Archives par mot-clé : arthur billerey

La poésie narrative de Mathilde Vischer

Les bouquins du mardi – Arthur Billerey

Chère lectrice, cher lecteur,

C’est à toi que je m’adresse. Toi le maillon le plus important de la chaîne du livre. On pourrait dire le maillon d’or, le maillon primordial, le maillon qu’on ne peut détacher sans rompre l’ensemble. Toi, lectrice, lecteur, sans qui le livre n’aurait pas de réalité, comme le disait un écrivain slovaque du nom de Pavel Vilikovsky. J’aimerais te dire que parmi le bousculement des nouveautés de la rentrée littéraire, de plus en plus comparable au bousculement que font les vagues d’un tsunami somptueux, j’aimerais te dire que tu n’es pas obligé de te mouiller jusqu’au cou. Autrement dit, que tu peux rester au sec, oser prendre ton temps et lire tranquille, à l’ombre d’un arbre, pourquoi pas de la poésie, par exemple. C’est vrai, pourquoi ne brillerais-tu pas par ton écart de conduite, cette année, au lieu de suivre les tendances, en lisant Comme une étoile tombe dans la nuit, de Mathilde Vischer?

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L’insignifiante lourdeur des petites gens oubliées

Arthur Billerey – Les bouquins du mardi – La rétrospective

Dans plusieurs sondages rencontrés sur Facebook, çà et là au sein de groupes littéraires obscurs ou lumineux, élitistes ou populaires, déserts ou grouillants, anarchiques ou mesurés comme une horloge suisse, le nom de Pierre Michon revient systématiquement au galop dans le classement des dix écrivains les plus adorés. Et considérés avec, cité en exemple, son ouvrage Vies minuscules, fameux fumet d’existences oubliées qui nous émeuvent au point de nous attendrir. Mais pourquoi donc revient-il toujours, ce nom de Pierre Michon, pain quotidien dont on s’arrache autant la miche?

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De l’intime à l’état pur

Les bouquins du mardi – Arthur Billerey

Passer un bon moment, un calvaire, ou penser simplement qu’on a soudain le sentiment de vivre vraiment sa vie. Regarder la couleur changeante du ciel, du soleil qui, un après-midi, inonde Damas. Faire une séance de signatures à Vevey, en compagnie de Chappaz, Corinna Bille, Georges Borgeaud. Charger deux vaches et trois veaux pour la boucherie et serrer la main ferme du boucher. Promettre, promettre désespérément des articles à des journaux. Chier sous un olivier, dans le sud du Péloponnèse. Mesurer le temps en mettant des bûches dans le feu. Rentrer la tête dans les épaules et sentir la pluie couler sur son front. Autrement dit, passer et ne faire que passer sur cette Terre en grattant sur le papier d’un journal la trame de nos allers-retours, la narration de nos errances, le segment de nos trajectoires, le récit de nos attirances secrètes et celui de nos dégoûts, voilà ce que propose ce numéro spécial de la revue Les Moments littéraires, qui met en avant les moments de vie de diaristes suisses sur plus de trois siècles, d’Henri-Frédéric Amiel à Douna Loup.

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A cheval sur ses chimères

Les bouquins du mardi – Edition spéciale «Les coronarétrospectives de la littérature» – Arthur Billerey

Cette chronique a d’abord été publiée dans La cinquième saison N°7.

«Minuit approche et quelque chose de démoniaque attend dans le noir/Au clair de lune, tu aperçois quelque chose qui fait arrêter ton cœur de battre/Tu tentes de crier mais la terreur avale ton cri avant qu’il ne sorte/Tu ne peux presque plus bouger, l’horreur te regarde droit dans les yeux/Tu es paralysé.»

Michael Jackson, Thriller
Paroles de Rod Temperton
(Traduction approximative)

Ouvrir Folmagories, dérivé fou de fantasmagories, c’est ouvrir la porte du quotidien au merveilleux et ne craindre sur son seuil ni fantôme, ni sorcière, ni vouivre, ni feu follet ou plus largement quelconque apparition de son, de buée, de gaz et de lumière. Au fond, c’est accepter que la réalité, pour joindre les deux bouts, pour exister, pour fonctionner et pour remplir son rôle, doit nécessairement avoir recours à l’imaginaire comme moyen d’opposition, de lutte, d’effet contraire, comme le biceps ne fonctionne qu’avec le mouvement élastique du triceps, son antagoniste.

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Un jour de 563, le vague à l’âme du Léman

Les bouquins du mardi – Arthur Billerey

Avec simplicité et adresse, preuves scientifiques à l’appui, Pierre-Yves Frei et Sandra Marongiu, dans une enquête qui traverse les époques, nous expliquent les raisons et les effets du terrible tsunami qui eut lieu en 563. Et qui emporta, dans sa rage, des moulins et des hommes.

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Je bois, tu bois, il parle, nous rions, vous souriez, ils rêvent

Les bouquins du mardi – Edition spéciale «Les coronarétrospectives de la littérature» –Arthur Billerey

En période de confinement, relire à petits coups Les nouvelles brèves de comptoir de Jean-Marie Gourio, c’est rire bêtement, s’apaiser, refaire le monde sur commande. Et peut-être ouvrir une réflexion sur le rêve.

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Voyage au bout de la nuit noire de Pierre Soulages

Les bouquins du mardi – Arthur Billerey

Dans Pierre,, Christian Bobin nous livre une méditation distraite sur la peinture du maître de l’Outrenoir Pierre Soulages et sur le surgissement de toute présence sur terre. A lire absolument.

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«Le Consentement»: écrire est sans aucun doute un remède universel

Au moyen du récit, qui sert ici de remède, Vanessa Springora expose son adolescence navrante, anéantie par l’écrivain-ogre Gabriel Matzneff. Elle y dépeint les mécanismes de son emprise et sa pédophilie militante qui n’alarmaient guère le milieu littéraire de l’époque, pas plus que le voisin de palier.

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Promenez-vous dans les bois pendant que le mystère y bat son plein

Les bouquins du mardi – Arthur Billerey

Avec poésie et justesse, Alexandre Voisard nous révèle la présence de la forêt et de la rivière dans un petit livre court comme l’éclair où les personnages nous émeuvent autant qu’ils nous ramènent à notre propre fragilité humaine.

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Ne conjurez pas ces fantômes car ils vous veulent du bien

Les bouquins du mardi – Arthur Billerey

Sans peur et sans reproche, Jean-Michel Olivier dresse treize portraits subjectifs de personnalités aujourd’hui fantômes. Marc Jurt, René Feurer, Simone Gallimard, Vladimir Dimitrijevic, Bernard de Fallois, Michel Butor, Nicolas Bréhal, Jacques Chessex, Louis Aragon, Jacques Derrida, Roger Dragonetti, André Dalmas et Juste Olivier sont à l’honneur.

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