L’écomodernisme, une intéressante piste pour une écologie joyeuse

Le Regard Libre N° 74Jonas Follonier

Il n’y a pas qu’une seule écologie politique. Le fait de nous le rappeler est l’un des grands mérites du nouveau livre de Luc Ferry, Les Sept Ecologies, publié aux Editions de l’Observatoire. Le philosophe français distingue tour à tour les effondristes, les alarmistes révolutionnaires, les décoloniaux, les écoféministes, les animalistes, les réformistes et les écomodernistes, approche dont l’auteur se fait le défenseur.

L’écomodernisme est une forme d’écologie politique faisant la promotion de l’économie circulaire, c’est-à-dire une économie qui optimise la limitation des déchets et minimise le gaspillage des ressources. Les effondristes, eux, jugent la catastrophe inévitable, tandis que les alarmistes révolutionnaires, décoloniaux et écoféministes ne conçoivent l’écologie que dans une lutte binaire contre l’Occident blanc, machiste et (néo)colonial. Quant aux animalistes, comme leur nom l’indique, ils défendent l’idée que les animaux ont des droits au même titre que les êtres humains. Les réformistes, enfin, sont les partisans de la croissance verte et du développement durable.

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En quoi l’écomodernisme est-il une forme d’écologie politique préférable aux autres? Luc Ferry nous offre cette explication: c’est parce que l’écomodernisme s’inscrit dans une démarche de progrès et que personne ne souhaite que demain soit moins ensoleillé qu’aujourd’hui. «Si le projet de l’économie circulaire peut marcher», écrit le philosophe, «s’il n’est pas une utopie, c’est qu’au lieu de coûter, de réduire et de punir, il rapporte de l’argent, du bien-être et embellit le monde. Etre ‘‘100% bon’’, ce serait donc pratiquer à grande échelle le recyclage, ce qui suppose finalement peu d’admonestation morale, mais en revanche beaucoup d’intelligence, car ce serait aussi mettre un terme à la fabrication de ‘‘produits crétins’’.»

Surtout, l’écomodernisme évite le faux procès moral qui s’invite dans l’écologie d’extrême gauche envers toute une partie de la population. En prenant par la main les entrepreneurs, par qui doit naturellement passer la solution au problème de l’environnement, la proposition politique soutenue par l’ancien ministre français a l’avantage de ne pas nous monter les uns contre les autres, comme on en a trop l’habitude – les citadins contre les campagnards, les cyclistes contre les automobilistes, le public contre le privé, la gauche contre la droite, les gentils contre les méchants: «les commerçants et les chefs d’entreprise, contrairement à ce qu’affirme ou sous-entend l’idéologie anti-capitaliste qui anime la plupart des courants de la décroissance, ne sont pas des salauds: s’ils nuisent à l’environnement, ce n’est pas ou pas seulement pour gagner plus d’argent, comme le prétendent les moralistes aux petits pieds, mais la plupart du temps pour des raisons de simple survie par rapport à la concurrence.»

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Personne ne sera dispensé de cet important et passionnant débat. Le fait que le sage Luc Ferry y ait apporté de l’ordre, ainsi que sa vision, est une bonne nouvelle. Chacun pourra désormais se forger sa propre opinion, dans une ambiance moins sectaire.

Ecrire à l’auteur: jonas.follonier@leregardlibre.com

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