Archives de catégorie : Philosophie

Étape par étape

Le Regard Libre N° 7 – Soφiamica

Stufen

Wie jede Blüte welkt und jede Jugend
Dem Alter weicht, blüht jede Lebensstufe,
Blüht jede Weisheit auch und jede Tugend
Zu ihrer Zeit und darf nicht ewig dauern.
Es muss das Herz bei jedem Lebensrufe
Bereit zum Abschied sein und Neubeginne,
Um sich in Tapferkeit und ohne Trauern
In andre, neue Bindungen zu geben.
Und jedem Anfang wohnt ein Zauber inne,
Der uns beschützt und der uns hilft, zu leben.

Wir sollen heiter Raum um Raum durchschreiten,
An keinem wie an einer Heimat hängen,
Der Weltgeist will nicht fesseln uns und engen,
Er will uns Stuf’ um Stufe heben, weiten.
Kaum sind wir heimisch einem Lebenskreise
Und traulich eingewohnt, so droht Erschlaffen,
Nur wer bereit zu Aufbruch ist und Reise,
Mag lähmender Gewöhnung sich entraffen.

Es wird vielleicht auch noch die Todesstunde
Uns neuen Räumen jung entgegen senden.
Des Lebens Ruf an uns wird niemals enden…
Wohlan denn, Herz, nimm Abschied und gesunde!

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Antigone, ou la tragédie qui appelle à vivre

Le Regard Libre N° 5 – SOΦIAMICA

ANTIGONE

Quel sera-t-il, mon bonheur ? Quelle femme heureuse deviendra-t-elle, la petite Antigone ? Quelles pauvretés faudra-t-il qu’elle fasse elle aussi, jour par jour, pour arracher avec ses dents son petit lambeau de bonheur ? Dites, à qui devra-t-elle mentir, à qui sourire, à qui se vendre ? Qui devra-t-elle laisser mourir en détournant le regard ?

 

CRÉON, hausse les épaules.

Tu es folle, tais-toi.

ANTIGONE

Non, je ne me tairai pas ! Je veux savoir comment je m’y prendrai, moi aussi, pour être heureuse. Tout de suite, puisque c’est tout de suite qu’il faut choisir. Vous dites que c’est si beau, la vie. Je veux savoir comment je m’y prendrai pour vivre.

L’amitié chez les antiques philosophes

Le Regard Libre N° 4 – SOΦIAMICA

« Ami » ou « amitié », des termes que nous utilisons quotidiennement sans toutefois avoir conscience de l’immensité que cela peut représenter : qui de nous en a-t-il déjà ressenti la profondeur ?

Un ami, c’est tout d’abord une relation recherchée et choisie, à la différence des membres d’une famille ou d’un cadre social prédéfini ; il n’y a aucune optique de gain ou de profit matériel : le plaisir qu’on ressent se justifie par lui-même. On y assouvit deux des plus grands besoins humains : aimer, et peut-être avant tout, être aimé. L’amitié semble alors une des plus grandes joies ou consolations de l’existence, si importante qu’elle devient parfois un sens, un soutien pour affronter les rudesses de la vie.

Il est intéressant d’observer la conception qu’en avaient les Anciens, dont nous gardons étonnement les mêmes préceptes, malgré les années ou plutôt les millénaires qui nous séparent. Continuer la lecture de L’amitié chez les antiques philosophes

«Le rossignol et l’épervier»

Le Regard Libre N° 3 – SOΦIAMICA

« Un rossignol perché sur un chêne élevé chantait à son ordinaire. Un épervier l’aperçut, et, comme il manquait de nourriture, il fondit sur lui et le lia. Se voyant près de mourir, le rossignol le pria de le laisser aller, alléguant qu’il n’était pas capable de remplir à lui seul le ventre d’un épervier, que celui-ci devait, s’il avait besoin de nourriture, s’attaquer à des oiseaux plus gros. L’épervier répliqua : « Mais je serais stupide, si je lâchais la pâture que je tiens pour courir après ce qui n’est pas encore en vue. » »

Cette fable d’Esope, grand fabuliste grec et piètre fabulateur, vu la justesse de ces propos, donne à réfléchir : qui parmi nous se serait contenté de la petite proie ? Continuer la lecture de «Le rossignol et l’épervier»

Vivre seul en réaction à une société que l’on n’aime pas ?

Le Regard Libre N° 2 – SoΦiamica

Je suis en ce moment-même sur la terrasse d’un café à Lausanne : deux vieilles dames discutent « du bon temps » à ma droite ; deux jeunes filles se plaignent de leur situation amoureuse à ma gauche ; une autre encore, à peine assise, se met à appeler quelqu’un « pour discuter », en attendant son véritable rendez-vous. Continuer la lecture de Vivre seul en réaction à une société que l’on n’aime pas ?

La philosophie a-t-elle encore une place dans notre société ?

Le Regard Libre N° 1 – SoΦiamica

Platon, il y a quelques millénaires de cela, disait avec brio : « la philosophie commence avec l’étonnement ». Il comprenait ainsi qu’en observant le monde qui nous entoure, l’homme, par nature avide de savoir, se mettait à philosopher, ou en d’autres termes à réfléchir sur la vie.

Et pourtant, environ vingt-cinq siècles plus tard, son idéologie semble avoir totalement disparu : l’homme est tout simplement blasé par son quotidien et a perdu l’étincelle d’admiration qui animait ses yeux. Chaque matin, il se lève, il se rend à son travail, passe difficilement sa journée en gémissant face au labeur, rentre chez lui et s’endort finalement, fatigué par une désolante habitude. De plus, il a plongé dans un rationalisme extrême : le dernier courant de pensées en date n’est autre que la philosophie analytique, soit un affreux dédale absurde de logique pure, de calculs et de fonctions, qui a pour différentes variables et inconnues des sentiments ou des passions, eux-mêmes par définition irrationnels. La caricature peut paraître forte, mais elle retranscrit hélas assez fidèlement la mentalité actuelle. Continuer la lecture de La philosophie a-t-elle encore une place dans notre société ?