en douceur ; l’homme armé s’engage dans une ruelle. Les violons s’accélèrent et la tension monte pour l’homme : il est suivi. La danseuse étoile entre en scène. Elle est lumineuse et gracieuse. Les sirènes de la police s’enclenchent. L’homme tâche de fuir au pas de course. La danseuse, de son côté, saute sur ses pointes. Elégante. L’homme est cerné ; la danseuse chute violemment.

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« Loin de Douala », et l’Afrique vous manque

Les lettres romandes du mardi – Loris S. Musumeci

Roger veut boza. C’est-à-dire qu’il veut partir pour l’Europe. Le jeune Camerounais n’en peut plus de Douala. Il rêve de football, il rêve de liberté. Le garçon est en effet beau gosse aux yeux des filles, et excellent joueur avec le ballon. Mais l’école ne l’intéresse pas : là, il est simplement mauvais. Honte pour la famille. Heureusement, le petit frère, Jean, sauve la mise niveau études : il est brillant. En revanche, avec les filles et les ballons, point de succès.

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Mouvement déterminé

La citation de la semaine – Loris S. Musumeci

« Son mouvement est déterminé, sa tête parfaitement droite. Ce qu’Albert voit, surtout, c’est son regard clair et direct, au lieutenant. Totalement résolu. Tout s’éclaire d’un coup, toute l’histoire. C’est à cet instant qu’Albert comprend qu’il va mourir. »

Pierre Lemaitre, Au revoir là-haut 

© Loris S. Musumeci pour Le Regard Libre

« Green Days by the River »

Festival International de Films de Fribourg – Loris S. Musumeci

« Tu as quitté l’école pour cueillir du cacao ? »

Tambours, chants. Les pêcheurs à la rivière ; les oiseaux volent d’arbre en arbre, traversant le ciel. Dans cette nature immaculée, un garçon, Shell, fait l’expérience de la nature humaine : il observe, saisi et éberlué, une jeune fille qui se baigne dans la rivière. Ses formes sont toutes faites de grâce, sa peau est chaude ; son regard, séducteur. Il s’agit de Rosalie, la fille de l’agriculteur indien Gidharee.

Ce dernier connaît la famille de Shell. Il est ami du père, malade, et développe une sympathie toute particulière pour le fils. Gidarhee lui propose de partir avec lui et ses chiens à la chasse et à la cueillette dans son immense domaine. Shell voit là une occasion de tuer l’ennui des vacances d’été, de se rapprocher de Rosalie et d’apparaître en gendre idéal. La drague légère commence, le travail s’amplifie et Shell devient un homme. Avec ses plaisirs et ses responsabilités, même les plus contraignantes.

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Falciani, l’heure de vérité ?

Les lundis de l’actualité – Nicolas Jutzet

Hervé Falciani, ex-informaticien de la banque HSBC, que vous connaissez sûrement en lien avec l’affaire des « Swissleaks », refait des siennes. Cette semaine, vous avez pu lire qu’il avait été arrêté à Madrid à la demande de la Suisse. Cette dernière confirmera par la suite qu’elle sollicite son extradition. Peu après, la justice espagnole décidera de sa remise en liberté, sous contrôle judiciaire. Il s’en sort avec un passeport en moins et une interdiction de quitter le territoire.

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Philosophie punk et renouveau d’un style

Le Regard Libre N° 37 – Hélène Lavoyer

A l’érosion du mouvement hippie qui avait déjà rejeté la société consumériste, les valeurs traditionnelles ainsi que les nombreux tabous et clôtures entre groupes sociaux, se dessine l’avènement d’un nouveau genre : le punk. Le mouvement qui naît à New York vers le milieu des années 1970 au travers de la scène musicale (The Ramones, Television, Suicide) se déploie ensuite au Royaume-Uni. Petite description de ce mouvement hors du temps et du monde.

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« After My Death », un drame noir profond

Festival International de Films de Fribourg – Loris S. Musumeci

« Votre amie est de retour. »

Une étudiante coréenne a disparu. La police mène l’enquête. La mère est froide ; elle espère de manière irraisonnable mais légitime retrouver sa fille. Le père, quant à lui, a déjà perdu tout espoir. A l’école, les professeurs menés par le directeur ont peur pour la réputation de l’établissement. Les élèves, elles, vivent le choc en murmurant des petits secrets, cherchant à trouver le bouc-émissaire sur lequel charger l’affaire. La fille finit par être retrouvée, en cadavre. Gonflé par le fleuve dans lequel la suicidaire s’est jetée. L’enquête continue ; les interrogatoires s’amplifient. Un amour lesbien caché est à l’origine du drame.

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Hugo TSR, « Tant qu’on est là »

Les mélodies du jeudi – Raffaele Pracchi

Un article également consultable sur LeMurDuSon.ch

Autant annoncer la couleur de suite, cet album est une bombe. Depuis que j’ai mis la main dessus, il tourne en boucle dans nos voitures. C’est l’un des meilleurs projets de rap français depuis longtemps.

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«Hostiles», le plus grand western de notre siècle

Les mercredis du cinéma – Jonas Follonier

Joseph Blocker, capitaine de cavalerie, reçoit la mission d’escorter un chef de guerre Cheyenne, un assassin ayant toutefois purgé sa peine, dans son Montana natal, quelque part dans la Vallée des Ours. Difficile pour ces antiques ennemis de faire route commune et d’affronter les obstacles qui vont s’imposer à eux. Western classique de part en part et cependant chargé d’une forte identité singulière, Hostiles est un véritable événement du septième art.

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« Marie Madeleine »

Les mercredis du cinéma – Loris S. Musumeci

« Dieu souhaiterait que tu deviennes mère. »

Judée, trente-troisième année de notre ère. Le paysage est sec ; l’eau le vivifie. Deux femmes pêchent au filet. Elles sont interrompues en urgence, une autre femme de la maisonnée doit accoucher. Marie Madeleine (Rooney Mara) seule réussit à trouver les mots et l’attitude du soulagement. Cependant, elle n’a jamais vécu d’accouchement. Ce n’est pourtant pas faute de ne pas avoir voulu la marier. Sa famille lui cherche l’homme qu’il lui faut, mais jamais elle ne trouve satisfaction. En réalité, le mariage en lui-même semble la révulser.

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