Archives par mot-clé : cinéma britannique

«Rocketman», une fusée dans le ciel d’Elton John

Les mercredis du cinéma – Jonas Follonier et Lauriane Pipoz

Un homme prestant vêtu d’une tenue d’ange orangé s’élançant vers le ciel s’avance d’un pas décidé, prêt à entrer sur ce qu’on imagine être une grande scène. Mais cette grande première scène du film nous surprend: l’extravagant personnage incarné par Taron Egerton débarque dans une réunion d’alcooliques anonymes. «Je m’appelle Elton Hercules John et je suis alcoolique, cocaïnomane, sex addict, boulimique…» Le visage de l’acteur en ce début du film est bouleversant, ses paupières pleines de poudre et de terrifiant chagrin sont annonciatrices du fil rouge du film.

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«Cœurs ennemis»: la justesse des sentiments

Les mercredis du cinéma – Thierry Fivaz & Virginia Eufemi

Hambourg, 1945. La guerre est finie, les Alliés tentent d’instaurer l’ordre dans une Allemagne qui n’est plus que cendres et débris. Les gens ont faim et les révoltes se succèdent, tandis que les corps sont encore chauds sous les décombres. 

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Une couronne pour deux reines, un trône à se partager et une critique mitigée

Les mercredis du cinéma – Kelly Lambiel

Trop long, trop court à la fois. Contraste entre scènes violentes et légères. Discours féministe flirtant dangereusement avec le cliché. Mise en scène à mi-chemin entre le théâtre et le cinéma. Deux actrices talentueuses qui mettent de côté la performance pour dévoiler un jeu tout en retenue. Résultat? Une réussite en demi-teinte pour Marie Stuart, reine d’Ecosse. On vous explique pourquoi…

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«The Wife»: amour courtois

Les mercredis du cinéma – Thierry Fivaz

Alors qu’il se voit décerner le prix Nobel de littérature, Joseph Castleman et son épouse Joan exultent. Mais sous les apparences convenues du couple règnent des non-dits, des mensonges et des secrets. De la rancœur aussi. Un ensemble de choses – leur histoire finalement – qui va venir colorer et alourdir ce qui devait pourtant être vécu comme un triomphe. 

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L’histoire de la plume de «Colette»

Les mercredis du cinéma – Lauriane Pipoz

Colette dresse le portrait de Sidonie-Gabrielle Colette, l’un des plus grands écrivains de la France du XXe siècle. Cette femme de lettres française est extrêmement intéressante sous plusieurs aspects. Elle peut être vue à travers de nombreux prismes: plume de génie, bisexuelle et personne de caractère, elle était une femme très atypique pour son temps. Raison pour laquelle des Américains et des Anglais se sont intéressés à elle et nous livrent un film très riche – mais peut-être un peu trop.

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«Willy te tient au bout d’une longue laisse. Peut-être que ça te plaît»

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« On Chesil Beach », un drame qui parle aux cœurs

Les mercredis du cinéma – Jonas Follonier

On Chesil Beach s’ouvre sur des plages d’une beauté à couper le souffle avec comme bande-son le timbre chaud d’un saxophone. Un moment jazzy entre joie et mélancolie préfigurant la dimension musicale qui sera capitale dans le film. Ce drame anglais, réalisé par Dominic Cooke, est une adaptation du roman de Ian McEwan paru en 2007 – l’auteur même dont le roman My Lady s’est vu également transposé au cinéma il y a une semaine.

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« Phantom Thread » : de drame, d’histoire, d’amour et d’angoisse

Les mercredis du cinéma – Hélène Lavoyer

« Quel jeu ? Quelle est la nature précise de mon jeu ? » (Reynolds Woodcock)

Reynolds Woodcock (Daniel Day-Lewis) est un grand couturier et l’esprit créateur de la maison Woodcock. Sa sœur Cyril (Lesley Manville), petite femme aux cheveux courts et vêtue de façon austère, règle quant à elle les aspects administratifs et économiques afin de laisser au génie de son frère le temps et l’environnement lui permettant d’être prolifique. Continuer la lecture de « Phantom Thread » : de drame, d’histoire, d’amour et d’angoisse

« Seule la Terre », ou l’homosexualité dans un contexte paysan

Les mercredis du cinéma – Jonas Follonier

Johnny (Josh O’Connor) est fils de fermiers, dans le Yorkshire. Tout repose sur lui à présent, son père n’arrivant plus à se déplacer convenablement. S’occuper d’une ferme sous les reproches du paternel et sans vraiment de reconnaissance, ce n’est pas la joie. De plus, les amis de Johnny sont partis pour faire des études ; il est le seul à être resté au village. L’arrivée à la ferme d’un saisonnier roumain (Alec Secareanu) va alors tout chambouler. Continuer la lecture de « Seule la Terre », ou l’homosexualité dans un contexte paysan

« Les Heures sombres », de Joe Wright

Les mercredis du cinéma – Marina De Toro

10 mai 1940, Winston Churchill devient le Premier Ministre du Royaume-Uni. Mais il n’est pas le premier choix, et l’heure est grave, car l’Europe est en guerre. C’est un Gary Oldman métamorphosé qui a eu la tâche exigeante, mais très réussie, d’endosser le rôle de l’indomptable et déterminé Churchill. L’acteur rend un hommage inimaginable à cette figure à la fois forte, mais aussi en proie à des moments de faiblesse et de vulnérabilité que le film met en scène avec brio.

En effet, le réalisateur Joe Wright a su insister sur le fait que Churchill est aussi un homme qui demeure seul dans ses idées et ses actes. Personne ne le soutient en ce début mai 1940. Ces heures sombres sont esthétiquement présentes, la plupart des scènes politiques se déroule en intérieur, avec des lumières tamisées et dans des pièces étroites. Du côté privé, Churchill se trouve dans de grands espaces avec de hautes fenêtres qui laissent généreusement le soleil illuminer le visage de ses proches. Continuer la lecture de « Les Heures sombres », de Joe Wright

« La Passion Van Gogh », la première peinture animée de l’histoire du cinéma

Les mercredis du cinéma – Jonas Follonier

Pour la première fois dans l’histoire du cinéma, un film d’animation voit le jour sur la base de peintures, et non d’images. Des peintures produites à la main, se voulant le plus proche possible du style de Vincent Van Gogh. La Passion Van Gogh raconte l’histoire d’Armand Roulin, fils du facteur qui transmettait les nombreuses lettres du peintre. Le facteur a demandé à son fils de remettre la dernière lettre de Vincent, désormais mort, destinée à son frère, Theo Van Gogh.

Apprenant que ce dernier est lui aussi décédé, Armand Roulin va mener l’enquête sur la mort de l’artiste. Ce sont des personnages peints par Van Gogh lui-même qui se succèdent sur l’écran, pour le plus grand bonheur de l’esthète comme du cinéphile. Ensuite, c’est un travail colossal : plus de soixante mille peintures réalisées manuellement pour l’occasion, numérisées et animées par les technologies modernes, pour leur offrir un mouvement perpétuel. C’est tout l’univers de Van Gogh que nous retrouvons, les champs de blé, le village d’Anvers, la nuit étoilée, les corbeaux, l’ivrogne assoupi.

Quelques bémols

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